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Planter un arbre…

Les associations Biovallée et Ecologie au Quotidien facilitent la replantation de plusieurs milliers d’arbres cet hiver 2020-2021. Quelques idées de base…

Vous venez de choisir les plants idéaux pour ce terrain collectif mais vous ne savez pas comment faire pour les planter ? Jardinier débutant ou chevronné, il suffit de vous munir d’une bêche, d’une bâche, d’un arrosoir… et de suivre les instructions de vos pépiniéristes ou d’une asso accompagnante comme Ecologie au Quotidien qui à planté déjà des  centaines d’arbres.

Les étapes d’une plantation

Imaginez un espace vide d’arbres, une friche, des buissons, une lande, une garrigue,  une jachère, etc… où des arbres fruitiers apporteraient un supplément de qualité au lieu, à la biodiversité et au nourrissage des animaux… Et des gens (avec des fruitiers). Ou de l’ombre à un jardin potager par ces temps caniculaires en Juillet-Août. De l’ombre pour pique-niquer, etc…

Creusez un trou

Faites un trou d’un diamètre 2 à 3 fois plus large et une fois et demi plus profond que les racines. Si le sol est engazonné, décapez la surface pour éliminer l’herbe et les racines.

Si votre sol est argileux, faites un trou plus large et moins profond. Utilisez une fourche-bêche (triandine) et ameublissez la couche du fond sans la retourner. Faites de même si le sol est difficile à défoncer : les racines apprécient d’avoir de l’aisance pour s’étaler. Si l’argile est très lourde, humide et non filtrante, prévoyez un trou beaucoup plus large ( 80 cm X 80 cm). Plus le sol est lourd, plus le trou doit être large et peu profond pour ne pas créer une piscine. En effet, il y a deux causes à la non-reprise d’un végétal : le manque d’arrosage et l’asphyxie des racines par excès d’eau.

En sol sableux et léger (bords de Drôme) donc filtrant, creusez à la bêche un trou 1.5 à 2 fois plus large et profond que la motte afin que les racines puissent s’étendre aisément.

Sur une bâche étendue à côté du trou, rassemblez la terre en 2 tas :

  • l’un constitué de la terre plus fertile et vivante de surface (les 30 premiers cm environ) qu’on appelle la couche arable, et qui servira en priorité pour reboucher le trou,
  • l’autre constitué de la couche de terre inférieure (moins fertile et plus ou moins stérile) qui servira, si besoin, à constituer la cuvette d’arrosage.

Pour connaître la qualité de votre sol, pressez une motte de terre dans votre main :

Si la terre forme un « boudin » quand vous ouvrez la main, c’est que votre terre est plus argileuse que sableuse.

Si elle s’effrite, c’est qu’elle est très sableuse.

Faites tremper les racines (pralinage)

Pour les plantes en racines nues, équilibrez seulement la longueur des racines en coupant les plus longues et raccourcissez celles qui auraient pu être blessées. Veillez à ce que la quantité de racines soit équilibrée par rapport à la ramure. Si besoin, raccourcissez certaines branches.

Tailler les racines afin que les coupes soient franches et que les racines soient proportionnelles à l’arbre  (60 cm X 60 cm de diamètre pour un arbre de 2 mètres. 40 cm X 40 cm de diamètre  pour un arbre de un mètre ). Avant de planter votre arbre ou arbuste en racines nues, trempez ces dernières dans du pralin.

Munissez-vous d’un récipient étanche plus grand que les racines (une grande poubelle noire) et remplissez-le de 1/3 d’eau, 1/3 de terre et 1/3 de fumier décomposé. Plongez les racines dans le récipient et maintenez le dans l’eau jusqu’à ce qu’aucune bulle d’air ne sorte plus. Sans cette opération, l’eau d’arrosage risque, après la plantation, de ne pas  pénétrer assez, provoquant ainsi le dessèchement de la plante.

Le pralin est un mélange de terre, terreau ou bouse de vache et d’eau que l’on peut fabriquer soit même. Ceci favorisera la production rapide de chevelure racinaire (radicelles) pour que la plante devienne autonome.

Préparez

Sortez la plante du pralinage.  Démêlez les racines en  les lissant. Les racines ne tourneront pas en rond et vous pourrez les étaler dans le trou. Il arrive  que les racines cherchant à s’étendre tournent en rond et forment une galette emmêlée appelée « chignon ». Il faut le supprimer avant la plantation pour éviter que les racines continuent de tourner.

Un arbre vigoureux peut-être couché net par un coup de vent, la base du tronc sectionnée au niveau du collet ou de la greffe. C’est le résultat de la plantation d’un sujet qui avait « chignonné ». Il est donc très important de bien démêler les racines.

Plantez

Mélangez votre premier tas de terre fertile avec du terreau ou du compost  (stoker cet hiver en prévision…) et commencez à remplir le trou avec ce mélange. Pour améliorer le drainage, vous pouvez aussi recouvrir le fond du trou d’une couche de matériau drainant type gravillons ou pouzzolane sur une épaisseur de 5 à 10 cm maximum.

