Sélectionner une page

.

J’ai travaillé pendant presque 10 ans pour des documentaires d’Arte (Paysages et jardins d’ici et d’ailleurs) et nous avions un immense atout : le temps ! Nous avions du temps pour effectuer le documentaire avec notamment des temps de repérage et d’écoute réelle des participants/participantes.
.
Je suis un grand consommateur de médias et ce que je constate à longueur d’antenne, c’est le manque de temps et d’écoute pour que la parole soit vraiment libre et intéressante. Concrètement, quand certains journalistes font une ITW, ils ont déjà toutes leurs questions et leur canevas en tête. Ils restent parfois prisonniers de leur conducteur et souvent les invités ne se sentent pas écoutés !
.
C’est toute la thèse du livre passionnant de Nina Fasciaux « Mal entendus » que je vous recommande. Je l’ai découvert grâce au cours SATOR d’Anne-Sophie Novel que je vous recommande également.
Car vraiment écouter demande une vraie curiosité, une attention aux émotions, une capacité à reformuler et à ne pas se laisser embarquer dans des jugements à priori.
.
Bref, l’écoute est une compétence à travailler. Nina Fasciaux propose la méthode looping (loop for understanding, le circuit de la compréhension, inspirée de la journaliste Amanda Ripley) :
1 étape : Ecouter avec l’intention clairement affichée de comprendre son interlocuteur, rejoindre l’autre dans son monde.
2e étape : Reformuler avec ses mots ce que nous a dit l’interlocuteur
3e étape : L’interlocuteur peut nuancer, corriger ou développer sa perspective.
4e étape : Une dernière question, est ce qu’il y a autre chose ?
.
Je trouve cela passionnant et particulièrement nécessaire à un moment de notre histoire où la polarisation gagne du terrain. Peut être par manque d’écoute ?
.

Poster le commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *