Sélectionner une page

Livres

.

La fabrique des crétins : Les jeunes Français lisent de moins en moins, un constat « préoccupant », selon une étude

.

Le Centre national du livre a publié, mardi 14 avril, une étude confirmant le décrochage de la lecture chez les 7-19 ans, dont les capacités d’attention sont de plus en plus fragmentées à cause des réseaux sociaux.
.

Laëtitia Giraud

14 avril 2026

.

Quelques jours avant que ne démarre le Festival du livre de Paris, vendredi 17 avril, le Centre national du livre (CNL) a dévoilé, mardi 14 avril, les résultats de son étude « Les jeunes Français et la lecture », réalisée par l’institut de sondage Ipsos BVA. La principale conclusion ? « Malgré un nombre de jeunes lecteurs globalement stable, le décrochage à l’adolescence reste important et la qualité de lecture est affaiblie », résume le rapport. En témoignent les chiffres, attendus désormais, qui comparent le temps quotidien consacré à la lecture par les jeunes pour leurs loisirs, dix-huit minutes (contre dix-neuf minutes en 2024), et celui passé sur les écrans, trois heures et une minute (contre trois heures et onze minutes en 2024).

Cinquième édition de cette enquête réalisée pour la première fois en 2016, l’étude 2026 porte sur un échantillon de 1 500 jeunes de 7 à 19 ans. Ces dix années de recul permettent de dresser « un panorama complet des habitudes, des fréquences et des goûts de lecture des jeunes », explique Etienne Mercier, directeur santé et affaires publiques chez Ipsos.

.

.

Plusieurs phénomènes sont ainsi présentés : si les jeunes continuent à lire globalement autant (84 % lisent pour l’école, les études ou le travail et 81 % lisent pour leurs loisirs), les lecteurs décrochent entre 16 et 19 ans, dont un tiers déclare ne pas lire du tout. Ce décrochage est d’autant plus marqué chez les garçons, qui, entre 13 et 15 ans, ne passent plus que dix-sept minutes à lire chaque jour pour leurs loisirs, et dix minutes par jour entre 16 et 19 ans, contre dix-neuf minutes pour les filles.

Pour Régine Hatchondo, présidente du CNL, un résultat « préoccupant » de l’étude concerne « la fragmentation de l’attention pendant la lecture qui altère la capacité à se concentrer ». Est mise en cause, de nouveau, l’utilisation des écrans de manière simultanée pour 41 % des lecteurs, dont 67 % des 16-19 ans. Une habitude qui pourrait expliquer, selon Etienne Mercier, que les adolescents de cette tranche d’âge déclarent dans l’enquête plus de difficultés à comprendre, aimer et lire des livres pour l’école, les études ou le travail, que leurs homologues entre 7 et 15 ans. « On pourrait croire que c’est parce que les livres sont plus compliqués avec l’âge, mais ça ne peut être la seule raison », s’inquiète-t-il.

.

Détermination sociale

Paradoxalement, l’étude montre que « si les conseils de proches, la couverture, le héros ou le résumé restent les premiers déclencheurs de lecture (…) 28 % des jeunes choisissent un livre après en avoir entendu parler sur Internet ». Ce chiffre grimpe même à 51 % pour les 16-19 ans, qui « passent beaucoup de temps sur les réseaux sociaux », mais « trouvent via ces réseaux des conseils lecture qui les font acheter et lire », explique Alice Tétaz, directrice de clientèle affaires publiques d’Ipsos.

Et que lisent les jeunes lecteurs ? Sans surprise, le trio de tête reste concentré autour des bandes dessinées (57 %), des romans (47 %) et des mangas (46 %). Petit nouveau dans la catégorie roman, le genre dark romance (« romance sombre »), continue de prendre des points à chaque édition de l’enquête. Ce genre littéraire, qui met en scène des histoires d’amour souvent toxiques, voire des relations abusives, est particulièrement plébiscité par les filles de 16 à 19 ans (57 %).

.

A la librairie du festival de musique classique La Folle Journée, à Nantes, le 1er février 2024.

A la librairie du festival de musique classique La Folle Journée, à Nantes, le 1er février 2024.

.

Au-delà de ces constats, ce que l’étude continue de montrer depuis 2016, c’est aussi la part explicative de la détermination sociale et des inégalités sociales dans le rapport à la lecture des jeunes : ceux dont les parents ne lisent pas lisent moins. Les jeunes appartenant aux catégories sociales privilégiées déclarent ainsi lire, pour leurs loisirs, en moyenne vingt et une minutes de plus chaque semaine que ceux des classes populaires. Un résultat qui continue de plaider en faveur du rôle de l’école dans la transmission de cette pratique culturelle, un « enjeu majeur » pour le CNL, qui souhaite renforcer son action vers les publics scolaires avec, par exemple, « la venue d’auteurs dans les classes et la systématisation du Quart d’heure de lecture ». (… )

.

.

Créée en 1990, la librairie Mosaïque est une librairie généraliste indépendante, située au cœur du centre historique de la ville de Die, dans la Drôme.

Littérature, sciences humaines, jeunesse, bande dessinée ou livres d’arts, vous y trouverez également des livres pratique de cuisine, musique, tourisme, région, jardinage, parascolaire ou langues étrangères, soit plus de 20.000 références. Ce que nous n’avons pas peut être commandé, demandez-nous !

Depuis 1981, un livre neuf a le même prix partout.

Poster le commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *