Quelle semaine ! Le weekend dernier, on vous demandait d’interpeller en urgence les députés européens pour qu’ils saisissent la Cour Européenne de Justice sur la conformité de l’accord UE-Mercosur avec les traités européens. Une démarche administrative, mais pas anodine : cela permettrait de bloquer l’accord le temps de la procédure.
Quelques jours avant le vote, on le savait : ça pouvait se jouer à quelques voix près. La veille, on apprend que les pronostics ne sont pas bons et que ça pourrait pencher dans le mauvais sens…
Mais vous avez été géniaux. En 5 jours, vous avez envoyé 5 000 mails aux députés européens, merci !
Une victoire in extremis
Au moment du vote, c’est la grande surprise : 334 voix pour la motion, 324 voix contre. Seulement 10 voix ont fait la différence, c’est incroyable !
Et c’est grâce à vous : dans l’outil d’interpellation que nous vous avions envoyé, nous avions sélectionné des députés clés, qui pouvaient en influencer de nombreux autres. Eh bien 16 députés qui étaient ciblés ont changé de position ! – Il s’agit des Verts allemands (ça peut sembler étonnant, mais ils étaient pour l’accord) et des Socialistes roumains. Et ces voix ont permis de faire pencher la balance du bon côté.
À Strasbourg, ce sont des cris de joie qui ont retenti : l’accord doit donc être suspendu entre 18 mois et 2 ans. Un temps précieux pour consolider la mobilisation.
Ce vote envoie aussi un message clair à la Commission et aux Etats membres : l’Europe ne doit pas sacrifier les précieuses forêts d’Amérique latine au nom de quelques millièmes de points de croissance (0,06% de PIB supplémentaire si l’accord voit le jour…).
Et c’est historique : c’est la première fois qu’un accord de libre-échange ne recueille pas une large majorité au sein du Parlement européen. C’est bien le symbole que ce genre de traités appartient à un autre temps, et que nous devons inventer un nouveau modèle.
Et surtout, c’est le genre de victoire qui redonne espoir et nous prouve que la mobilisation paye !
Un déni de démocratie ?
Mais le feuilleton autour de ce traité n’est pas fini, et cette victoire semble déjà remise en cause. Dans la foulée du vote, des voix s’élèvent une à une pour demander à la Commission européenne d’appliquer l’accord malgré tout, de manière provisoire.
C’est dingue, mais c’est possible.
Et quel déni de démocratie ce serait ! Pourtant, ce n’est pas la première fois : la Commission européenne a déjà usé d’un subterfuge pour éviter que les Parlements nationaux aient le droit de se prononcer (et donc de bloquer l’accord). Il ne nous reste donc que le Parlement européen, et même cette voix n’est pas respectée.
Il faut que nous fassions comprendre à la Commission européenne que c’est inacceptable.
C’est pourquoi on a encore besoin de vous. Cette fois-ci, soyons encore plus nombreux à demander la suspension de l’accord auprès de la Commission européenne. Voilà un outil pour l’interpeller facilement :