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La politique la plus sensible reste celle de l’immigration avec des  avancées réelles intervenant après un accord entre la France et l’Italie,  prolongé avec l’Allemagne et repris par les ministres de l’intérieur des 28.

Avec la volonté affirmée de la Présidente de la Commission européenne de parvenir à une véritable politique de l’immigration au sein de l’UE, Les bases sont posées pour trouver un accord intelligent.

Alain RÉGUILLON

Ces politiques communautaires qui nous concernent

La Politique migratoire : face à l’inertie des États membres de l’Union européenne, les lignes commenceraient-elles à bouger ?

Tout arrive. L’Italie, troisième puissance économique de la zone euro, redevient fréquentable avec l’éviction cet été du ministre de l’intérieur Matteo Salvini et de son parti la Lega, parti d’extrême droite, xénophobe et europhobe. Il n’aura tenu que 14 mois, suffisamment pour bloquer toute évolution sur un sujet majeur pour l’UE, la politique migratoire.

Emmanuel Macron en a aussitôt profité pour se rendre en Italie et avoir une séance de travail courte mais intense, le 18 septembre dernier, avec le président de la République Sergio Mattarella et le Premier ministre Giuseppe Conte.

Il était temps, car le dialogue était rompu avec Salvini, surtout sur l’immigration, sujet sensible s’il en est. Il est vrai que la défection flagrante de nombre de pays, à commencer par la France, à propos de l’accueil de migrants dans l’UE, depuis 2015 et encore actuellement dans une moindre mesure, a été une des causes de l’arrivée au pouvoir en Italie de la Lega.

Car aucun pays, ni même deux ou trois, ne peuvent accueillir tous les migrants d’Afrique ou du Proche-Orient. L’UE se doit d’être plurielle et solidaire, sinon les populismes et extrémismes de tout poil se généraliseront et compromettront la poursuite du projet européen.

La France et l’Italie se sont donc retrouvées et réconciliées sans trop de difficulté, compte tenu d’une longue histoire commune, très riche et fraternelle.

Mieux, le Président français et le Premier ministre italien ont adopté une position commune sur les migrations et se sont même donné des gages de soutien pour de futures propositions de réformes dans l’UE. Fini la période où la France avait rappelé en 2018 son ambassadeur à Rome, après des déclarations outrancières et agressives de Matteo Salvini et de son allié Luigi Di Maio, qui s’était même permis de recevoir les « Gilets jaunes » et de les encourager ! Bref, des relations exécrables, sans précédent depuis 1945 !

Les deux dirigeants sont tombés d’accord pour adopter un « mécanisme automatique de répartition des migrants ». Ils ont même prévu que « tous les pays participent sous une forme ou une autre à la solidarité européenne en la matière, ou alors soient pénalisés financièrement »

Ils souhaitent également remettre en question les accords de Dublin, qui donnent aux pays d’arrivée la charge du traitement des demandeurs d’asile. Et de conclure qu’il « faut trouver des solutions durables sur la réforme des accords de Schengen et de la Convention de Dublin ».

A la bonne heure ! Pourquoi, depuis 2015, la France et l’Italie n’ont pas tenu de tels propos ? Et qu’en pensent les autres États-membres, notamment ceux à l’est de l’Europe ? Et quand les Parlements nationaux valideront-ils ces beaux principes ?

Il nous faut également attendre des propositions concrètes (projets de directives) de la part de la Commission européenne. D’ailleurs sa présidente est en phase, elle a elle aussi jugé utile de réformer les procédures et d’être plus solidaires. L’Europe a été créée sur ce principe absolu : la solidarité. C’est le moment, sur un tel sujet qui ne fait que commencer, de ne pas oublier cette valeur suprême ! Espérons que la nouvelle Commission et le nouveau Parlement agiront de concert afin de faire pression sur des gouvernements divisés et égoïstes.

Et les deux dirigeants ont aussi réclamé une « gestion plus efficace du renvoi dans leur pays d’origine des migrants qui n’ont pas droit à l’asile ». Conte a précisé que « l’Italie ne laissera pas les trafiquants décider des entrées sur le territoire ». On sent bien que, même empreints de bonne intention, ils sont « sur des oeufs » sur ce dossier sensible et face à des opinions publiques rétives…

Après l’ère Salvini, les ports italiens s’entrouvrent à nouveau pour laisser débarquer sur l’île de Lampedusa quelques dizaines de migrants.

Ces accords seront défendus lors du prochain Conseil européen des 17 et 18 octobre, mais avant les ministres de l’Intérieur des États-membres concernés se seront réunis pour discuter de ce dossier de l’asile et des migrations.

Un sommet bilatéral franco-italien se tiendra en 2020. Il se tient chaque année depuis1983, mais en 2018 il fut annulé en raison de la crise diplomatique.

L’Italie est de retour dans le giron européen et on ne peut que s’en réjouir. On a besoin d’elle. Elle a besoin aussi d’être entendue à Bruxelles, afin d’obtenir un délai pour réduire sa dette publique abyssale (132% du PIB!) ; L’Italie sait qu’elle aura besoin du soutien de Macron. Les billards sont souvent à plusieurs bandes…

Après l’Italie, Malte ! Il faut battre le fer tant qu’il est chaud, selon le dicton. Les pays concernés se sont donc retrouvés à Malte le 23 septembre (5 jours à peine après la rencontre Macron/Conte) pour mettre au point l’épineuse question de la répartition des migrants.

