L’agriculture biologique n’est pas une utopie, elle est déjà une réalité concrète, innovante et porteuse d’avenir.
Et cette semaine, à l’occasion du 23 septembre, la journée européenne du bio, quoi de mieux qu’y consacrer mon édito ?
Jeudi dernier, je me rendais au salon Tech & Bio à Bourg-lès-Valence, vitrine de toutes les solutions qui existent déjà pour produire autrement : agroécologie, innovations techniques, traction animale, entreprises locales performantes, associations engagées, chercheurs et techniciens mobilisés… Tout prouve que face à tous ceux qui disent qu’on ne peut pas faire autrement, les alternatives sont là, nombreuses et crédibles.
Aujourd’hui, un porteur de projet agricole sur deux souhaite s’installer en bio. Pourtant, les moyens mis à disposition pour accompagner ces installations restent dramatiquement insuffisants au regard des crédits alloués à l’agriculture en général. Alors que le dérèglement climatique frappe déjà nos territoires, que la biodiversité s’effondre, que les paysans souffrent de revenus trop faibles, comment justifier ce manque de soutien à celles et ceux qui choisissent un modèle protecteur de l’environnement, de notre santé et assurant ainsi par la dynamique d’installation l’avenir de nos campagnes ?
Entre les doublements des marges opérés par la grande distribution sur les produits bio, les menaces de dissolution de l’agence bio ou du crédit d’impôt bio, les attaques de la loi Duplomb, ou la LOA qui ne la mentionnait même pas, nous continuerons à être aux côtés des agriculteurs bio ! Et cela, là aussi face au passage en force l’accord UE-Mercosur, qui sacrifierait nos agriculteurs et nos standards sanitaires et environnementaux au nom du libre-échange.
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Je suis mobilisée avec les Ecologistes depuis toujours contre ces accords injustes, et je regrette que les va-et-vient d’Emmanuel Macron sur cet accord nous aient mis dans cette situation. Avec mes collègues, et à l’initiative de François Ruffin, nous avons déposé la semaine passée une proposition de résolution européenne pour bloquer cet accord dangereux et saisir la Cour de justice de l’UE. Nous ne pouvons pas laisser brader notre agriculture, notre alimentation et notre démocratie.
Le soutien d’une agriculture paysanne et familiale est une chance pour nos territoires : j’en suis si fière, comme vous toutes et tous, en Drôme. Elle mérite un véritable soutien politique, financier et institutionnel, pas des promesses creuses ni des accords qui l’affaiblissent. Plus que jamais, nous devons choisir d’investir dans une agriculture qui protège, qui nourrit, qui respecte le vivant et qui assure des revenus dignes à celles et ceux qui nous font vivre.
C’est en ce sens que nous présenterons lundi 6 octobre dans le Diois le rapport de la Mission d’Information transpartisane sur le pastoralisme dont je suis la co-rapporteuse avec le député du Cantal Jean-Yves Bony (Les Républicains) et qui est présidée par Jean-François Rousset député de l’Aveyron (Renaissance). Nous avons formulé 45 propositions pour assurer l’avenir du pastoralisme qui est une activité fondamentale dans nombre de nos territoires ruraux et qui contribue à une forme d’aménagement de nos montagnes et de nos plaines ainsi qu’à la préservation de leur biodiversité, sans compter la prévention des incendies et la captation de carbone à laquelle contribuent les prairies. Cette même semaine, le jeudi 9 octobre, je me rendrai à Cournon-d’Auvergne au Sommet de l’élevage pour rencontrer les acteurs de la profession, où nous pourrons notamment échanger sur les suites de la DNC notamment pour les éleveurs drômois qui ont des animaux en estive, et pour qui je me mobilise depuis des semaines. Mais avant cela je vous propose de revenir sur ce qu’il s’est passé la semaine dernière. Bonne lecture !
Le combat de la semaine : Engagez-vous pour les municipales !
Ce samedi 27 septembre, à la salle des fêtes de Montoison , s’est tenue la première journée de formation sur les municipales de l’association Avant-Pays. L’objectif était de donner à toutes celles et ceux qui souhaitent s’investir dans leur commune les outils nécessaires pour franchir le pas et s’engager dans la vie démocratique locale.
Devenir conseiller-e municipal-e, comprendre les mécanismes d’un budget communal, connaître le rôle des délégué-es dans les intercommunalités, apprendre à construire une liste et un programme… Autant de thématiques abordées au fil de cette formation gratuite et ouverte à toutes et tous, qui était passionnante ! Toute la journée, nous avons pu échanger avec des élu·es locaux venus partager leur expérience : les maires de Die, Dieulefit, Montjoux, Anneyron, Montoison, mais aussi des élu-es de Chabeuil, Mirabel-et-Blacons, des conseillers départementaux, et même le président de l’AMRF de la Drôme.
