Mardi dernier, le Premier ministre Sébastien Lecornu prononçait son discours de politique générale devant l’Assemblée Nationale, sans pour autant demander de vote de confiance, comme il se fait dans toutes les démocraties fonctionnelles. J’insiste sur ce point, mais dans un moment politique où se pose la question du blocage institutionnel, le Gouvernement doit à mon sens émaner non plus de la volonté du seul chef de l’Etat, mais de la représentation nationale toute entière, afin d’assurer le soutien d’une majorité de la population à tel ou tel Assemblée ne soit pas une pratique commune.
J’en reviens au discours de politique générale : où il a promis une « rupture » difficilement palpable. En réalité, il n’a rien annoncé. Sur l’écologie, les inégalités, les transports, le logement, l’aménagement du territoire, l’agriculture, l’égalité entre les femmes et les hommes : il a certes, prononcé ces mots, mais il n’en a n’a rien dit des priorités, des budgets alloués, de l’orientation de sa politique. Un mois après sa première nomination, nous ne savons rien de ce que ce Premier Ministre fera.
Ce que nous connaissons, c’est la couleur de son Gouvernement: y siègent 12 ministres macronistes, 6 ministres LR. Une équipe de continuité, façonnée à l’Élysée, annoncée un dimanche soir à 22h, au mépris du rôle et de la liberté supposée du Premier Ministre.
Ce que nous entendons, ce sont les silences qui entourent l’annonce de la suspension de la réforme des retraites, sans savoir si elle sera reportée, amendée ou réellement annulée. Ce que nous comprenons, derrière les “nouvelles méthodes”, c’est la volonté de continuité du cap politique et économique, avec des orientations budgétaires du PLFSS (projet de loi de financement de la Sécurité sociale) qui sont celles de l’ancien gouvernement Bayrou : gel des prestations sociales (retraites, APL, RSA, AAH, allocations familiales…), augmentation des franchises médicales, fiscalisation des indemnités journalières pour les personnes atteintes d’une affection de longue durée, coupes sur la culture, le sport, la jeunesse et sur le budget climat, au profit notamment des JO 2030.
La censure n’a jamais été équivalente à la dissolution, cette équivalence est une manipulation supplémentaire du chef de l’Etat qui souhaite pressuriser le parlement à obtempérer à sa main-mise dont plus personne ne veut. Pour ma part, je continuerai à porter l’exigence d’un véritable vote de confiance pour un gouvernement issu de la représentation nationale, non de la seule volonté du Président. Je continuerai à défendre l’idée d’un changement de cap politique conforme au choix exprimé par les Françaises et les Français lors des dernières élections législatives.
Pour toutes ces raisons, et au nom de tout ce pourquoi j’ai été élue, j’ai voté la censure du second gouvernement de Monsieur Lecornu.
Celle-ci n’a pas été adoptée : nous avons donc commencé l’examen du budget cette semaine : je vous tiendrai au courant bien vite de tous les compromis que nous proposons au service des français-es… et des réactions des autres groupes à ces propositions.
Le combat de la semaine : Toujours mobilisée contre l’accord UE-Mercosur, pour une agriculture rémunératrice et durable !
Nous défendons au contraire une transition agroécologique juste et responsable, qui assure la rémunération des agriculteurs, protège notre santé et celle des sols, et la fin de la concurrence déloyale !
La semaine précédente, au Sommet de l’élevage à Cournon-d’Auvergne, j’avais réaffirmé ces convictions et apporté mon plein soutien aux éleveurs et éleveuses, notamment ceux touchés par les zoonoses. J’ai rappelé combien il est essentiel de préserver l’élevage pastoral, extensif et autonome, pilier vivant de nos territoires ruraux et fierté de notre patrimoine commun. Vous le savez, c’est un combat quotidien, un engagement sur lequel je ne lâche rien : Mercredi dernier, je participais comme membre à la réunion du Comité de Pilotage de l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires (OFPM), pour préparer le rapport 2026. Ce travail est essentiel pour faire toute la transparence sur la répartition des marges entre producteurs, transformateurs et distributeurs, et construire enfin une chaîne alimentaire plus équitable et rémunératrice pour les producteurs; et plus accessible pour les consommateurs.
