Huguette Bouchardeau, ancienne ministre de l’environnement, est morte à 90 ans
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Elle a vécu dix vies : professeure, syndicaliste, militante féministe, femme politique et écologiste, chef de parti, candidate à l’Elysée, ministre, députée, maire, écrivaine – une vingtaine de livres, dont des biographies de Simone de Beauvoir, Simone Weil et Agatha Christie – et, enfin, éditrice. Huguette Bouchardeau est morte le lundi 18 mai à 90 ans, a annoncé, jeudi 21 mai, le Parti socialiste.
Née le 1er juin 1935 à Saint-Etienne, dans une famille modeste de six enfants – son père est magasinier dans une épicerie en gros, sa mère sténodactylo avant d’arrêter de travailler –, Huguette Briaut est scolarisée dans une « boîte chic » où on « recevait des élèves non payants ». Elle y découvre « l’injustice sociale ». Etudiante à Strasbourg puis à Lyon, elle adhère en 1954 à l’Union nationale des étudiants de France et, l’année suivante, à l’Union de la gauche socialiste. En 1955, elle épouse un psychologue, Marc Bouchardeau (mort en 2013), avec lequel elle aura trois enfants.
Agrégée de philosophie en 1961, Huguette Bouchardeau enseigne cette matière dans un lycée de Saint-Etienne jusqu’en 1970, puis à l’université Lyon-II jusqu’en 1983. Elle milite activement dans le syndicalisme et rejoint le Syndicat national de l’enseignement secondaire. Au sein de la Fédération de l’éducation nationale, elle anime la section de la Loire et appartient au courant « Unité et action », proche du Parti communiste français, mais se dit hostile au jeu des tendances. En 1968, elle quitte ce syndicat pour entrer au Syndicat général de l’éducation nationale-CFDT, au sein de la minorité dite « révolutionnaire ». Cette même année, cette féministe fonde, avec d’autres militantes, le Mouvement de libération pour l’avortement et la contraception. Après avoir pris sa carte au Mouvement de libération du peuple, qui regroupe des catholiques de gauche, « Huguette », comme tout le monde l’appelle, participe avec son mari, en 1960, à la création du Parti socialiste unifié (PSU).
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Une loi sur les enquêtes publiques
Avec ses cheveux frisés comme un mouton, sa voix un peu rauque, Huguette Bouchardeau fait vite remarquer sa personnalité singulière. Elle n’a pas une haute idée des partis – « des empêcheurs de penser » – et mène le combat contre Michel Rocard. En janvier 1979, elle est élue secrétaire nationale du PSU, première femme à la tête d’un parti. Durant l’été, elle écrit en trois semaines un livre, Un coin dans leur monde (Syros, 1980), dans lequel elle règle leur compte à ses camarades, dont elle supportait mal l’arrogance. Tête de liste du PSU aux élections européennes de 1979, celle qui assure n’avoir jamais eu de « plan de carrière » est propulsée candidate à la présidentielle de 1981. Elle obtient 321 353 suffrages (1,11 %).
Mise en minorité au sein du PSU en septembre 1981, au point de devoir quitter le secrétariat national, son opposition jugeant sa ligne trop « zigzagante », elle prend sa revanche au congrès de décembre 1981. Huguette Bouchardeau fait adopter un « soutien critique » au gouvernement de Pierre Mauroy, estimant que sa « politique économique diffère sensiblement des choix imposés par la bourgeoisie dans les autres pays capitalistes ».
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Le 22 mars 1983, elle est nommée secrétaire d’Etat chargée de l’environnement et de la qualité de la vie. Comme baptême du feu, elle doit gérer l’affaire des fûts de dioxine provenant de Seveso (Italie) retrouvés à Anguilcourt-le-Sart, dans l’Aisne. Le 19 juillet 1984, dans le gouvernement Fabius, elle est ministre de l’environnement (jusqu’en mars 1986). La ministre, qui quitte le PSU en avril 1985, a laissé son nom à une loi sur les enquêtes publiques. Elle a consacré un livre à cette expérience, Le Ministère du possible (Alain Moreau, 1986), qualifiée de « régal » : « On prend une rivière qui est un égout et on la transforme en rivière propre en trois ou cinq ans, c’est merveilleux. »
Elue députée (apparentée PS) du Doubs en mars 1986 (réélue en 1988), Huguette Bouchardeau goûte peu le job : « Un parlementaire, ne sait pas bien à quoi il sert. » En 1993, elle ne se représente pas et s’installe à Aigues-Vives, dans le Gard, un village de 2 300 habitants, dont elle sera maire de 1995 à 2001. Premier acte : créer une crèche. Nouveau changement de vie en 1995 : elle fonde la maison HB Editions, centrée sur la littérature contemporaine. Elle y voit « une grande continuité entre l’activité intellectuelle qui était arrivée à [lui] faire écrire des livres et celle qui consistait à en publier ». L’écrivaine avait repris le dessus.
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1er juin 1935 Naissance à Saint-Etienne (Loire)
1979 Elue secrétaire nationale du PSU
1983 Secrétaire d’Etat chargée de l’environnement et de la qualité de la vie
1984-1986 Ministre de l’environnement
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3 septembre 1985 Huguette Bouchardeau inaugure la réserve des Hauts plateaux du Vercors ( Claude Veyret , délégué « FDSEA-dissidente-Confédération nationale des syndicats de travailleurs paysans » (CNSTP), du canton du Vercors puis du Diois en 1985 )
1995 Crée HB Editions
Lundi 18 mai 2026 Mort
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Huguette Bouchardeau était invitée aux » 25èmes Rencontres de Die et de la Biovallée » en janvier 2027.