« Il ne s’est jamais présenté comme encarté au RN » : le jour où un maire découvre qu’un militant d’extrême droite siège dans son conseil à son insu

C’est une histoire, dont le nouveau maire de Figeac, élu le 15 mars 2026, se serait bien passé. Après l’installation du conseil municipal, il a découvert qu’un de ses colistiers était adhérent au RN et le lui avait caché. Choqué, il l’a aussitôt exclu de la majorité municipale.
L’arrivée à la mairie de Figeac (46) du maire centriste Philippe Landrein et de son équipe n’est pas une promenade de santé. Le nouvel élu a découvert presque par hasard la présence sur sa liste d’un membre du RN. Il a aussitôt été exclu.
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Le choc après l’élection
Au soir du second tour des élections municipales à Figeac le 15 mars 2026, Philippe Landrein, candidat proche de Renaissance, tout occupé à célébrer sa victoire, n’imaginait pas commencer ainsi son mandat. Mais quelques jours après, c’est le choc.
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« Lors d’une interview, une journaliste me demande si je suis au courant du soutien du rassemblement national », confie-t-il.
« J’ai été approché par le parti d’extrême droite », confirme Philippe Landrein. « Ils demandaient un soutien officialisé ou la présence d’un RN sur ma liste. J’ai bien sûr refusé. Pour moi le débat était clos ».
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Exclu de la majorité municipale
Philippe Landrein décide alors de mener l’enquête. Il en discute avec chacun de ses colistiers. L’un d’eux finit par lui avouer avoir sa carte au RN : « Ça fait très mal », avoue Philippe Landrein. « Je me suis senti trahi, surtout en tant qu’homme car le RN ne reflète en rien mes valeurs humanistes ».
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« J’ai aussitôt demandé à ce monsieur de démissionner, ce qu’il a refusé », poursuit le maire de Figeac. « Je n’ai donc pas eu d’autre choix que de l’exclure car je ne peux pas travailler avec des gens qui portent ces valeurs ».
L’ancien colistier siège donc désormais dans l’opposition avec sa véritable étiquette, celle du Rassemblement national.
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« Une forme d’entrisme de l’extrême droite »
Pourtant, le nouveau maire a mené une liste sans étiquette. Et lors du recrutement il a été très clair : « Je voulais qu’il n’y ait aucune ambiguïté », raconte Philippe Landrein. « Mon positionnement politique est proche de Renaissance et j’ai précisé que la liste était ouverte à tous sauf les extrêmes ».
Aujourd’hui, Philippe Landrein regrette « de ne pas avoir été plus vigilant ».
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« Je vois dans cette affaire une forme d’entrisme de l’extrême droite », rajoute le maire. « Ça fait partie de la stratégie du RN pour se positionner. Si cette découverte avait été faite plus tard, cela aurait déstabilisé l’équipe municipale à un moment où cet élu aurait endossé plus de responsabilités. Pour moi c’était le moins mauvais moment pour le savoir ».
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Pour conclure, Philippe Landrein souhaite adresser un conseil à tous ses collègues, à la tête de listes citoyennes : « Il faut vraiment vérifier si les personnes qui vous entourent correspondent à votre sensibilité politique », affirme-t-il, « car avec la présidentielle dans un an, ces membres du RN, qui vivent cachés, ne tarderont pas à se dévoiler ».
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