L’événement de la semaine : Le congrès des maires de la Drôme !
Jeudi, j’étais comme chaque année depuis 4 ans au Congrès des Maires de la Drôme à Valence . Un rendez-vous annuel incontournable où j’ai eu le plaisir d’échanger avec les maires, adjoints et conseillers municipaux de tout le département, ainsi qu’avec les acteurs qui les accompagnent au quotidien dans l’exercice de leur mandat : Entreprises, collectivités, associations, chambres consulaires, gendarmerie, services de l’État…
Entre les stands nous avons échangé sur leurs interrogations, quelques mois avant les élections municipales de mars prochain. Nouveau scrutin pour les communes de moins de 1000 habitants, statut de l’élu, soutiens aux communes dans leurs projets de développement, réduction de la fracture territoriale et démocratique…autant de sujets essentiels. L’occasion de se rappeler que les communes ce sont des petites Républiques dans la Grande. Que les élu-es sont des personnes engagées pour le bien commun et pour les territoires. Que nous devons les soutenir, les encourager, leur donner les moyens d’exercer leurs fonctions correctement.
Pendant ce temps à Paris, j’avais donné ma délégation de vote à un collègue pour qu’il vote pour moi en faveur de la motion de censure. Car je n’accorde pas ma confiance à un gouvernement qui prévoit des coupes massives dans le secteur associatif et de l’ESS, qui ne concède rien à la justice sociale et environnementale, qui détruit en l’annonçant les leviers de la décentralisation réelle.
La cohérence et la responsabilité, c’est de défendre des moyens pour que nos élus locaux puissent mener à bien leurs projets. C’est de défendre les associations qui donnent tant et qui sont des maillons essentiels pour permettre l’accès aux droits et au service public. C’est de protéger l’État de droit. C’est de défendre l’éducation, la santé publique, l’accès aux services pour tous et pour toutes. Cela passe par la justice fiscale, et par des économies. Mais pas au dépend des plus fragiles. Pas aux dépends de l’adaptation nécessaire au changement climatique. Pas aux dépends de nos enfants, qui sont l’avenir. Je me battrai encore et encore pour défendre cela lors de l’examen budgétaire.
Ce Congrès était ainsi l’occasion de redire mon plein soutien à l’ensemble des élus locaux, je crois qu’ils font un travail absolument formidable et inquantifiable, souvent sans grande gratification. Dans la Drôme, je demeurerai à leurs côtés, pour les accompagner dans leurs dossiers. À Paris, je veillerai à la finalisation, et l’adoption, du texte sur le statut de l’élu pour assurer le respect et la valorisation de la Grande République à tous ces élus qui se démènent au quotidien pour la faire vivre au plus près de tous les citoyens.
La journée spéciale de la semaine : Journée Internationale des femmes rurales
Mardi avait lieu la prise de commandement du Capitaine Ruffié à la tête de la Gendarmerie de Crest, dans un lieu un peu hors du commun : la tour de CrestAncien siège de la seigneurie, puis lieu d’emprisonnement des protestants, des libertins, des Républicains, des opposants au Second Empire – la tour est devenue désormais un musée, racontant cette histoire spécifique à la Drôme, celle de l’accueil inconditionnel, celle de la Révolution et de la République, qui fut celle de nos anciens.
J’étais à l’occasion de cette cérémonie représentée par mon collaborateur Jérémy Chossat, étant retenue à Paris. Je souhaite à Monsieur le Capitaine mes vœux sincères de pleine réussite et de bonne installation dans ses nouvelles fonctions. Les gendarmes jouent un rôle essentiel dans nos campagnes pour assurer par la prévention la sûreté de toutes et tous, assurer la sécurité routière et lutter contre toutes les violences, et notamment celles au sein des foyers. Je serai ravie de travailler à ses côtés pour assurer le bien-vivre de tous les habitants de la vallée de la Drôme !
Vendredi matin, à Valence , avec la sénatrice Marie-Pierre Monier et les représentantes du sénateur Bernard Buis et du député Paul Christophle nous rencontrions l’UDAF (Union départementale des associations familiales). Cette association, créée en 1945, fédère un grand nombre d’associations qui œuvrent au service des familles.
