La fin de l’année approche et je souhaitais vous adresser un dernier journal de bord avant une petite pause. L’année écoulée a été dense, exigeante, parfois éprouvante (et l’examen du budget n’est toujours pas fini…), mais elle a aussi été marquée par de belles rencontres avec nombre d’entre vous partout sur le territoire et je vous remercie pour cela.
Je vous souhaite à toutes et tous de belles fêtes de fin d’année, des moments de repos et de retrouvailles. Que cette période soit l’occasion de prendre soin de vous et de celles et ceux qui vous entourent.
Pour ma part, je vous donne rendez-vous à ma cérémonie de vœux pour l’année 2026 qui se déroulera le Mardi 6 janvier à 19h, à la salle polyvalente de Mirabel-et-Blacons, 30 Place de la Salle Polyvalente.
Je serai très heureuse de vous voir ou revoir à cette occasion.
Le combat de la semaine : L’urgence d’agir ensemble face à la DNC !
Alors que se clôt l’année, les agriculteurs et éleveurs de tout le pays sont de nouveau mobilisé-es : face à l’accord UE-Mercosur bien évidemment, contre lequel vous me savez également très mobilisée, mais aussi face à la DNC, et la répression de celles et ceux qui s’opposent à l’abattage massif de leurs cheptels. Il y a urgence à repenser nos politiques sanitaires pour soutenir les éleveurs !
Oui, la vaccination est « un chemin d’espoir pour empêcher l’abattage des troupeaux », pourtant nous n’avons pas assez de doses, pourtant l’abattage massif couplé d’une répression sans nom continue, pourtant tout arrive toujours trop tard alors même que ces épizooties vont exploser du fait de l’inaction climatique et du soutien à l’industrialisation de l’élevage, tout pour protéger nos exportations.
Depuis deux ans, la colère gronde dans les campagnes. Surendettement, concurrence déloyale, explosion de la FCO, de la salmonelle, de la DNC, revenus en berne, mal-être… pendant que nous demandons la juste rémunération, l’accompagnement à la transition ; la seule réponse du Gouvernement et de ses soutiens ce sont des lois pro-pesticides et la signature de l’accord UE-Mercosur et ses 100 000 tonnes de viande bovine importée !
Nous avons ainsi, avec mes collègues, écrit vendredi dernier à la Ministre de l’agriculture pour que l’Etat infléchisse en urgence sa politique sanitaire et sa politique d’élevage. Puis ce mercredi, j’auditionnais la Directrice Générale du Ministère de l’Agriculture, qui a répondu à nos questions techniques sur la gestion de la crise, le manque d’anticipation notamment en matière de vaccinations et de doses. Je lui rappelais notamment que les éleveurs demandent à ce que les pouvoirs publics anticipent, à la fois dans la prévention vaccinale, la formation, le développement et la valorisation de nos services vétérinaires en territoires ruraux, la préservation d’écosystèmes solides et résilients pour endiguer les nuisibles vecteurs de certaines maladies évitables, la reconnaissance et l’accompagnement des filières locales et du travail de sélection génétique opéré sur les cheptels. Ils demandent à ce que la santé mentale des éleveurs concernés soit considérée. Ils demandent à être écoutés, du dialogue, ils proposent des protocoles alternatifs. Le gouvernement annonce que ce dialogue s’ouvre maintenant : mais pourquoi si tard?
En plein examen du budget, où un effort budgétaire est demandé à tous, le gouvernement demande un vote en urgence pour faire passer ce texte ouvrant à la voie à des dérogations sur le droit de l’urbanisme et de l’environnement afin de construire des infrastructures inutiles pour les territoires, avec l’argent des contribuables : des hôtels de luxe, des patinoires, un téléphérique sur un glacier des écrins… Et pour financer cela, une enveloppe d’un demi-milliard d’euros d’argent public a déjà été provisionnée et les prises de décisions se font sans aucune concertation avec les habitants et habitantes de nos jolies Alpes.
Nous avons listé 5 raisons de s’opposer à la proposition du gouvernement :
Un désastre écologique (de nouvelles routes et aménagements dans des zones naturelles)
Des dérogations multiples au droit : urbanisme, logement, travail
Une dérive sécuritaire (vidéosurveillance par intelligence artificielle, plus forte surveillance administrative)
Un manque de transparence financière (les coûts sont flous tout comme les rémunérations des dirigeant-es du comité d’organisation, suspicion d’exonérations fiscales pour les entreprises partenaires)
Une concertation locale confisquée (réduction de la participation citoyenne aux décisions, élu-es locaux écartés des discussions)
Nous avons mené bataille et obtenu une victoire, non sans mal, pour faire annuler les dérogations prévues à l’objectif zéro artificialisation nette des sols. Non sans mal, car nous avions supprimé en commission saisie au fond l’article qui prévoyait d’exempter du décompte du ZAN les projets et aménagements liés aux jeux. Avant l’arrivée en séance du texte, ce travail avait été complètement annulé et la disposition faisait son grand retour dans l’hémicycle sans aucune justification entendable. Ce détournement de la procédure parlementaire est un précédent dangereux. Malgré ces manœuvres, notre persévérance a payé et faute de mieux, nous avons a minima supprimé l’un des articles les plus problématiques de cette loi sur le plan environnemental.
Mardi j’étais représentée par ma collaboratrice Clothilde à la réunion de travail organisée par la députée Josiane Corneloup sur la transition hors cage des poules pondeuses. Plusieurs entreprises françaises et européennes ont récemment interpellé la Commission européenne afin de demander une harmonisation européenne sur le sujet de la transition hors cage alors que la Commission européenne s’est engagée à présenter une proposition législative visant à bannir les cages pour les poules pondeuses, truies, veaux, lapins, canards, oies, pour une entrée en vigueur en 2027.
En présence des acteurs de l’amont et de l’aval de la filière, les échanges étaient nourris autour de la condition animale, de la transition des modes d’élevage, sur la demande croissante pour des œufs de qualité et locaux et les menaces d’importations d’œufs non conformes à nos normes. Je continuerai à défendre l’objectif du moins, mais mieux, pour protéger les éleveurs engagés dans la transition, garantir la condition animale et assurer la transparence et la qualité sur les produits pour les consommateurs.
Mercredi matin en Commission développement durable et aménagement de territoire, je participais à la présentation des conclusions de la mission d’information sur la transition des modèles des stations de montagne. En Drôme, nous avons la chance de stations qui travaillent depuis plusieurs années sur la diversification : luges, randonnées, raquettes, VTT… pour une montagne quatre saisons. Mais les activités estivales ne sont pas assez rentables, les logements sont bien moins rénovés en moyenne que dans le reste du pays, les transports ne sont pas adaptés à la vie à l’année, et la dépendance au ski reste forte : en France 120 000 emplois en dépendent. C’est dire à quel point la transition doit être anticipée, accompagnée et sécurisée socialement.
C’est pourquoi mon groupe et moi soutenons plusieurs propositions de ce rapport : un Observatoire de la transition et de l’économie des territoires de montagne, un conditionnement des subventions publiques destinées à la neige artificielle ou à l’extension des domaines skiables, une régulation de la fréquentation et de l’usage des ressources en montagne, la réouverture et le renforcement des lignes ferroviaires et le soutien aux lignes de trains de nuit comme Paris-Briançon ou encore la reprise de bon nombre de nos propositions pour le soutien au pastoralisme !
Toujours mercredi matin en commission, j’assistais à la présentation des conclusions de la mission d’information sur les contrôles des produits importés en France. Aujourd’hui 80 % des produits importés par petits colis ne sont toujours pas conformes à nos normes. En agriculture, entre 10 % et 25 % des produits importés en France ne respecteraient pas les normes minimales applicables aux producteurs français. En 2024, le taux de contrôle physique des produits importés dans l’Union européenne s’est établi à… 0,0082%.La question du contrôle de ce qui se trouve dans nos assiettes, dans nos vêtements, dans les jouets, dans tout ce que nous importons souvent à bas prix, mettant à mal non seulement notre santé, notre environnement, mais aussi notre tissu artisanal et industriel est absolument essentielle
Face à cette situation, certains prônent de jouer le jeu et d’abaisser nos normes au nom de la fameuse simplification, quitte à mettre en péril notre santé, notre environnement, nos paysages, nos droits sociaux, notre art de vivre, tout ce qu’il faut pour baisser les prix, afin de jouer le jeu de la compétition internationale. J’assume, au contraire, de défendre d’autres règles du jeu. De défendre la protection de la qualité et du prix de nos productions, de défendre la hausse des salaires et nos protections sociales, de défendre notre santé et notre souveraineté. De défendre, donc, la fin du malaise sur l’accord UE-Mercosur, et d’en sortir pour de bon, ou de défendre des moyens pour les organismes de contrôle, plutôt que de vider ceux de la DGCCRF, menacée d’une nouvelle baisse de 11% dans le PLF 2026 !
