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Energies renouvelables : une étude évalue à 2 milliards d’euros leurs recettes fiscales locales
17 02 2026
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Parc éolien en mer en baie de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), exploité par Iberdrola, le 22 octobre 2024..
Chaque année, centrales hydroélectriques, mâts d’éoliennes, panneaux solaires ou autres énergies renouvelables sont synonymes de recettes fiscales pour leurs territoires. Mardi 17 février, le Syndicat des énergies renouvelables (SER) a présenté une étude de ces retombées en 2024. De quoi faciliter l’implantation de nouveaux projets çà et là, malgré certaines contestations à l’échelle locale. De la part de l’organisation patronale, c’est une façon de passer le message aux maires actuels ou futurs, à moins d’un moins des prochaines élections municipales.
« Face à la dépendance persistante aux énergies fossiles, à l’urgence climatique et à la nécessité de renforcer notre souveraineté énergétique, chaque territoire détient une part de la solution », veut croire Jules Nyssen, président du SER.
En 2024, les énergies renouvelables ont rapporté plus de 2,1 milliards d’euros de retombées fiscales au niveau local, selon l’étude. La manne bénéficie principalement aux intercommunalités (45 %) et aux communes (32 %), loin devant les départements (15 %) et les régions (8 %). Une manne d’autant plus appréciable « dans un contexte de baisse de l’autonomie fiscale des collectivités », souligne ce document, publié avec l’appui du cabinet de conseil Colombus Consulting.
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« Des recettes à la main des élus »
Le décompte comprend la fiscalité directe des actifs de production. Soit un peu plus de la moitié du total. Ces impôts et taxes s’appliquent notamment à la valeur foncière, aux réseaux d’énergie ou aux travaux. Dans le calcul, un cinquième des recettes concernent les retombées bénéficiant à des entreprises impliquées dans le secteur. Par ailleurs, le calcul tient compte aussi de la fiscalité indirecte, qui représente un autre cinquième des recettes. Il s’agit ici de la fraction de la TVA reversée aux collectivités, lorsque certains biens ou services sont commercialisés auprès de particuliers, par exemple pour une pompe à chaleur, des panneaux solaires à domicile ou du bois de chauffage.
Au total, la palme revient à l’hydroélectricité, avec près de 642 millions d’euros. Et pour cause, l’hydraulique est la principale source de production électrique renouvelable dans le pays. Présente depuis des décennies, elle dispose d’une imposition spécifique, avec un système de redevances. Suivent les pompes à chaleur (367 millions d’euros), le solaire (296 millions), l’éolien terrestre (240 millions), le bois de chauffage à usage domestique (212 millions) ou encore la valorisation des déchets (126 millions).
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Le SER évoque « des recettes à la main des élus », c’est-à-dire « territorialisées », « prévisibles », mais aussi « dynamiques », car elles suivent la croissance des capacités de production.
« Les retombées économiques de ces installations donnent l’occasion d’apporter de nouveaux services aux habitants et de mener une politique ambitieuse, notamment dans des zones qui ont vécu une déprise très forte », expliquait au Monde, à l’automne 2025, Fanny Lacroix, vice-présidente de l’Association des maires ruraux de France, et elle-même maire (Place publique) d’un village isérois, Châtel-en-Trièves.
Hétérogènes, les recettes peuvent par exemple être de 104 000 euros par an pour quatre éoliennes, 9 000 euros pour un parc solaire de 3 à 4 hectares, 63 000 euros pour une centrale hydroélectrique de 4,5 mégawatts au fil de l’eau. Autant de ressources susceptibles de financer par la suite la rénovation d’écoles, la construction de terrains de basket ou de maisons de santé, font valoir les auteurs de l’étude.
« Ces recettes sont complètement indépendantes de la démographie », ajoute Nicolas Goldberg, référent énergie pour Colombus Consulting. Selon ses données, 85 % des communes avec au moins un parc éolien sont de moins de 2 000 habitants. Dans les villages de moins de 500 habitants, les retombées liées à un tel parc peuvent constituer près d’un quart des recettes fiscales totales.
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