10 juin 2026
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Dérégulation des OGM : Les semences, la Démocratie et le vivant en danger.
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Le vivant peut-il devenir une propriété privée ? Alors que l’Union européenne s’apprête à assouplir l’encadrement des nouvelles techniques génétiques, une question fondamentale ressurgit : qui contrôle les semences contrôle l’alimentation. Derrière les discours sur l’innovation se dessine un affrontement entre biodiversité, démocratie et concentration du pouvoir économique.
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Dans le silence des laboratoires de biotechnologie, un basculement s’opère, aussi discret qu’irréversible. Il ne s’agit pas d’une simple avancée scientifique, mais d’une redéfinition ontologique du vivant. Pour comprendre l’impasse dans laquelle nous enferment les systèmes financiers mondialisés de l’agrobusiness, il faut d’abord plonger dans le code source de la matière végétale.
Les OGM, tels que définis par la directive 2001/18, ne sont pas des organismes améliorés par la sélection ; ce sont des objets industriels, des artefacts dont la genèse, l’architecture et la finalité répondent à une logique de propriété privée que nous retrouvons, par un mimétisme troublant, dans la gestion corrompue et affairiste de nos institutions, de nos chambres d’agricultures départementales aux bureaux d’autorisation de mises sur le marché de l’Union Européenne, l’EFSA, en passant par chacune des institutions républicaines, des mairies, des conseils départementaux et régionaux et parlementaires nationales et européennes.
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L’effondrement de la barrière naturelle
Le dogme de la « naturalité » est l’argument principal des technocrates de la semence. Ils affirment que l’évolution, par ses mutations aléatoires, fait la même chose que le génie génétique. Jouant à se prendre pour mère nature, ou peut être se trouvant des pouvoirs divins, ces savants fous au service de l’accaparement du marché de l’alimentation et du végétal mondial, se proposer de faire mieux que la Nature elle-même, tout en se reposant sur une compréhension aveugle de la science génétique.
Mieux que le vivant, que le temps et l’évolution des acclimatations naturelles des espèces dans leur milieu naturel ? C’est un mensonge. La sélection classique, cette patience millénaire du paysan, repose sur des mécanismes de recombinaison homologue garantissant la stabilité des génomes. Elle respecte la barrière des espèces. Une fraise ne se croise pas avec un poisson, non par manque de technique, mais par respect d’une intégrité biologique évolutive. Ce non-respect de la règle incomprise de la Vie est le nerf de cette guerre faite au vivant par des groupes dominants persuadés d’un savoir contesté depuis des décennies.
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L’OGM, à l’opposé de la patience paysanne, est le produit d’une transgression. La transgenèse, technique historique de cette révolution, consiste à s’affranchir de la reproduction sexuée pour introduire, par la force, une séquence génétique étrangère dans un noyau cellulaire. Là où la nature procède par coévolution, l’industrie procède par intrusion. En forçant le génome à intégrer des séquences issues de virus, de bactéries ou d’autres règnes, nous créons des chimères. Cette hybridation radicale n’a aucune place dans la taxonomie classique. Elle introduit une hétérogénéité qui, loin de renforcer la plante, fragilise l’équilibre global de l’écosystème dont elle dépend.
C’est pour cela, et parce que la modification des génomes végétaux est transmissible aux autres végétaux par pollinisation, que les OGM ont été interdits. Parce que cette force mystérieuse qu’est le cycle de cette coexistence, est au cœur de la biodiversité, le moteur de l’écosystème planétaire, que défendent les milliers de militants, experts scientifiques et cabinets d’avocats, défendent à corps et à cri, documentant sans cesse le danger immédiat et irréversible de son introduction dans le milieu naturel.
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L’artifice chimérique : bienvenu dans l’ingénierie de la contrainte.
Techniquement, la modification génétique, quelque soit son procédé, n’est pas un transfert, c’est un montage. Imaginez un code source informatique complexe : le génome de la plante. La modification génétique, qu’elle soit nucléaire, transgénique ou épigénétique est et restera une construction artificielle.
