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Congrès de la CGT : comme prévu, Sophie Binet rempile pour un deuxième mandat

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La secrétaire générale a sans surprise recueilli une majorité de voix au congrès de Tours et reste numéro 1 du syndicat. Le rendez-vous des congressistes a pris fin vendredi 5 juin sur une image d’unité qui devrait servir pour la campagne présidentielle.

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Sophie Binet réélue secrétaire générale de la CGT, à Tours vendredi 5 juin. 
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Margo Magny

C’est un poil émue, presque fébrile, que Sophie Binet, officiellement reconduite comme secrétaire générale de la CGT, s’est avancée sur la scène du Parc des expositions de Tours (Indre-et-Loire). «Je n’ai presque pas dormi, donc il va falloir être sage, car les conclusions d’un congrès comme celui-ci, c’est important», a-t-elle prévenu avant d’entamer son discours de clôture en fin de matinée vendredi 5 juin. Rester sage lors du point final du 54e congrès ne devrait pas demander trop d’efforts «aux camarades», tant les cinq derniers jours se sont enchaînés dans un climat globalement apaisé, bien différent de l’ambiance houleuse de leur rendez-vous à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) il y a trois ans.

Alors que les congressistes se déchiraient sur la candidature de la dauphine de Philippe Martinez, Marie Buisson, Sophie Binet avait été élue par surprise et devenait ainsi la première femme à représenter la CGT. «Le mandat a été sportif […] mais la Commission exécutive confédérale (CEC) a su se mettre au service de l’organisation malgré la violence du 53e congrès», a enchaîné celle qui, en trois ans, est parvenue à redonner une certaine stabilité au syndicat vieux de 130 ans. Seule candidate en lice, sa reconduction ne faisait cette année aucun suspense, en témoigne son bilan adopté à une large majorité par le millier de congressistes mardi.

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Pas de suspens

«C’est plié», entendait-on ici ou là dans les allées du parc avant que le Comité confédéral national de la CGT – son parlement en quelque sorte – se réunisse dans la soirée du jeudi. Sur ses 13O membres, seuls trois ont voté contre sa candidature, sept se sont abstenus, et pas moins de 120 votes «pour» ont émergé. Le bureau de la secrétaire générale composé d’une dizaine de personnes reste sensiblement le même. Laurent Brun, de la CGT cheminots, reste par exemple administrateur, mais la liste se féminise un peu avec l’arrivée d’Agathe Le Berder (secrétaire générale à l’Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens depuis 2023) et Virginie Neumayer (élue à la CEC en 2023).

Si la semaine s’est achevée comme elle a commencé, dans une ambiance joyeuse, la scène éclairée par des spots rouges a quand même abrité des débats tendus, comme pour entretenir l’image contestataire du syndicat. Jeudi en fin de matinée, certains militants de la fédération de la santé et de l’action sociale, estimant ne pas avoir eu suffisamment de temps de parole lors d’un débat sur la sécurité sociale, ont envahi la scène sous les sifflets des congressistes. Un épisode que la secrétaire générale a tenu à désavouer lors de son ultime discours, expliquant à la tribune que «les huées ce n’est pas entre nous, mais pour les adversaires de classe». Passé le timide recadrage obligé, elle s’est réjoui que le document d’orientation qui fixe les priorités des années à venir ait été adopté à plus de 75 %.

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Une CGT «en pleine forme»

Le fil rouge de la CGT sera la défense de la Sécurité sociale, la coordination des luttes, la riposte contre l’extrême droite, mais surtout la lutte contre les déserts syndicaux, car la deuxième organisation du pays n’est pas épargnée par la chute globale du taux de syndicalisation. Pour préserver sa représentativité, l’enjeu sera entre autres de s’implanter dans les grandes entreprises du CAC 40, où la CGT est concurrencée par le syndicat des cadres, la CFE-CGC. Lunettes de soleil vissées sur le nez, Alexandre Fels, élu à l’union départementale CGT Essonne, est convaincu que Sophie Binet «son dynamisme, et sa communication moderne» auront les épaules pour ça. Selon l’ex-secrétaire générale de l’Ugict-CGT, qui représente les cadres, la quadragénaire casse l’image d’un syndicat uniquement ouvriériste. «Elle est dans sa génération et sait porter notre voix, notamment dans les nouveaux médias», poursuit le syndicaliste heureux que la syndicaliste rassemble à l’intérieur et à l’extérieur du syndicat. Les congressistes ont assisté à une scène rare mardi : tous les leaders des principales organisations – à l’exception de Frédéric Souillot (Force ouvrière) – sont venus assister au congrès, signe d’un lien intersyndical qui perdure depuis les mobilisations contre la réforme des retraites.

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La CGT aura l’occasion de démontrer son unité bien assez tôt, car plusieurs journées de mobilisation sont au programme, dont une semaine d’action pour l’augmentation des salaires à partir du 22 juin. En tribune, Sophie Binet a d’ailleurs profité de sa réélection pour sommer une énième fois le gouvernement «d’indexer tous les salaires sur les prix». Depuis l’augmentation mécanique du SMIC de 2,41 % le 1er juin, les syndicats dénoncent que ce minimum rattrape anormalement les grilles salariales. En pleine hausse des prix du carburant qui impacte le pouvoir d’achat, la numéro 1 a choisi de conclure en s’adressant au président du Mouvement des entreprises de France (Medef), Patrick Martin, et au Premier ministre, Sébastien Lecornu, asseyant ainsi un peu plus sa réputation de machine à punchlines : «Nous sommes en pleine forme, nous sommes rassemblés, nous avons mangé du lion.»

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Margo Magny

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