Merci à elles et eux pour leur partage d’expérience ! Car s’engager en politique locale, ce n’est pas toujours simple. On peut avoir le sentiment de ne pas être légitime, de ne pas suffisamment connaître le fonctionnement des institutions, de ne pas avoir le temps ou bien de ne pas être à la hauteur… Mais cette journée a démontré que ces doutes sont largement partagés, et qu’ils peuvent être levés grâce aux échanges d’expériences, à la mise en réseau et à l’accompagnement.
Et nous avons besoin de chacune et de chacun pour faire vivre ces échelons locaux, ces petites Républiques dans la Grande, comme j’aime à le dire. S’engager sur une liste, c’est retrouver du pouvoir d’agir à l’échelle locale, c’est œuvrer en collectif pour l’avenir de son village et de notre territoire auquel nous tenons tant ! Je me tiens, en tant que votre députée, à votre entière disposition pour vous accompagner dans cette aventure dans vos villages; et je ne peux que vous inciter à nous rejoindre au sein de l’Avant Pays pour préparer la suite !
L’association organisera deux autres journées de formations ailleurs sur le territoire pour permettre à chacun-e d’y participer. La prochaine formation est fixée au 18 octobre à Saint-Nazaire-en-Royans (10h-17h) et la suivante aura lieu le 22 novembre dans les Baronnies. Deux nouvelles occasions pour toutes celles et ceux qui veulent agir à l’échelle locale de franchir le pas, et de contribuer à une démocratie vivante, inclusive et représentative.
La reconnaissance de la semaine : L’Etat de Palestine
“Le temps est venu” a répété, à la tribune de l’ONU, le chef de l’État. Les années furent si longues, les morts si nombreux. Le temps était venu depuis si longtemps, depuis la reconnaissance d’Israël, que de lui reconnaître un voisin, un peuple, un État, avec qui vivre en sécurité d’égal à égal, loin de la terreur, de la colonisation, des murs et des haines nourries.
En Cisjordanie, le gouvernement de Netanyahu a multiplié ces dernières semaines les projets de colonies illégales, émiettant ce qu’il restait de Palestine ; tandis que des milliers de palestiniens croupissent encore sans jugement et parfois sans motif dans les geôles israéliennes. Gaza est en ruines, en situation de famine. L’aide humanitaire est bloquée. Les hôpitaux et les écoles détruits.
Le temps de l’horreur et de la terreur du 7 octobre, d’otages toujours emprisonnés, du Hamas que d’aucuns financent et attisent qui aura eu le temps, le temps qu’on lui donnait, de commettre l’abject, et d’endeuiller tout un peuple. Le temps long de 58 ans d’occupation, de déni de droit, de colonisation, de massacres, d’humiliation, de morcellement, de négation.
Le temps est si long quand on n’existe pas aux yeux du monde.
Mais exister, ce n’est pas qu’un joli discours à la tribune de l’ONU. C’est, pour la France, prendre acte que nous ne souhaitons pas contribuer plus encore aux massacres en cours et à la négation des droits de tout un peuple. C’est la fin du blocus humanitaire. C’est la cessation des ventes d’armes à destination d’Israël, c’est l’arrêt des importations des produits issus des colonies illégales. C’est la paix qui s’impose, car seule garante de la sécurité des palestiniens comme des israéliens. Ce sont les pressions, les sanctions économiques et diplomatiques, pour changer de cap. Des haines alors, nous pourrons peut-être entrevoir un horizon de confiance.
Mille mercis à Vincent Jarousseau pour sa venue qui a permis des échanges fructueux avec les habitant-es de tous bords politiques. Nous nous engageons pour réparer les fractures et combattre les idées qui nous divisent : merci de nous avoir donné quelques clefs pour mieux agir à l’échelle locale dans nos campagnes drômoises !
Merci à toutes celles et ceux qui ont rendu cela possible, c’est essentiel de se retrouver autour de ces questions notamment pour interroger nos responsabilités collectives dans l’évolution de ce vote mais également réfléchir aux leviers pour éviter le pire !
Une semaine dans la Drôme
Mardi dernier, je me suis rendue à Châtillon-en-diois pour inaugurer le nouveau centre de Santé du Diois. Un vieux proverbe Français le dit très bien : “Qui n’a santé, n’a rien”. Nous le savons éperdument ici, dans nos territoires drômois : sans santé, il n’y a plus rien. Plus d’installations, plus d’emménagements, plus de commerces, plus d’école, plus de vie.
Face à cette situation, six communes ont fait front commun. Elu-es et professionnel-les de santé, ont décidé de racheter une maison d’habitation, pour y faire naître une magnifique maison de santé, résultat d’une volonté politique forte et d’un portage intercommunal courageux, via un service mutualisé inédit dans le Diois. Aujourd’hui, une équipe compétente et engagée est à pied d’œuvre : deux médecins généralistes, une sage-femme, une coordinatrice et une agente d’accueil. Bravo à toutes et tous !
