“Les robots tondeuses sont une calamité” : comment protéger les hérissons dans votre jardin
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C’est une espèce qui est quasi menacée. La population de hérissons a fortement chuté ces dernières décennies. En ville, les menaces qui pèsent sur ces petits mammifères sont nombreuses. Dans la métropole de Clermont-Ferrand, une opération tente de les protéger.
Vous avez peut-être déjà croisé des hérissons chez vous. Vincent et ses enfants en ont fait l’expérience au Cendre, près de Clermont-Ferrand. Ils ont donc fait appel à la LPO pour savoir si les hérissons peuvent naviguer tranquillement entre les différentes maisons du quartier. En une heure, son jardin est inspecté de fond en comble. Le but : repérer les pièges et savoir s’il est possible de créer des connexions entre les habitations. Vincent Garigoux, participant à la Mission hérisson, indique : “On a pu voir qu’on pouvait faire des choses très simples, comme couper les grillages, laisser les fougères et les bouts de bois. Ce sont des choses qu’on peut faire au quotidien pour leur laisser un abri, un local, pour qu’ils aient de quoi vivre de manière simple, au quotidien”.
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Favoriser la reproduction
Les habitudes des habitants sont aussi examinées. Christine, la voisine, a elle aussi participé à cette Mission hérisson. Des aménagements sont réalisables pour faciliter la vie de ces petits mammifères. Christine Balage, participante à l’opération, souligne : “Cela va devenir un quartier de passage pour les hérissons. C’est tant mieux si cela favorise leur reproduction, leur vie et qu’on en ait un peu plus dans les jardins”.
Des caméras sont ensuite installées pour observer le résultat. En une seule nuit, les hérissons peuvent visiter jusqu’à 16 jardins. Pour leur préservation, il est donc important que les particuliers participent à ce genre d’opération. Gaëlle Giraud, cheffe de projet LPO Auvergne-Rhône-Alpes, rappelle : “Le domaine vital du hérisson s’étale sur plusieurs hectares. En parcourant des dizaines de jardins par nuit, si les jardins ne sont pas connectés, cela va l’amener à aller vers des axes fréquentés comme les routes et il risque l’écrasement”.

Une population en baisse
Chaque année, 700 000 individus meurent écrasés sur les routes en Europe. Le hérisson figure sur la liste rouge de l’UICN, l’Union internationale pour la conservation de la nature. Il a changé de catégorie passant du statut de préoccupation mineure à celui de quasi menacé. Il n’est pas en péril imminent mais il s’agit de tirer la sonnette d’alarme. Selon une estimation, les effectifs de l’espèce en Europe ont diminué dans plus de la moitié des pays dans lesquels il vit. Au niveau national, cette baisse s’évalue entre 16 et 33 % dans la dernière décennie.
Au centre de soins Panses-Bêtes en Auvergne, 1000 animaux sont recueillis chaque année. Entre 500 et 600 d’entre eux sont des hérissons. Marie-Laure Thierry, soigneuse au centre de soins Panse-Bêtes, insiste : “On ne sait pas qu’il y a des occupants dans nos jardins, des locataires. Par conséquent, on va utiliser nos rotofiles, nos tondeuses ou laisser nos chiens de nuit sans surveillance dans les jardins. Cela cause beaucoup de dégâts, de blessures assez importantes sur ces animaux. Cela va d’un coup de tondeuse à un coup de débroussailleuse. Les robots tondeuses sont une calamité car il ne faut surtout pas les faire tourner la nuit. Il y a aussi les intrants chimiques. Il faut avoir de bonnes pratiques au jardin et éviter l’utilisation de produits chimiques”.
La baisse de la population de hérissons est liée aux collisions sur la route. Il y a aussi la dégradation des habitats ruraux sous la pression humaine croissante et notamment l’intensification agricole. Enfin, il y a nos pratiques de jardinage qui menacent les hérissons.
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Cindel Duquesnois et Marie-Lys Pariot / France 3
