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Le nouvel engouement pour les résidences secondaires

Nous n’ aimons les résidences secondaires que pleines et habitées. L’après COVID va il voir celles-ci réhabilitées comme résidences premières ou mieux permettre l’installation des enfants ou petits enfants des propriétaires. MCD

Le marché des logements hors des grandes agglomérations repart avec des possibilités pour une grande variété de bourses… A condition de bien choisir l’emplacement.

 

Depuis début juin, l’immobilier a repris des couleurs et bon nombre de professionnels du secteur observent un véritable regain d’activité. Un sondage réalisé en mai 2020 par les notaires bretons auprès de 571 études montre, par exemple, une hausse de 45 % des consultations en vue d’un achat par rapport à mai 2019. Un quart des demandes concerne l’achat d’une résidence secondaire afin de pouvoir y passer les week-ends, les vacances ou quelques jours par semaine, si le télétravail est possible.

« La crise sanitaire a redonné ses lettres de noblesse à la campagne. Celle-ci était parfois un peu méprisée par rapport à des vacances passées dans des pays lointains mais tout le monde a eu conscience que le confinement a été mieux vécu à la campagne qu’en ville », analyse Bertrand Couturié, directeur de la société immobilière haut de gamme Barnes Belles Villes de France.

L’impossibilité, au moins pour quelque temps, de voyager loin pourrait d’ailleurs inciter une partie du public à se tourner vers ce type d’achat. Le réseau Sotheby’s International Realty France constate, lui aussi, un véritable engouement pour l’acquisition d’une résidence secondaire, notamment lorsqu’elle possède un jardin, une terrasse ou un balcon. « Les Français, contrairement à d’autres nationalités, préfèrent souvent y passer leurs vacances plutôt que de se rendre à l’étranger. En outre, le confinement a souligné l’intérêt de disposer d’un endroit protégé où l’on peut se réfugier et se ressourcer », estime Alexander Kraft, PDG du réseau d’agences immobilières de prestige.

Les secteurs les plus prisés sont le golfe du Morbihan, le bassin d’Arcachon ou la côte basque, mais la demande est aussi présente en Normandie, dans la vallée de la Loire, le Languedoc-Roussillon ou la Provence.

Des prix plutôt stables

Cet engouement va-t-il faire monter les prix ? « Pour l’instant, à la suite de la crise sanitaire, le marché immobilier n’est pas encore stabilisé. Nous saurons dans quelques mois à quel niveau il se situe », avance prudemment Claire Gueydan-O’Quin, associée chez Mazars. En Bretagne, six notaires sur dix constatent que les prix sont stables et que si les vendeurs sont raisonnables sur l’estimation de leur bien, ils n’acceptent pas facilement de négociation à la baisse. Les prix devraient donc rester plutôt stables dans les mois à venir.

Dans certains secteurs, le budget pour investir reste tout de même très élevé. C’est le cas de la Côte d’Azur où il faut compter 8 000 euros le m2 pour un appartement et 14 000 euros le m2 pour une maison à Saint-Tropez, soit des prix proches de ceux des quartiers parisiens les plus convoités.

Pour s’installer sur la côte basque, qu’il s’agisse de Biarritz ou de Saint-Jean-de-Luz, il faut prévoir un budget de 600 000 euros pour une maison de 100 m2 avec un jardin et la possibilité de tout faire à pied. Même chose pour les beaux appartements, comme ce duplex de 164 m2, situé non loin du centre-ville de Saint-Jean-de-Luz et tout près de la plage, proposé au prix de 655 000 euros.

Pour trouver des montants plus accessibles, il faut viser les villages de l’arrière-pays. « En s’éloignant de la côte, les prix deviennent très raisonnables. Si l’acquéreur a envie de campagne et accepte de prendre sa voiture pour aller se baigner, il faut compter 200 000 euros », estime Marion Bichambre, agent immobilier pour le réseau IAD au Pays basque. Une maison de 130 m2 située à Urcuit, à 14 km de Bayonne, avec un jardin de 800 m2 et des travaux de rafraîchissement à prévoir est ainsi proposée au prix de 245 000 euros.