Mercredi après-midi, enfin, j’interrogeais Monique Barbut, Ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature sur la sortie des énergies fossiles, sur l’accord issu de la COP30 à Belém. En mai 2023, le G7 réuni au Japon s’engageait à un abandon progressif des combustibles fossiles et à l’élimination des subventions inefficaces d’ici 2025 au plus tard. Cette même année, plus de 300 scientifiques, puis plus de 300 dirigeants économiques, appelaient la France à soutenir un traité de non-prolifération des énergies fossiles, pour sortir rapidement et équitablement de l’ère des fossiles.
Puis… plus rien.
Il n’y aura pas de traité de non-prolifération.
Il n’y aura pas d’arrêt des subventions aux fossiles. Novembre 2025 : 30e Conférence des Parties sur le climat. Il n’y aura aucun engagement clair sur la sortie des énergies fossiles dans le texte final.
Nous sortons de l’année la plus chaude jamais enregistrée. Nous nous dirigeons tout droit vers les +4°C de réchauffement, c’est-à-dire, l’effondrement du monde tel que nous le connaissons.
La France se doit d’aligner sa diplomatie climatique avec ses responsabilités. On ne peut plus déplorer le manque d’ambition internationale quand, à la COP, nous intégrons à nos délégations les dirigeants de Total Energies, dont on connait la responsabilité criminelle en matière d’émissions de gaz à effet de serre ; quand, en Europe, nous soutenez le détricotage du devoir de vigilance et du Pacte vert ; et quand, en France, de nouveaux projets fossiles sont encore autorisés tandis que les crédits dédiés à la transition écologique fondent année après année. Quand la France va-t-elle s’engager pleinement dans une trajectoire de sortie des énergies fossiles, et financer cette transition ? Je posais également à la Ministre la question sur la transposition du crime d’écocide qui doit entrer dans le droit français d’ici le mois de mai. Bien évidemment, vous pourrez voir les vidéos de mes questions, ainsi que les réponses de Madame la Ministre, sur tous mes réseaux sociaux incessamment sous peu !
Une (courte) semaine dans la Drôme
Vendredi matin, je tenais ma permanence parlementaire à Saint-Paul-Trois-Châteaux. Je me rendais l’après-midi au centre de secours de Saint-Paul-Trois-Châteauxpour parler des jeunes sapeurs-pompiers (JSP) avec Anthony Foi, responsable des JSP de la Drôme, Patrick Roch, Président de l’Union Départementale des Sapeurs-Pompiers de la Drôme, le colonel Pradon, chef du groupement sud, en présence du Maire de Saint-Paul-Trois-Chateaux, M. Catelinois.
Dans la Drôme, ce sont 7 écoles qui forment chaque année 150 jeunes entre 12 et 17 ans, dont 65% de garçons et 35% de filles. Toutes ces écoles sont associatives, portées par une cinquantaine d’encadrants sapeurs-pompiers professionnels ou volontaires qui assurent ces fonctions bénévolement. Les écoles de JSP sont des terreaux fertiles à l’engagement de sapeurs-pompiers volontaires par la suite : je resterai à leurs côtés !
Je rencontrais ensuite, la présidente Lydie Perret et le directeur Anthony Berard de la Partagerie de Saint-Paul-Trois-Châteaux, un lieu unique qui est à la fois un café associatif, une épicerie et une petite librairie avec des jeux de société. Bravo à eux pour ce lieu magnifique.
J’allais ensuite au Poët-Laval où se tenait le marché de Noël du village. Malgré la météo maussade, c’était un plaisir de rencontrer des artisans talentueux et des organisateurs plein de bonne humeur !
Samedi (demain) je serai à Nyons pour l’inauguration de la fête de l’Olive piquée puis je me rendrai à Sainte-Jalle où se tient le marché de Noël organisé par l’association Parents Thèse.
Lundi, enfin, nous voterons la loi spéciale à l’Assemblée Nationale, juste avant Noël, puisque nous avons appris ce matin que la CMP sur le PLF n’avait pas été conclusive.
Les permanences à venir : venez échanger avec moi !
Voilà le calendrier des prochaines permanences parlementaires décentralisées :