L’introduction d’un fragment d’ADN, souvent viral, comme par exemple le CAMV35S (issu du virus de la mosaïque du chou-fleur) agit comme un interrupteur verrouillé en position « ON ». Il court-circuite les mécanismes de régulation de la plante pour forcer l’expression continue du gène d’intérêt, peu importe les besoins métaboliques de l’organisme receveur. Cette action de modification génétique est incomparable avec le principe de vaccination tel que l’a nommé Pasteur. Il ne fonctionne pas par l’immunisation par présence, mais transforme le vivant pour modifier sa composition dans son composé moléculaire.
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Le code actif du génome est alors modifié, codant le vivant de l’intérieur comme par exemple pour la protéine insecticide (le gène B t) ou pour la tolérance à un herbicide (le fameux Roundup de Monsanto). Ces Végétaux Résistant aux Traitements Herbicides sont le cœur financier de cette vision chaotique de la prise de contrôle laborantine sur le Vivant. C’est la fonction ajoutée, le « programme » que l’on veut faire tourner dans la machine vivante. Le signal d’arrêt de la séquence. C’est aussi l’intérêt financier et lobbyiste d’une caste d’industriels, conscient que si une plante résiste aux poisons, et que le paysan dépend pour sa production de son produit, il devient le maitre du business, car toute Vie doit être alimentée, et que l’ordre du Monde est par essence lié à l’alimentation des peuples.
Le drame technique de cette guerre de contrôle sur les peuples et le pouvoir de l’argent qui en découle, réside dans l’aléa de l’insertion.
Contrairement à la sélection naturelle, l’insertion du transgène dans le génome de l’hôte se fait largement au hasard. Le transgène peut s’insérer au milieu d’un gène essentiel, perturbant des fonctions vitales, activant des gènes dormants ou éteignant des fonctions protectrices. Cette instabilité est telle que les techniciens doivent greffer des « gènes marqueurs » — souvent des gènes de résistance aux antibiotiques — pour pouvoir identifier, dans la boîte de Petri, quelle cellule a « réussi » à intégrer ce corps étranger. Nous sommes ici dans une logique de laboratoire, une ingénierie qui accepte l’aléa comme norme et l’instabilité comme effet secondaire toléré.
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Le brevetage du vivant comme verrou : la mise en captivité politique du vivant
Si la technique est une ingénierie, son but est financier, et demande un contrôle interne des instances de décision politique. Derrière chaque instruction de pesticides et de ces plantes parfois associées, il y a le brevet, et par essence, son autorisation de mise sur le marché. Le vivant, bien commun de l’humanité depuis l’aube de l’agriculture, est soudainement transformé en propriété intellectuelle et protégé par le secret industriel dans une opacité juridique et législative à rendre jaloux les pires des dictatures et dynastie tyranniques passées.
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Le statut juridique des OGM les assimile à des objets industriels. La semence, autrefois renouvelable par nature, devient une licence logicielle limitée. C’est ici que l’analogie avec le système financier mondialisé devient vertigineuse. Les multinationales semencières imposent une indissociabilité technologique : vous ne pouvez pas acheter la semence sans acheter l’herbicide associé. C’est un verrouillage physique et juridique qui lie le paysan, la terre et le capital.
Ce n’est pas de l’agronomie, c’est de la capture de rente. Une prophétie violente qui met en danger le Monde entier. Le paysan n’est plus un exploitant souverain, il est un terminal de réseau, un utilisateur sous contrat qui doit payer à chaque saison pour le droit de cultiver ce qui, biologiquement, devrait lui appartenir. Les juridictions reconnaissent la maladie professionnel de l’utilisateur, indemnisent, mais nul interdiction sans un tumulte étourdissant, allant dans certains pays jusqu’à l’assassinat, et en France, comme ce fut le cas pour d’éminent professeurs scientifiques, à la calomnie organisée.
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De l’obscurantisme aux réponses froides de la Justice
Il est factuel et largement documenté de parler de lobbyisme, dans l’ensemble du système politique français et même, mondial. Sans même se cacher, les Ministres Français de l’Agriculture sont toutes et tous, affiliés de prêts ou de loin à cette industrie vorace qui contrôle les terres, l’eau, les semences et plus largement le vivant. Dans une volonté de s’y opposer, des chercheurs aux activistes en passant par une minorité pourtant volontaire et déterminée d’élus, organisent la résistance.