En Bretagne, notamment dans le golfe du Morbihan, les prix se situent aux alentours de 3 000 euros le m2 pour une maison en bord de mer. Une maison de 109 m2 à Baden en très bon état et à proximité du golfe se vend même un peu plus de 380 000 euros. « En Bretagne Sud, il existe des possibilités pour tous les budgets depuis 200 000 euros pour une maison avec un jardin dans l’arrière-pays à plus de 600 000 euros pour une maison en front de mer dans des endroits comme La Baule, Pornic ou Pornichet », observe Julien Padiou, agent immobilier du réseau IAD en Loire-Atlantique.

Ailleurs… mais pas trop loin

En dehors de ces secteurs très recherchés, le budget à prévoir est plus raisonnable, même à proximité d’une métropole. Selon une étude réalisée en janvier et juin 2020 par le courtier en crédit Pretto sur 14 000 demandes liées à l’achat d’une résidence secondaire, la moitié des acquéreurs envisagent d’investir à moins de 170 km de leur domicile et 25 % à moins de 65 km.

Pour les habitants de l’Ile-de-France, des villes situées à une heure de train comme Tours, Orléans, Chartres, Reims peuvent, par exemple, être intéressantes. Dans ces villes, les prix immobiliers se situent aux alentours de 2 000 euros le m2, ce qui permet d’acheter une maison de 100 m2 bien située pour un montant de 200 000 euros. Même chose pour le Perche, situé à 150 km de Paris, où les prix sont inférieurs à 2 000 euros le m2.

A Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir), une maison se vend en moyenne 1 200 euros le m2, ce qui permet de bénéficier d’une surface de 150 m2 pour 180 000 euros. « Avec le confinement, une partie du public a fait des recherches sur des secteurs qu’il n’avait pas l’habitude de regarder et s’est rendu compte qu’en dehors des grandes villes, les prix sont généralement très raisonnables », résume Stéphane Debair, directeur général de Selexium, groupe de gestion de patrimoine.

Même à proximité des grandes métropoles comme Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes ou Rennes, il est possible de faire des affaires. Dans les villages situés au nord de Lyon et appréciés pour leurs maisons en pierres dorées, il faut compter 2 700 euros le m2, soit 458 000 euros pour une très belle maison de 169 m2 entièrement rénovée, avec piscine et tennis, vendue dans le village de Pommiers, à quarante minutes de la cité des Gones. Rappelons que dans Lyon intra-muros, les prix des logements se situent en moyenne aux alentours de 5 000 euros le m2.

Autour de Marseille, le Var et le Luberon peuvent être intéressants à regarder. Dans l’arrière-pays varois entre Brignoles et Toulon, il faut compter 2 600 euros le m2 pour une maison et 2 800 euros à l’Isle-sur-la-Sorgue, dans le Vaucluse. Autour de Toulouse, l’ensemble de la chaîne pyrénéenne permet d’investir à des prix qui se situent bien souvent en dessous de 2 000 euros le m2, soit moitié moins cher que dans le centre de la Ville rose. Quel que soit le budget prévu, il est important d’acheter au juste prix et, dans ce but, de bien se renseigner et de prospecter avec soin avant de s’engager.

Sources : Insee 2019 et étude réalisée par Pretto basée sur 14 000 simulations de crédits réalisées entre le 1er janvier 2019 et le 15 juin 2020 sur le site https://www.pretto.fr

3,3 millions

C’est le nombre de résidences secondaires en France, selon l’Insee. Cela concerne 9,5 % du parc de logements. Les personnes ayant l’intention d’acheter une résidence secondaire ces prochains mois souhaitent acquérir une surface moyenne de 90 m2 pour un prix de 160 000 euros (étude Pretto réalisée entre le 1er janvier 2019 et le 15 juin 2020). Près de neuf acquéreurs sur dix (87 %) choisissent l’ancien, leur moyenne d’âge est de 45 ans et leur revenu net mensuel de 2 500 euros avec un apport moyen de 28 000 euros. 60 % sont déjà propriétaires mais 27 % sont locataires.

Parmi les 25 villes qui comprennent le plus de résidences secondaires, on trouve Leucate (Aude), Le Grau-du-Roi (Gard), Cabourg (Calvados), Le Touquet (Pas-de-Calais) ou encore Le Lavandou (Var) ou Valras-Plage (Hérault) mais aussi Deauville (Calvados) ou bien des villes de montagne comme Megève et Morzine (Haute-Savoie) ou encore Bourg-Saint-Maurice (Savoie). Dans ces villes, le taux de résidences secondaires dépasse 70 % du nombre de logements (Insee).

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