Nous avons échangé sur les problématiques d’accès aux droits, aux équipements et aux services dans la Drôme et particulièrement dans ses zones les plus rurales. Nous avons aussi échangé sur le thème de la santé mentale qui est un sujet qui touche de plus en plus de personnes, et notamment de jeunes, et de femmes. Alors que les écarts se creusent, que la fracture territoriale s’exacerbe, il est essentiel de lutter pour que l’accès aux soins et aux services ne poursuivent pas la pente descendante dans laquelle ils sont dans nos territoires. Car cela conduit à de l’incurie, à de l’isolement, et ce sont une fois de plus les plus fragiles qui trinquent. Un immense merci à l’UDAF et à l’ensemble des associations qui la composent pour le sérieux de leur travail, pour leur mobilisation, pour représenter avec force les intérêts des familles dans toute leur diversité.
Toujours vendredi, je me rendais à la commission des élu-es de la DETR, à la préfecture de la Drôme à Valence . Un temps d’échange important avec la préfète, les sous préfet-es d’arrondissement, les représentants des EPCI, les parlementaires et les services de l’Etat, pour parler des orientations des aides aux collectivités pour 2026. Dans l’examen du budget qui démarre à l’Assemblée, je me battrai pour que les dotations d’Etat aux collectivités ne soient pas une variable d’ajustement de la protection des plus puissants.
Mais la copie va être difficile à modifier : le Fonds Vert, structurant ici dans nos territoires pour l’adaptation au changement climatique mais aussi pour le financement d’équipements sportifs notamment, pourrait être divisé par deux, après avoir été déjà divisé par deux l’an passé. Car les voilà, déjà hier matin dans cette commission, les conséquences concrètes des économies budgétaires : Moins de leviers pour développer nos territoires qui en ont pourtant tant besoin. Pour nos écoles, pour l’accès à une eau de qualité et en quantité suffisante, pour nos équipements structurants, l’Etat doit être aux côtés des Maires et des élus à qui on demande tant avec souvent bien peu. Je salue le travail remarquable des équipes de la préfecture pour écouter, accompagner, et se mettre au service des communes. Mais elles ne peuvent le faire que si notre budget national leur en donne les moyens. Je me battrai, dans les semaines à venir, pour cela.
Samedi, je passais la journée à Saint-Nazaire-en-Royans pour une nouvelle journée de formations sur les municipales avec l’association l’Avant Pays. Cette journée a été l’occasion d’échanges avec des élu-es locaux pour que chacun puisse s’engager à l’échelle locale en profitant de l’expérience de ceux qui oeuvrent aujourd’hui dans nos campagnes. Merci à tous les intervenant-es. C’était tout simplement passionnant ! La prochaine journée de formation aura lieu le 22 novembre dans les Baronnies. Pour rejoindre l’Avant Pays et être au courant des prochaines actions : https://lavantpays.fr/
En fin de journée, je me rendais à la deuxième édition de la Fête de la Récup’ à Crest , organisée collectivement par La Chignole, l’Or des Bennes, le 8 Fablab, Compost et Territoire et l’Élabo de Paulette ! L’occasion pour toutes et tous de se lancer dans la seconde main, la réparation ou le bricolage.
Dimanche c’était la 6e édition de la fête de la Courge, à Beaufort-sur-Gervanne. L’occasion de faire revivre la foire agricole ancestrale, qui date « du temps des châteaux », avec plus de 70 stands de producteurs et d’artisans à travers la commune pour valoriser les productions locales, mais aussi de se retrouver, de faire la fête, de se rencontrer : nous avons tant besoin de ces moments en ce moment !
Bravo à l’association Beaufort en Foire pour ce bel événement, bravo à Stéphanie Rigaud, à l’ensemble des bénévoles qui font vivre chaque année ce bel événement. Et bravo aux participant-es des différents concours, de lancer de béret, de bottes, de dessin ou de tarte à la Courge, qu’il était franchement difficile de classer ! Que vive Beaufort-sur-Gervanne !
Les permanences à venir : venez échanger avec moi !
Voilà le calendrier des prochaines permanences parlementaires décentralisées pour la fin de l’année 2025 :