« Faut qu’on parle » encore plus en 2025 !
.

De larges sourires sur des selfies envoyés de partout en France. Des messages pour dire l’énergie procurée par la rencontre, et l’envie d’y croire encore. Croire à quoi ? À la possibilité de se parler, même quand on est d’accord sur presque rien. Prendre deux heures de son temps pour échanger avec une personne inconnue, qui ne pense pas comme soi. Ne pas chercher à la convaincre, juste l’écouter et goûter, plus qu’on ne l’aurait imaginé, cette conversation des contraires.
Il y a un an, ils ont été 6 400 à tenter cette aventure humaine, devenue si rare à l’heure des réseaux sociaux et des clashs, en participant à l’opération « Faut qu’on parle », lancée par La Croix avec le soutien du fonds Bayard-Agir pour une société du lien. Et au terme de ces échanges improbables, ils étaient déjà 75 % à prévoir de se revoir !
.
Deux heures de conversation peuvent faire baisser la polarisation
Nous n’allions pas en rester là ! Car cet élan nous a portés nous aussi, à La Croix, et, aujourd’hui, il nous oblige. Le dialogue, exigeant et respectueux, nous le faisons vivre chaque jour dans nos colonnes et sur nos supports numériques. Mais avec « Faut qu’on parle », nous avons franchi un pas : agir, concrètement, contre la polarisation croissante de la société ; prendre notre part, en tant que média, à la sauvegarde de notre cohésion démocratique.
.
Parce nous sommes profondément attachés à un débat ouvert, qui permette l’expression de toutes les sensibilités et fasse reculer les discours de haine. Parce que nous refusons la fatalité d’une évolution délétère dont l’Amérique de Donald Trump nous renvoie la triste image. Parce que nous refusons, aussi, de baisser les bras face à la défiance qui grandit envers les journalistes et fragilise notre mission d’information.
Des rencontres entre deux personnes aux avis divergents, le moyen peut sembler dérisoire pour un pari si ambitieux… Et pourtant, l’impact de ce simple échange a déjà été mesuré, à partir de la même opération conduite en Allemagne depuis 2017 : deux heures de discussion suffisent à diminuer de 77 % la « polarisation affective », autrement dit, cette perception que l’interlocuteur aux opinions opposées est un ennemi, ont conclu des universitaires de Harvard et Stanford.
.
À notre tour, et grâce au chercheur Albin Wagener, spécialiste de l’analyse des discours à l’université catholique de Lille, nous allons évaluer les changements, individuels et collectifs, provoqués par « Faut qu’on parle », tandis que nos journalistes raconteront l’expérience vécue par quelques participants volontaires, le 22 novembre prochain.
.
Des rencontres le 22 novembre partout sur le territoire
À partir de cette semaine, avec l’ouverture des inscriptions, nous vous proposerons régulièrement des reportages, récits, entretiens et tribunes. Pour explorer par exemple ce qui anime ces automobilistes, comme Ève, Didier ou Sabrina, qui, le temps d’un trajet, conversent avec des inconnus. Ou ce qui empêche d’autres de parler, la peur qu’il leur faut dépasser pour y parvenir, et les effets puissants de cette révolution intime.
Elliott, Namito ou Camille confient ainsi, dans la série « Comment j’ai osé prendre la parole » de La Croix L’Hebdo, ce moment de basculement qui a changé le cours de leur vie. « Faut qu’on parle » s’adresse aussi à ceux qui trouveront dans cette invitation la force de sortir du silence que leur a imposé un jour une situation familiale, psychologique ou sociale.
.
Cette année, nous voulions également amplifier le mouvement sur tout le territoire et, pour cela, nous avons invité d’autres médias, très implantés en région, le mensuel Notre temps, le quotidien régional La Voix du Nord et le média en ligne Réel média, à rejoindre cette édition 2025, soutenue par la SNCF.
Histoire de rallier tous ceux qui, en ville ou à la campagne, veulent en finir avec les anathèmes, sortir de leurs bulles et se laisser surprendre ! Et plus vous serez différents, plus vous serez nombreux, plus nous serons forts pour faire entendre ensemble une autre voix que celle de la division. La diversité nous fait grandir, le repli nous étouffe. Notre démocratie est forte de nos désaccords, cultivons-les et préservons-la !
.