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Mobilisation du 18 septembre : une victoire des syndicats et des partis de gauche

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Le nombre important de manifestants ( de 600.000 à 1.100.000 selon les comptages ) ce jeudi 18 septembre dans les rues de plusieurs villes de France marque l’importance de ces organisations destinées à encadrer la colère dans le pays. Le pouvoir doit en tenir compte.

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Départ de la sous préfecture de Die

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La mobilisation est réussie, elle est importante et populaire. Le principal message est clair, il exprime une forte volonté de justice et d’égalité. L’exigence de justice sociale est une donnée très française depuis la grande révolution, réaffirmée en 1945. Ceux qui s’inquiètent de l’affaiblissement de notre identité nationale peuvent se réjouir : les Français, en plébiscitant une mesure fiscale (la taxe Zucman), quoi qu’on puisse penser des modalités techniques de cet impôt et de ses éventuels effets secondaires, montrent leur attachement atavique – «existentiel», pour prendre un mot à la mode – à l’égalité.

Des centaines de milliers de Français – plus de 500 000 selon le ministère de l’Intérieur, 1 million selon la CGT – ont pris de leur temps, souvent perdu une journée de salaire aujourd’hui, non pas pour réclamer moins d’immigrés, mais une plus juste répartition de l’effort budgétaire.

La France vire à droite, dit-on. C’est vrai, les partis d’extrême droite, avec leurs discours simplistes, boostés par l’écosystème médiatique composé de chaînes tout-info et de réseaux sociaux polarisés aux algorithmes, savent mieux drainer les voix d’une grande partie de la population en proie à la colère démocratique et à l’angoisse sociale ou identitaire.

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Tête de manifestation Boulevard du Ballon

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Différences avec le 10 septembre

Pourtant, la réalité du pays, c’est aussi une vie associative dense et très dynamique, souvent tournée vers des actions de solidarité. Et quand il s’agit de s’engager sur une journée d’action, de manifester et pas seulement de réagir seul et de façon hargneuse derrière leur écran, ou de protester par un vote antisystème dans le secret de l’isoloir, les Français, collectivement, le font sur des questions sociales. Ce n’est pas le cas partout en Europe. La manifestation, pour l’heure inimaginable en France, de 150 000 personnes contre l’immigration à Londres, en atteste.

Il faut aussi souligner, pour s’en réjouir, la différence entre le mouvement du 10 septembre et celui du 18. Le premier, erratique et illisible, est une mobilisation symptomatique d’un monde dans lequel le débat numérique, addition de ressentis sincères mais individuels et désorganisés, remplace les outils et instances de médiations classiques. Le second (du jeudi 18 septembre), est organisé et encadré par les syndicats, soutenus par des partis politiques. Ces organisations collectives, bien qu’en crise de la représentation, restent les instruments les plus pertinents pour transformer les colères et les aspirations populaires en vraies propositions négociables, donc utiles. La France n’est donc pas ce pays «au bord de la guerre civile», composé de citoyens apeurés, défiants, repliés, «archipélisés» que décrivent la droite, l’extrême droite et leurs puissants relais médiatiques.

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Sit-in et Chorale devant la Mairie de Die

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Mission historique des partis de gauche

Il était normal que les partis de gauche tentent, le 10 septembre, ou au moment des gilets jaunes, de comprendre ces mouvements et même de proposer (en évitant l’impression de récupération) de formuler, clarifier le message erratique qui s’en dégageait. C’est bien la mission historique des partis de gauche. Mais le vrai rendez-vous de l’expression démocratique, n’en déplaise à Jean-Luc Mélenchon qui rêve d’une «révolution citoyenne» impulsée hors des structures traditionnelles, c’était ce 18 septembre.

Une victoire des syndicats, ces organisations qui siègent dans les instances paritaires de notre économie sociale et qui, tous les jours dans les entreprises privées et publiques, négocient des accords et défendent les salariés. Ce sont bien elles qui sont au plus près de la réalité sociale du pays et non pas de la réalité fantasmée, fabriquée par les tenants du capitalisme dérégulé, de la guerre civile ou de la Révolution.

 

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Sans violence, sans haine, sans dégât… une manifestation bon enfant !

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Allons “grands enfants” de la patrie !

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Pour la justice sociale, contres les inégalités criantes et  pour une imposition des plus riches !

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Clara Degiovanni 
18 septembre 2025
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« “Cancres”, “sales gosses ingrats”, “élèves turbulents”… Il en existe des manières de disqualifier la colère populaire. En ce jour de mobilisation sociale, je reviens sur les différentes méthodes d’infantilisation du peuple que j’ai pu observer récemment.

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Mobilisation du 18 septembre, à Paris.

L’une des façons les plus condescendantes de mépriser les manifestants consiste, selon moi, à essentialiser le peuple français, par exemple en arguant qu’il est râleur par nature. “C’est un exercice ritualisé faisant figure de patrimoine”, ai-je ainsi entendu à propos des manifestations d’aujourd’hui. Les centaines de milliers de personnes venues clamer leur colère sont perçues comme un genre de folklore franchouillard, presque amusant (“Sacrés Français, jamais contents !”).

