16 janv. 2026
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L’empreinte carbone du gaming ( jeux ) atteint des sommets
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Alors que NVIDIA domine désormais 92 % du marché des cartes graphiques dans un contexte de pénuries et de flambée des prix, une nouvelle étude de PlayersTime révèle la face sombre de notre passion numérique. Entre consommation électrique record et émissions de CO2 massives, le jeu vidéo s’impose comme l’un des secteurs les plus polluants de la tech
L’industrie du jeu vidéo traverse une période paradoxale. D’un côté, une hégémonie technologique quasi totale de NVIDIA ; de l’autre, une crise de durabilité environnementale préoccupante. Une analyse approfondie menée par l’équipe de PlayersTime, basée sur les spécifications matérielles officielles, les habitudes de consommation et les données d’engagement de millions de joueurs, dresse un bilan alarmant de l’impact écologique du secteur en 2026.
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Le PC « Hardcore » : Un gouffre énergétique
Le segment du PC Gaming est, sans surprise, le plus pointé du doigt. Selon les données de l’étude, un joueur « hardcore » sur PC génère en moyenne 261 kg de CO2 par an. Pour mettre ce chiffre en perspective, cela équivaut à recharger plus de 21 000 smartphones ou bien un trajet aller-retour Paris-Marseille en avion ou encore 2 100 kilomètres effectué avec une voiture essence de taille moyenne.
Au-delà de l’impact planétaire, le portefeuille des utilisateurs trinque également. Avec une moyenne de 1 660 heures de jeu par an (soit 4 heures et demi par jour), la facture d’électricité de ces passionnés grimpe de près de 120 $ par an uniquement pour alimenter leur machine.
À l’échelle mondiale, le calcul devient vertigineux : avec 465 millions de joueurs hardcore sur PC (soit un quart des 1,86 milliard de joueurs recensés par DFC Intelligence), les émissions totales atteignent 121,36 millions de tonnes de CO2 !
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Empreinte carbone des équipements de jeux vidéo en 2026 d’après le rapport de PlayersTime
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Pendant des années, les joueurs se sont concentrés sur le prix d’achat du matériel. Mais le coût réel se révèle sur la durée. Les PC et consoles haut de gamme ajoutent silencieusement des coûts d’électricité récurrents qui peuvent s’élever à des milliers de dollars sur la durée de vie de l’appareil.
Silvana Vladimirova, analyste de données chez PlayersTime
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Le palmarès des jeux les plus polluants
L’étude souligne une corrélation directe entre la popularité des titres « Service » (E-sport, mondes persistants) et leur empreinte écologique. En raison d’un engagement horaire massif, certains titres affichent des bilans carbone colossaux.
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| Jeu Vidéo | Plateforme | Empreinte Carbone (Tonnes de CO₂ par million de joueurs) |
|---|---|---|
| Dota 2 | PC | 200 000 |
| League of Legends | PC | 199 000 |
| Counter Strike 2 | PC | 31 800 |
| Valorant | PC | 18 700 |
| Minecraft | PC | 13 400 |
| Fortnite | PC | 11 500 |
| Les Sims 4 | PC | 3 800 |
| ROBLOX | PC | 3 600 |
| Peak (Aggro Crab) | PC | 1 400 |
| Battlefield 6 | PC | 944 |
| ROBLOX | Console | 2 500 |
| Fortnite | Console | 2 100 |
| Minecraft | Console | 1 800 |
| EA Sports FC 25 | Console | 1 300 |
| Grand Theft Auto V | Console | 802 |
| EA Sports FC 26 | Console | 777 |
| Call of Duty Black OPS 7 | Console | 226 |
| Battlefield 6 | Console | 150 |
| Rocket League | Console | 125 |
| Tom Clancy’s Rainbow Six Siege | Console | 125 |
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Les géants de l’E-sport comme Dota 2 et League of Legends dominent ce triste classement, principalement en raison de sessions de jeu dépassant souvent les 1 200 heures par utilisateur (données HowLongToBeat).
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Consoles : La PS5 Pro dans le viseur, les portables en exemple
Sur le terrain des consoles, la hiérarchie est claire. La PlayStation 5 Pro et la Xbox 360 (toujours très active) figurent en tête des appareils les plus énergivores. Un joueur intensif sur PS5 Pro voit son empreinte carbone annuelle grimper à 114 kg de CO2, alourdissant sa facture d’électricité de plus de 50 $.
À l’inverse, les consoles portables s’imposent comme les championnes de l’efficacité énergétique. La Nintendo Switch, le Steam Deck et la famille Nintendo 3DS génèrent entre 1 et 2,7 kg de CO2 par an pour un joueur moyen. Même pour un usage intensif, l’impact reste marginal : l’équivalent d’un trajet de 36 km avec une voiture à essence standard.
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L’impact social des « Metavers »
Un phénomène nouveau inquiète les analystes : l’empreinte carbone des plateformes sociales comme ROBLOX, Fortnite et Minecraft. Ces titres ne sont plus seulement des jeux, mais des espaces de rencontre pour la Génération Z et la Génération Alpha.
Pour les Générations Z (nés entre 1997 et 2010) et Alpha (nés après 2010), le jeu vidéo n’est plus seulement un loisir : c’est leur réseau social principal. Voici une explication de pourquoi leur impact écologique est au cœur de cette étude de 2026.
Bien que moins gourmands à l’heure que les blockbusters AAA, leur taux d’engagement est tel qu’ils génèrent des milliers de tonnes de CO2. Sur console, ROBLOX et Fortnite émettent respectivement 2 500 et 2 100 tonnes de CO2 par million de joueurs.
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Vers une prise de conscience ?
Alors que la puissance de calcul continue de croître, la question de la sobriété numérique devient centrale.
Les résultats de cette étude, s’appuyant sur les calculateurs d’équivalences de gaz à effet de serre de l’EPA américaine, montrent que le gaming n’est plus un loisir « virtuel » sans conséquence sur le bilan carbone alors que l’on a pour habitude de considérer que l’essor de l’IA est seul responsable.
La consommation d’énergie est désormais une composante intégrante du prix réel des jeux vidéo en 2026.
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Christophe Magdelaine / notre-planete.info