J’ai moi même participé en tant que Faucheur Volontaire d’OGM à de nombreuses actions coup de poing. Arrivant à plusieurs dizaines pour arracher des plantes génétiquement modifiée, déposant nos listes de nom en gendarmerie pour obtenir un procès et ainsi avoir tribune pour faire reconnaitre le défaut respect de la loi par les industriels, nous avons obtenu de nombreuses victoires législatives protégeant la société des agressions industriels et affairistes qui osent s’auto-proclamer agriculture conventionnel.
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Alors que nous avions organisés entre 2018 et 2019 La « Campagne Glyphosate J’ai Des Pesticides Dans Mes Urines Et Toi ? », et déposé plus de cinq milles plaintes contre les personnes ayant réautorisé l’épandage du Glyphosate, ce pesticide le plus emblématique de cette guerre systémique contre le Vivant retrouvé dans plus de six milles corps, lors de tests d’analyses d’urines réalisés sous contrôle d’un huissier de Justice (aujourd’hui nommés Commissaires de Justice), la Justice à refusé d’instruire l’affaire considérant malgré la contamination involontaire factuelle de nos corps, considérant que rien ne pouvait alors conduire à déterminer d’où provenait la molécule présente.
Circulez il n’y a rien à voir. Un message qui, je crois, se passe de commentaire.
Les NTG ou le démantèlement du principe de précaution
Alors que depuis des années les OGM sont interdits, les fous de pouvoir et leurs savants préparaient inévitablement un moyen de contourner les lois en vigueur pour mener à bien leur mission de contrôle totale de l’alimentation mondiale et du vivant. Car aujourd’hui ce combat contre la Nature et l’évolution des contraintes des écosystèmes, se cristallise autour des « Nouvelles Techniques de Modification Génétique » (NTG), comme CRISPR/Cas9. Sous prétexte de « précision » — puisqu’on peut désormais « couper » l’ADN avec des protéines ciseaux — les lobbys exigent la déréglementation totale.
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Le discours est rôdé : ces techniques seraient « indiscernables » des mutations naturelles. une fuite en avant perpétuelle.
Ceux qui créés les problèmes nous vendent le remèdes. Les apprentis sorciers sont ceux qui créent les maux, aussi les guérisseurs. Au nom du changement climatique aggravé par le modèle agricole et la chute de la biodiversité à cause de l’attaque chimique de ce modèle, on nous vend la solution à une famine organisée, alors que l’on produit aujourd’hui de quoi nourrir douze milliards d’humain pendant que des enfants meurent de faim./ Au nom des épidémies massives de cancer et de crises des zoonoses et autres pandémies à prévoir au vue de l’appétit voraces des industries humaines, on nous explique qu’il vaut mieux essayer d’aller plus loin, plutôt que de s’arrêter dans l’avancée de destruction et réfléchir de nouveaux modèles de production.
C’est une imposture flagrante mais si puissante qu’elle trouve écho jusque dans nos repas de famille. Car même si la coupure des ciseaux génétiques protéiné est précise, l’acte de modifier le génome reste une intervention sur un système dynamique. Il n’existe aucune expérience véritable au recul suffisant. Ils inventent la sorcellerie, et pour prouver sa réussite organise la démonstration de long terme, sur un modèle d’accélération temporel qu’ils ont eux même validé. Un non sens.
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Les effets « off-Target » — les mutations imprévues ailleurs dans le génome — sont réels. Ils sont documentés. L’humain dans une arrogance destructrice se croit plus intelligent qu’un système de développement qu’il n’a jamais compris. Et la preuve de cet inconnu est que nul n’est aujourd’hui capable de déterminer l’origine de la Vie. Une fausse route scientifique qui promet la maitrise de ce qu’il ne sait définir.
Mais surtout, le danger est politique : car ce qui se joue aujourd’hui est l’effacement de la différence entre ce que l’humain aura créé et son incorporation sans traçabilité dans l’écosystème global. En supprimant l’obligation d’étiquetage et d’évaluation des risques, on prive le citoyen de son droit au savoir. On transgresse le principe scientifique fondateur des processus de création en outrepassant le principe constitutionnel de précaution.
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Le passage aux NTG est une tentative de transformer la planète entière en un laboratoire à ciel ouvert, sans garde-fou, sans traçabilité, et surtout sans responsabilité juridique pour les pollueurs. Ou plutôt si, celui d’être le propriétaire non pas de la maison Terre, mais bien au delà, par transmission inévitable des découpes génétiques, de revendiquer demain d’être le créateur de tout ce qui portera génétiquement la marque de sa création. Quand on explique que certains se prennent pour des dieux, ce n’est pas toujours juste une métaphore.