 

Quelques données chiffrées concernant les demandeurs d’asile en 2018: Total UE : 586.235

 

Allemagne 161.885
France : 111.415
Grèce 64.975
Italie 53.440
Espagne 52.730
Royaume-Uni 37.290

 

Les pays en première ligne sont toujours les mêmes : Italie, Grèce, Espagne, Chypre et Malte. Mais les flux d’entrée sont beaucoup plus bas qu’en 2015, partout en Europe. 1 million de réfugiés via la Méditerranée en 2015 ; 67.000 arrivées depuis le début de cette année. Les chiffres parlent d’eux-mêmes..Beaucoup d’accords bilatéraux, depuis 4 ans, ont fonctionné.

Cette réunion à Malte aura été fructueuse, puisque quatre ministres de l’Intérieur (Allemagne, France, Italie et Malte) se sont mis d’accord pour une répartition automatique des migrants, ce qui n’avait pu se faire depuis 2015 ! Un document commun a été élaboré, faisant suite à deux documents présentés l’un par la France et l’Allemagne (toujours le «couple» franco-allemand sans lequel rien ne se fait..), et l’autre par l’Italie et Malte, lors de réunions précédentes à Helsinki et Paris.

Bien sûr, cet accord devra être validé par les autres États-membres sans exception ; il sera soumis pour approbation aux 28 États lors d’un Conseil européen « Justice et Affaires intérieures » au Luxembourg le 8 octobre.

Ultime bonne nouvelle, la France et l’Allemagne ont de leur côté signé un préaccord également, pour « soulager » l’Italie et Malte. Ils acceptent dorénavant d’accueillir sur leur sol une partie des migrants repêchés en mer, afin de donner l’exemple et de susciter d’autres actions solidaires de la part d’autres Etats-membres. Ce texte sera aussi présenté aux ministres de l’Intérieur des 28 en octobre.

Il convient de rester prudent et d’attendre les actes, mais il semble bien que les lignes commencent à bouger enfin, et que l’Union est un peu plus solidaire. Ce n’est que comme cela que l’Union sera forte et crédible, tant à l’intérieur que sur la scène internationale ;

Que de temps perdu depuis 2015, qui avait pourtant déjà fixé -en vain- des quotas !

Les migrations d’êtres humains, qui ne font que commencer à cause du dérèglement climatique et ses multiples conséquences, ont une dimension économique, sociale, budgétaire, et évidement politique.

Mais n’oublions pas l’essentiel : elles sont avant tout une question humaine et morale, qui se doit de passer avant toute autre considération… Les migrants ne sont pas « un problème » comme on l’entend trop souvent. Ils sont des victimes ! Et subissent souvent un cauchemar, voire un drame.

L’Europe de la paix et de la démocratie doit aussi s’honorer dans la fraternité et la solidarité. On l’a créée pour cela aussi, après 1945 et les horreurs subies.

 

GALILEO sauve des vies en mer

Galileo, système européen de navigation par satellite, est une des réussites exemplaires de l’Europe, sur le plan technique et stratégique, et même commercial, au plan mondial désormais. Il est aussi plus précis et performant que le GPS américain.

Mais Galileo a une autre vertu, protéger les citoyens en difficulté, partout où ils se trouvent.

Et pour cette noble mission, il a particulièrement organisé et développé le sauvetage de personnes en difficulté, sur terre comme en mer.

Pour faire connaître son service de recherche et de sauvetage, la Belgique a organisé, le 26 septembre dernier, sur la côte belge, une démonstration de son savoir-faire en matière de sauvetage, destinée aux journalistes.

Cette démonstration s’appelle « Opération Shark Bait ». Ce service fournit une prévision de localisation accrue, de 10 km à 2 km, dans des opérations de sauvetage de par le monde, coordonnées par le programme international de sauvetage Cospas-Sarsat.

Ce programme a réduit à moins de 10 mn le temps nécessaire pour détecter une personne équipée d’une balise de détresse en mer, en montagne ou dans le désert. A l’avenir le système permettra d’indiquer à la personne en détresse qu’une aide est en cours.

Dans le cadre de cette opération « Shark bait », et à titre de test, une personne sera laissée seule en mer sur un radeau de sauvetage, équipé uniquement d’une balise de détresse. En activant cette balise, les satellites Galileo détermineront la position rapidement et avec précision, déclenchant une opération de sauvetage mettant en oeuvre un canot et un hélicoptère de secours et de sauvetage.

Cette opération sera coordonnée par le centre de coordination et de sauvetage maritime d’Ostende.

Dans ce type d’opération, chaque minute compte, et Galileo réduit considérablement le temps nécessaire pour localiser et donc sauver.

Galileo fournit aussi des « services initiaux » depuis décembre 2016, qui améliorent déjà la vie quotidienne des citoyens et des entreprises grâce à des signaux de positionnement, de navigation et de datation précis.

Plus d’un milliard d’utilisateurs de Smartphones lui font déjà confiance dans le monde ! C’est dire l’ampleur de son succès.

Alain RÉGUILLON

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