Toujours mardi, j’ai eu le plaisir d’inaugurer la nouvelle maison de l’enfance de Saillans , un projet porté par la Communauté de Communes du Cœur de Drôme. Bien plus qu’un bâtiment, c’est un lieu de vie et un symbole. Ce nouvel espace accueille à la fois le centre de loisirs intercommunal pour les enfants de 3 à 11 ans, géré en régie publique afin de garantir l’égalité d’accès à tous, et la crèche associative de Saillans, désormais installée dans des locaux agrandis et adaptés aux besoins des familles.
En partageant le site avec le Syndicat Mixte de la Rivière Drôme (SMRD), qui œuvre à la préservation de la ressource en eau, ce projet incarne une vision cohérente : protéger à la fois nos enfants et les conditions vitales de leur avenir. Un grand bravo aux élus locaux pour ce bel exemple de coopération et d’engagement au service du territoire.
Jeudi, après la visite du salon Tech&Bio dont je vous faisais état dans l’édito, je me rendais à Suze-la-Rousse pour rencontrer le Président de l’association des artisans de la truffe noire. Avec une cinquantaine d’adhérents, l’association représente toute la filière, avec pour objectif de faire connaître, reconnaitre, soutenir, cette activité ancestrale, et lui permettre de se maintenir dans le Tricastin, son pays de cœur, premier territoire producteur de truffes de France.
Merci à Hugues Blachère pour son accueil et cet échange passionnant, d’un géologue non trufficulteur passionné par son terroir et cette pépite qui contribue à notre identité. Je serai bien évidemment à ses côtés !
Vendredi matin, suite à ma permanence parlementaire hebdomadaire à Die , je rejoignais l’Assemblée Générale des Communes Forestières de la Drôme.
Pour les soutenir dans leurs démarches, je travaille avec un groupe transpartisan de député-es sur une proposition de loi visant à améliorer la gestion de nos forêts à l’échelle nationale afin de limiter la baisse de l’absorption de carbone par nos forêts, limiter la baisse de la biodiversité, avoir une gestion durable de la ressource en bois, apporter de la diversification, soutenir l’implantation d’outils de transformation locaux, donner des moyens suffisant à l’ONF et financer la recherche à l’adaptation des forêts. Merci à tou-tes les élu-es des communes et communautés de communes concernées ainsi qu’aux membres de l’ONF pour leur engagement pour nos forêts.
L’après-midi, je me rendais à Réauvillepour rendre hommage à Albert Roche, soldat de la Première Guerre mondiale. Ce fils de paysan drômois jugé trop chétif pour le service militaire, s’est engagé malgré tout et devient le « premier soldat de France », selon le maréchal Foch. Il fut un véritable héros : il captura 1 180 prisonniers allemands et sauva de nombreux camarades au péril de sa vie. Son histoire rappelle que les plus grands héros naissent souvent dans l’ombre, parmi celles et ceux que l’on n’attend pas.
Enfin, je finissais la journée à Crest avec la magnifique fête des Feux d’Automne organisée par l’association Rebond : Un moment de fête et de partage populaire et joyeux sur le thème de l’eau et du feu, où nous avons pu manger de la soupe au pistou délicieuse, et regarder brûler le poisson “Rascaille” en bords de Drôme !
Samedi, j’étais de retour à Saillans pour l’inauguration républicaine de l’Eglise et des ruelles du village. L’Église Saint‑Géraud c’est pour les croyants, le témoin de siècles de foi, de convivialité, de rites, de moments de vie, de rassemblements joyeux comme de moments plus tristes. Mais pour les non-croyants aussi, c’est le cœur de Saillans, et c’est peu dire quand on sait que Saillans se bâtit autour de ce prieuré fondé au 9e siècle par Saint Géraud d’Aurillac, alors que la commune n’était encore qu’un hameau agricole modeste.
Ici, à Saillans, au delà de cette Eglise rénovée, de grands travaux ont été entrepris pour garantir une eau potable et de qualité au robinet, en aménageant l’ensemble des ruelles de la commune de manière admirable ! Je suis si heureuse d’avoir pu partager ce moment avec l’ensemble des Saillansons et des Saillansonnes.
Enfin, samedi après-midi, et avant de me rendre à la Fête Paysanne à la Ferme des Volonteux à Beaumont-lès-Valence , j’ai participé comme une cinquantaine de drômois-es à la journée de formation sur les municipales de l’Avant Pays à Montoison.
Les permanences à venir : venez échanger avec moi !
Voilà le calendrier des prochaines permanences parlementaires décentralisées pour la fin de l’année 2025 :