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Le parallèle politique : la modification génétique des droits fondamentaux
La République française comme l’Union Européenne possèdent leurs propres « code source » : les institutions, la Constitution, le droit, les règlements. Par la volonté d’effacer, ou plutôt de fondre ce que l’homme aura sans certitude de durabilité modifié, avec le vivant tel que le temps l’a façonner pour rendre possible la Vie sur cette planète, l’humanité dénature irrémédiablement le sens de la Vie.
Ce code génétique de l’harmonie nécessaire entre l’humanité et la Nature est aujourd’hui victime d’un hacking frontal par les forces financières mondialisées qui, comme les multinationales de la semence, ont inséré des « promoteurs viraux » dans nos lois pour forcer une politique de libéralisation continue, indépendante de la volonté du peuple. Sa transgression consiste à utiliser le code de la République — la légalité, le parlementarisme, le verbe — pour injecter une séquence étrangère au système : la souveraineté totale d’un groupe de personne sur l’ensemble du vivant.
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Par la pratique d’une « transgenèse politique », les forces vives de cet agrobusiness insèrent, par une rhétorique de rupture, des gènes de l’appropriation du système qui dépasse la mondialisation financière. La méthode est la même que celle des OGM : là où l’industrie modifie le vivant pour le servir au marché, c’est un brevetage politique de l’humanité et de son droit à vivre et manger par sa mise en pratique politique de ciseaux génétique pour asservir le vivant, et donc le peuple de la planète toute entière.
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Le danger de la récupération : quand le système s’adapte
Le risque, pour tout transgresseur, est celui de l’intégration. Pour les multinationales : elles tentent de faire passer les NTG comme des techniques « naturelles » pour éviter la régulation. C’est la même stratégie systémique que le système financier : il s’approprie les discours de « changement », de « transition » ou de « souveraineté » pour en vider la substance. pratique la novlangue pour annihiler l’esprit critique.
La transgression du dogme même de la Vie n’est réelle que si elle s’attaque au droit de propriété sur le code génétique de l’identité humaine et collective. Pour la semence, la seule solution c’est l’abolition des brevets sur le vivant. Pour la République, c’est l’abolition des verrous financiers qui contraignent la souveraineté. C’est la nécessité d’abolir le brevetage du vivant, les grands secrets des affaires, de l’industrie, de la banque et plus stratégiquement de ce secret défense national qui infantilise l’ensemble des citoyennes et des citoyens, exprimant que seule une élite est apte à gérer ce monde.
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La rupture totale et révolutionnaire que servent les militants pour une nouvelle république, comme ceux qui refusent que l’on cherche, dans la simple idée avant la mise en pratique, à dominer le vivant, n’est pas le chaos : c’est le retour au contrôle direct du code génétique de l’essence vitale, le laisser vivre de la biodiversité et de l’esprit, par ceux qui l’habitent.
Alors, si nous ne reprenons pas le contrôle sur la semence libre comme sur notre démocratie, nous finirons comme des OGM : une espèce sous licence, incapable de se reproduire par elle-même, dépendante de celui qui nous détient, qui nous nourrit tout et a par extension, droit de vie ou de mort sur chacun d’entre nous.
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Remerciements
Je tiens à remercier personnellement les membres des commissions de l’Institut Inf’OGM, le Réseau des Faucheuses et Faucheurs volontaires d’OGM, la Campagne Glyphosate France, le collectif Secrets Toxiques, Maître Guillaume Tumerelle ainsi que l’équipe du Cabinet Tumerelle Avocats, et l’équipe du livret Alimentation de La France insoumise pour leurs travaux, leurs analyses, leurs actions de terrain et leur contribution essentielle au débat public sur les questions relatives aux OGM, aux pesticides, à la souveraineté alimentaire et à la protection du vivant.
J’adresse également ma reconnaissance à toutes celles et tous ceux qui, chercheurs, paysans, juristes, militants, journalistes, élus ou simples citoyens, contribuent chaque jour à défendre l’intérêt général, la biodiversité et le droit des peuples à disposer librement de leur alimentation et de leurs semences.
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