« C’est inadmissible de faire une telle erreur » : deux arbres centenaires abattus sans autorisation en Côtes-d’Armor
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Doublement interdit dans la mesure où l’Office français de la biodiversité (OFB) impose un calendrier : pas d’abattage de mars à juillet
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À Lannion (Côtes-d’Armor), les riverains d’un futur lotissement ne décolèrent pas après l’abattage de quatre arbres dont ceux centenaires dans le quartier de Servel. Une opération qui n’était pas autorisée. Le bailleur social qui construit reconnaît une erreur. Des mesures de compensation vont être prises.
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L’entreprise a commencé ses travaux d’abattage mardi 28 avril 2026, entre 8 h 30 et 10 h 30. Un voisin est venu au début de chantier pour dire au responsable qu’il espérait qu’ils avaient l’autorisation d’abattage
. La réponse a fusé : On va leur faire leur fête.
Pourtant sollicités, les services techniques de la mairie ont bien confirmé que l’abattage n’était pas autorisé. Doublement interdit dans la mesure où l’Office français de la biodiversité (OFB) impose un calendrier : pas d’abattage de mars à juillet ; le bailleur a-t-il fait un diagnostic écologique ? A-t-il une dérogation préfectorale ?
s’interroge l’un des riverains. D’autre part, parce que deux de ces arbres figurent toujours sur le permis d’aménager ; ils n’auraient pas dû être abattus
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« Le mal est fait »
Rencontré sur le terrain, un responsable d’Armorique Habitat a reconnu une erreur et un préjudice collectif
, arguant le fait qu’il ne peut être présent partout pour tout contrôler. Ce que reconnaissent le cabinet de maîtrise d’œuvre et le responsable du chantier de terrassement. Les riverains, eux, ne décolèrent pas : C’est inadmissible de faire de telles erreurs. Vous saviez pertinemment que l’abattage était interdit à cette époque de nidification et il y avait des nids dans ces arbres. Malheureusement, le mal est fait.
Les services techniques ont pleinement pris conscience du problème : Nous avons pris attache auprès de la maîtrise d’œuvre pour exiger de compenser. Un suivi des opérations de compensation sera également effectué.
De nouvelles plantations qui ne pourront pas remplacer ces arbres centenaires avant longtemps.
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Des riverains mécontents après l’abattage de quatre châtaigniers, à Plounévez-Moëdec
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La chapelle Saint-Lavan, à Plounévez-Moëdec (Côtes-d’Armor) est au cœur d’une polémique opposant des riverains et l’ancienne municipalité. En complément aux travaux de nettoyage des chemins de randonnée de la commune, quatre châtaigniers ont été abattus, suscitant l’indignation.
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Or, Il y a quelques semaines, l’association Argoat randos motorisées s’est attaquée au nettoyage des chemins. Notre association avait programmé, avec l’accord du maire, une journée de nettoyage, le 28 février. Au cours de cette journée, plusieurs chemins ont été entretenus. Mais, aucune mini-pelle n’est intervenue ce jour-là dans ce secteur. Si un engin est intervenu plus tard, l’association n’a strictement rien à voir avec cela
, assure Gilles Gendron, président d’Argoat randos motorisées.
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Des arbres sains pour l’un, dangereux pour l’autre.
Plus encore que ce nettoyage, c’est l’abattage de quatre châtaigniers qui semble poser problème. Selon Karine Le Meur, ils étaient sains, droits, énormes, solidement enracinés, […] trônaient près de la chapelle Saint-Lavan. Le clocher et les arbres se maintenaient mutuellement. Gérard Quilin les trouvait menaçants ».
Elle dénonce également le fait qu’aucune délibération du conseil municipal n’ait autorisé cet abattage.Il n’y a pas eu d’autorisation préfectorale. Il s’agit d’arbres de haute tige
Pour Gérard Quilin, maire sortant, la décision avait été prise en commission d’adjoints : il assume clairement le fait d’avoir agi. À un moment, il faut prendre une décision. Les arbres menaçaient de tomber sur la chapelle, après la tempête, ils faisaient courir un risque. Ils ont été abattus par des professionnels, il était temps d’intervenir.
Selon lui, il reste plein d’autres arbres autour de la chapelle ».
De son côté, Gilles Gendron espère qu’il n’y aura pas d’amalgame entre les personnes ou associations qui ont participé à cette journée de nettoyage et le fait que les arbres aient été abattus
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Un recueillement organisé le 3 avril
Pour manifester leur mécontentement, des riverains et sympathisants organisent à un recueillement devant la chapelle Saint-Lavan, vendredi 3 avril 2026, à 18 h 30. Karine Le Meur, qui porte leur message, s’interroge : C’est normal ce saccage ? Est-ce prévu que ça continue ?
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