Hélène Lacassagne, Présidente de la Ligue de l’enseignement
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Un criant besoin d’éducation populaire
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Tribune
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Dans un contexte d’exacerbation des injustices, de fragilisation des associations, de colportage des négationnismes, de concentration des moyens de la presse et de l’édition, la Ligue de l’enseignement, fidèle à ses cent soixante années d’existence, lance un appel républicain.
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Publié le 25 mai 2026
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Alors que notre République est percutée par les urgences sociales, écologiques et démocratiques sans que la puissance publique y apporte les réponses attendues, nombre de nos concitoyens ont le sentiment d’être oubliés, ce qui constitue un terreau fertile pour le populisme. Les nouveaux impérialismes menacent la paix. Nos repères fondamentaux sont submergés par les fake news, les vérités alternatives, les négationnismes.
Nous sommes toutes et tous déjà sensibilisés à la question de l’influence de chaînes d’information en continu et des réseaux sociaux, dominés idéologiquement par leurs puissants propriétaires. Au-delà, la concentration des médias et de l’édition, nous interpelle….
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l faut entendre les 600 professionnels du cinéma qui dénoncent cette emprise sur la création et la diffusion cinématographiques, redoutant non seulement une uniformisation des films, mais plus encore une possible extrême droitisation du récit.
Quelques jours auparavant c’étaient des auteurs qui quittaient Grasset, refusant ce qu’ils jugeaient comme une périlleuse mainmise sur leur maison d’édition. À quel moment la bascule s’effectue-t-elle ? À quel moment considérons-nous que les conditions mêmes de l’information des citoyens, et donc de l’exercice de la démocratie, sont mises en péril ?
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La Ligue de l’enseignement est née en 1866 pour vaincre l’ignorance, par la création d’une école publique laïque qui formerait les citoyens, afin que les milieux populaires ne soient pas privés de leur droit à un vote éclairé.
Aujourd’hui, pour que l’exercice de la démocratie ne soit pas un leurre, elle doit vaincre le mensonge.
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Laïque et apartisane, fidèle à son histoire, la Ligue agit contre la montée des idées des extrêmes droites, fondamentalement contraires aux valeurs de la République. Elle forme à l’esprit critique et fait vivre la fraternité.
Bien sûr, elle est aux côtés de l’école publique. Comment ne pas s’étonner aujourd’hui des propos tenus par un responsable de l’enseignement privé relançant le débat scolaire public/privé qu’on pensait définitivement enterré ? Le séparatisme scolaire est un séparatisme social. Les enfants qui fréquentent le privé sont à 55,4 % issus des catégories sociales les plus aisées. Or, à milieu social équivalent, c’est bien dans le public que les enfants ont le plus de chances de réussir ! Seule l’école publique accueille la mixité sociale.
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Il faut aujourd’hui l’affirmer. Dans un contexte d’exacerbation des injustices, de fragilisation des associations, d’émergence de discours hostiles à l’école de la République, de concentration des moyens de la presse et de l’édition, il y a dans ce pays un besoin criant d’école publique et d’éducation populaire !
L’école de la République doit être soutenue. Avec la plus grande énergie. Mais pas seulement. Elle mérite qu’on ait pour elle une véritable ambition, et singulièrement qu’on priorise la réduction des impacts des inégalités sociales sur la réussite des enfants, en soutenant la continuité éducative, et donc aussi l’éducation populaire. À l’heure où l’évolution démographique libère des moyens, pourquoi notre République ne ferait-elle pas le choix de conforter son école ?
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Les associations qui, sur tous les territoires, proposent aux enfants un projet éducatif laïque et émancipateur les aident à grandir. Elles les ouvrent au monde, leur permettent de s’y situer, et d’y agir. Celles qui rassemblent des personnes intervenant sur le quotidien des habitantes et des habitants de leurs territoires, pour développer avec eux les arts et la culture, pour les pratiques sportives, pour créer des espaces de débat organisés, agir dans le champ social, tisser des liens, servir des causes, permettent à toutes et tous d’exercer une citoyenneté active, de se trouver ici respectés. Elles ne peuvent subir ni la restriction de leurs libertés, ni la baisse de leur financement.
Aucune atteinte supplémentaire à leurs projets et à leur fonctionnement n’est supportable. C’est une réalité. Le besoin d’éducation populaire est criant. Pas pour les services rendus. Pas parce qu’ils le sont à moindre coût.
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Pas parce que les associations agiraient en « super-discount » de l’action publique. L’éducation populaire est indispensable pour que nous prenions ensemble soin de notre démocratie. L’éducation populaire sait faire société, à tous les niveaux de la société, fraternellement, et elle conjugue, au quotidien, liberté de conscience, action collective, et… espérance.
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Hélène Lacassagne, Présidente de la Ligue de l’enseignement
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Elodie FRANCE-LOPEZ – FOL Drôme