Insister sur le caractère contestataire des Français, c’est aussi mettre l’accent sur les débordements et les conséquences des blocages… plus que sur les revendications elles-mêmes. Les manifestants sont alors considérés comme un groupe d’enfants turbulents ou comme des sales gosses capricieux. En plus d’être associée à de la violence urbaine gratuite, la contestation est réduite à la recherche de l’intérêt personnel. On affirme alors que si plus de huit Français sur dix plébiscitent la taxe Zucman, qui instaurerait un impôt de 2 % sur le patrimoine des ultra-riches, ce n’est pas parce qu’ils revendiquent la proportionnalité de l’impôt et la justice fiscale… mais uniquement parce qu’ils ne voudraient pas être eux-mêmes mis à contribution.

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Il existe une autre façon, plus insidieuse encore, de rabaisser les citoyens : les prendre pour d’indécrottables cancres qui ne comprennent rien à rien. S’ils signent des pétitions contre la loi Duplomb, c’est parce qu’ils ne saisissent pas les enjeux du marché agro-alimentaire. S’ils se mobilisent contre la réforme des retraites, c’est parce qu’ils n’ont pas fait leurs devoirs d’économie. Et s’ils refusent qu’on double les jours de carence et qu’on leur retire des jours fériés, c’est parce qu’ils n’ont pas mesuré l’urgence du remboursement de la dette. Cette “cancrerie” supposée est parfois psychologisée. Dans ce cas, on ne parle plus d’incompréhension, mais de “déni”.

Face à la montée de la colère, certains élus appellent les citoyens à “se ressaisir”, à “faire un effort”. Il faudrait rester dans les clous, faire attention à son comportement, utiliser les outils démocratiques autorisés : principalement les élections, à la limite les manifestations officielles. Ce conseil a de quoi déconcerter dans la mesure où les législatives de l’an dernier et les marches contre la réforme des retraites n’ont pas été suivies d’effets. Même quand le citoyen se comporte en bon élève, on lui met un zéro sans lire sa copie.

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Dans son livre La Haine de la démocratie (2005), le philosophe Jacques Rancière montre à quel point ce mépris abîme la vie politique qui se trouve réduite à “une seule opposition : celle d’une humanité adulte, fidèle à la tradition qui l’institue comme telle, et d’une humanité puérile, que son rêve de s’engendrer à neuf conduit à l’autodestruction.” D’un côté, les sérieux dirigeants ; de l’autre, les enfants égoïstes et capricieux, donc.

Contre cette infantilisation, certains s’attellent à trouver des dispositifs pour faire intervenir le peuple plus directement dans la politique. C’est le cas des défenseurs de la “démocratie participative”. Si les propositions qui émanent de ce mouvement sont salutaires, j’ai le sentiment que le terme est à lui seul la preuve d’un échec collectif très cuisant. Dans un pays authentiquement démocratique, où le peuple est réellement au pouvoir, le mot “participatif” est totalement obsolète. Le peuple n’est pas là pour “participer” mais pour exercer sa souveraineté. Dans le pire des cas, le mot “démocratie participative” risque même de devenir un nouvel instrument d’infantilisation qui consiste à traiter les citoyens comme un groupe scolaire faisant de la politique pour obtenir une bonne note en “participation”, en prenant bien soin de lever la main avant de prendre la parole. Or les politiques ne sont pas nos professeurs, encore moins nos maîtres. Nous ne sommes plus les enfants de la patrie, encore moins les élèves de nos dirigeants. »

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Clara Degiovanni 
18 septembre 2025
PHOTOS MCD libres de droits

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Publication de Préfète de la Drôme

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#Manifestation | Manifestation en Drôme🚨
À l’occasion de la journée nationale d’action, des perturbations sont à prévoir dans l’agglomération valentinoise et dans tout le département. Marie-Aimée Gaspari, préfète de la Drôme, met en place un dispositif sécuritaire renforcé avec 530 policiers et gendarmes mobilisés.
📍 Itinéraire de la manifestation à Ville de Valence : un rassemblement déclaré, organisé par plusieurs syndicats, traversera le centre-ville.
⚠️ Pour garantir la sécurité et la fluidité de la circulation, plusieurs lieux sont interdits aux manifestations à Valence :
📹 Une surveillance par drones sera active de 6h à 20h à Valence (Police nationale de la Drôme) et de 8h à 19h dans d’autres zones sensibles du département (Gendarmerie de la Drôme), pour prévenir tout trouble à l’ordre public et assurer la sécurité.
🚫 Des mesures spécifiques d’interdiction sont prises du 17 septembre 18h au 19 septembre 8h :
🔥Interdiction du port et transport sans motif légitime d’acide, produits inflammables, carburants, armes, munitions et objets dangereux
🍺 Interdiction de consommation d’alcool sur la voie publique
🧨 Interdiction d’artifices pyrotechniques
La préfète appelle à la responsabilité de tous, au respect des consignes, et invite les automobilistes à éviter les zones concernées.
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Pour en savoir plus, retrouvez le communiqué de presse ici : https://www.drome.gouv.fr/…/34737/229983/file/170925
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Une surveillance par drones ?

« Nous reviendrons sur ce sujet. Cette pratique est illégale pour les défenseurs de droits humains. Une atteinte aux droits qui permet de savoir les opinions des manifestants ». MCD

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