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Grenoble-Gap : le Gouvernement va-t-il tenir sa promesse ?

Nouvel affront : le comité de pilotage du 22 octobre, réunion de la dernière chance pour voir se concrétiser les promesses de l’État, a été purement et simplement annulé. Le Gouvernement dit ne pas être en mesure de décider. Pourtant, les propositions techniques de SNCF Réseau sont claires et précises. Une nouvelle fois, le Collectif de l’étoile de Veynes se charge de rendre publiques les données que prétendent ignorer les plus hautes autorités ferroviaires.

Communiqué – lundi 21 octobre 2019

Décidément, le secrétaire d’État aux atermoiements ferroviaires s’en donne à cœur joie. Après l’échec du comité de pilotage du 26 septembre à Gap, dû à la mauvaise préparation de la réunion par les services de l’État, le comité de pilotage du 22 octobre à Grenoble constituait la date ultime pour voir se réaliser la promesse gouvernementale de lancer les travaux urgents sur la ligne Grenoble-Gap en 2020. Las, coup de théâtre : par un courriel laconique adressé mercredi dernier aux collectivités et élues participantes, le préfet de l’Isère a tout bonnement annulé le rendez-vous. Contacté par le sénateur Guillaume Gontard, il a indiqué jeudi que le Gouvernement n’aura rien décidé sur Grenoble-Gap à cette date. SNCF Réseau a déjà clairement annoncé que novembre était la date limite de réception des conventions pour lancer les travaux. Autant dire que la promesse faite la main sur le cœur par Jean-Baptiste Djebbari en septembre dernier dans le Dauphiné libéré est mal partie pour être tenue. Dans le silence total du Gouvernement. Y a-t-il encore un pilote dans l’avion ?

Brouillard et confusion

Le Collectif sera donc comme prévu devant la préfecture ce mardi pour obtenir enfin des actes ou à défaut, des explications sur le manquement à la parole donnée. Aux côtés des collectivités locales et de nombreux élus, il demande à être reçu en préfecture en lieu et place du comité de pilotage. De son côté, le président de Région Laurent Wauquiez a choisi lui aussi la voie du brouillard et de la confusion, en annonçant des travaux en 2021 et une participation régionale de 10 millions d’euros (autant que l’État, contre 6 millions proposés au COPIL de Gap le 26 septembre). Hélas encore une fois : moins d’une semaine plus tard en assemblée plénière, il revenait à une participation régionale d’un montant de 6 millions. Visiblement, plus la ligne se rapproche du précipice (officiellement, c’est toujours la fermeture en décembre 2020 qui est décidée), plus les pouvoirs publics se mettent à dire et faire n’importe quoi ! La démocratie ne se règle pas à coup de déclarations intempestives dans les journaux. La colère est grande dans l’ensemble des territoires traversés par la ligne.

Le problème n’est pas technique

Les données techniques sont pourtant simples. Alors que le Gouvernement semble encore attendre des diagnostics et autres rapports, le Collectif joue une nouvelle fois les intermédiaires pour faire passer les informations. Il livre dans une note au secrétaire d’État aux Transports les principaux éléments techniques, qui devraient lui permettre de prendre une décision. Déjà, en septembre dernier, le devis de travaux de SNCF Réseau était clair et précis. Puis, après l’échec du comité de pilotage de Gap, la direction du service « Infrapole » a proposé d’autres scénarios pour réaliser la première phase de travaux urgents. Ceux-ci sont précisément listés et chiffrés. Ce faisant, la direction confirme ce que disent les cheminots depuis longtemps : la date de fermeture en décembre 2020 pourrait être repoussée jusqu’à fin 2021, pour réaliser la première phase de travaux en 2022. Dans tous les cas, un arbitrage politique doit être pris rapidement, avant que ne s’enclenchent les processus internes à la SNCF qui rendront inéluctable la fermeture de la ligne dans un an. Après plus d’un an de myopie, le Gouvernement va-t-il enfin réussir à lire les diagnostics techniques pour prendre une décision ?

Contact presse : Lionel Perrin (07 81 87 81 14)

contact@etoileferroviairedeveynes.info

TRANSPORTS Fermeture de la ligne Grenoble-Gap, le Paris-Briançon menacé… les élus du Diois interpellent la SNCF

Croix-Haute et Clelles, en mai dernier, avec Jean-Baptiste Djebbari, alors député de la Haute-Vienne et rapporteur du pacte ferroviaire avant d’être nommé au gouvernement.  

Un report du train de nuit Paris-Briançon sur un Paris-Modane, la fermeture de la ligne Grenoble-Gap en 2020, la vision de la SNCF ne passe pas auprès des élus Diois.

Alain Matheron, maire de Lus-la-Croix-Haute, lui fait part de son émotion et de son indignation par rapport aux déclarations de SNCF Réseau. S’il a été rassuré par les déclarations du secrétaire d’État sur la nécessité de réaliser les travaux d’urgence sur la ligne Grenoble-Gap permettant d’éviter sa fermeture et d’offrir un itinéraire ferré de substitution au Paris-Briançon, il n’en a pas été de même des propos de la SNCF lors du comité de pilotage du 12 octobre à Gap.

En effet, le premier magistrat juge que la SNCF impose sa propre vision de l’aménagement du territoire en envisageant la fermeture de la ligne Grenoble-Gap en décembre 2020 et un report du train de nuit Paris-Briançon sur un Paris-Modane en train puis un transfert routier jusqu’à Briançon.

« Une lourde atteinte à l’image de la démocratie »

« En faisant fi de vos déclarations, SNCF Réseau porte une lourde atteinte à l’image de la démocratie déjà bien écornée dans l’opinion publique », écrit le maire à Jean-Baptiste Djebbari. Et de conclure : « Je suis un élu qui croit en la démocratie et en la parole de nos gouvernants. Alors qu’aujourd’hui sous votre impulsion les financements sont là, j’en appelle à votre autorité et celle du gouvernement pour faire traduire vos déclarations en prises de décisions. »

Inquiet également, Bernard Buis, sénateur LREM de la Drôme et élu du Diois, a fait de même en écrivant au secrétaire d’État en charge des Transports, concernant la mise en place de travaux urgents sur la ligne Grenoble-Gap, passant par Lus-la-Croix-Haute. Des travaux devraient pérenniser cette ligne ferroviaire et aussi permettre le passage du train de nuit Paris-Briançon lors de la fermeture de ligne Valence-Veynes pendant les neuf mois de travaux programmés en 2020. Et de préciser dans sa lettre : « Afin de clarifier la situation, je souhaiterais que vous puissiez apporter sans tarder une décision claire, précise et définitive qui soit de nature à satisfaire les usagers et qui soit mise en œuvre rapidement. »

Publié D.L.le 21/10/2019 à 06:04 | Vu 6601 fois

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