Si le sous-sol est imperméable, prévoyez 5 cm supplémentaires pour faire une couche de drainage plus épaisse. Si le sous-sol est vraiment compact, faites quelques trous avec une barre à mine près de la périphérie. Ces trous seront remplis du même matériau drainant, pour permettre à l’eau de s’évacuer plus facilement

Installez votre plant dans le trou en étalant ses racines au maximum.

Allégez maintenant la couche inférieure de votre terre déposée sur la bâche. Si votre trou de plantation n’est pas totalement rempli, finissez de le reboucher avec cette terre avec les mottes d’herbes retirées en vous assurant que le tronc de l’arbre reste bien vertical. Le collet ou la greffe (point de jonction entre les racines et le tronc) doit se situer à minimum 5 centimètres au-dessus du niveau du sol (utilisez le manche de votre bêche pour vérifier) : si vous l’enterrez, l’arbre risque de pourrir et de mourir.

Attention au point de greffe : il délimite la frontière entre le porte-greffe (les racines), qui détermine la vigueur et l’adaptation de la plante au sol, et le greffon (aérien) qui porte les caractères de la variété. Si le point de greffe est enterré, le greffon peut émettre des racines et s’affranchir de son porte-greffe. Il ne doit pas être enterré à la plantation.

Faites un bourrelet de terre autour du trou que vous venez de combler, pour faire une cuvette qui empêchera l’eau d’arrosage de ruisseler loin de la fosse de plantation.

Tassez (pas trop)

Tassez la terre fermement, sans excès, avec les mains de préférence, pour ne pas trop la compacter (ou le manche de la pelle).

Arrosez (pas trop )

Versez deux arrosoirs d’eau, pour que la terre adhère bien aux racines, même par temps humide (compter environ 5 litres d’eau par 20 cm de hauteur).

Dès la fin de l’hiver, veillez à arroser régulièrement vos nouvelles plantations, au moins une fois par semaine (un arrosoir) jusqu’à l’automne suivant. Surveillez leurs besoins l’été suivant (surtout pour les arbres de l’année).

Apprenez à repérer les signes de manque d’eau sur une plante avant que les dégâts apparaissent. Un feuillage qui grise ou sèche, des fleurs qui fanent trop vite, une branche se désèche…

Tuteurer les plants :

Posez un tuteur en biais, face au vent dominant, si votre plante est en tige afin de ne pas rompre ses jeunes racines à la moindre brise.

Fixer l’arbre au tuteur avec un lien adapté (souple) pour ne pas blesser l’écorce. Les tuteurs doivent rester en place deux à trois ans, afin de laisser à l’arbre le temps de bien s’ancrer au sol. Il faudra veiller, en particulier au printemps et en septembre, à desserrer les liens pour ne pas gêner la circulation de la sève.

En jauge ?

Pour un arbre ou arbuste en racines nues, si vous n’avez pas déjà creusé le trou de plantation, enfouissez les racines dans des feuilles mortes, ou emmaillotez-les avec des chiffons humides ou sous une bâche. Une demi-heure d’exposition des racines au soleil ou au vent retarde la reprise d’un mois !

Une exposition d’un jour au gel, au soleil ou au vent peut tuer l’arbre.

Si vous vous y prenez trop tardivement : plantation en avril ou mai, vous pouvez mettre les arbres en jauge (ce que font les communautés des communes du Val de Drôme, de la Communauté des Commune du Diois ou la Communauté de Communes du Crestois et du Pays de Saillans CCPS)

Plantez des arbres adaptés au terroir (de préférence)

Le pH mesure l’acidité ou la basicité (alcalinité) d’une solution. Une solution à pH = 7 est dite neutre. Une solution à pH < 7 est dite acide; plus son pH s’éloigne de 7 vers 0, plus elle est acide. Une solution de pH > 7 est dite basique ; plus son pH s’éloigne de 7 vers 14, plus elle est basique (c’est à dire calcaire).  Par exemple Les châtaigniers apprécient les sols acides (pH 5,5 à 6) et sont allergiques au calcium actif même à petite dose. Un apport de terre acide est possible mais complique le travail.

Doit-on tailler à la plantation ?

La taille des arbres et arbustes n’est pas obligatoire à la plantation. Néanmoins, si la plante est trop touffue, vous pouvez supprimer quelques rameaux situés à l’intérieur, en les coupant le plus près possible des branches dont ils sont issus. Supprimez les branches trop petites, mal orientées ou parallèles à d’autres.

La taille de formation se pratique sur les jeunes arbres pour leur donner une forme harmonieuse qui s’élargie vers l’extérieur. Supprimez les branches trop petites, mal orientées ou parallèles à une autre, pour ne privilégier que les charpentières (les plus grosses) et les branches secondaires.

Il vaut mieux ne pas tailler les arbustes lors de la création d’une haie : un feuillage abondant favorisera leur enracinement.

Pour pratiquer une taille  douce de transparence : la technique consiste à tailler la ramure à partir de l’intérieur de l’arbre ou de l’arbuste en préservant la silhouette extérieure. La plante, ainsi sculptée minutieusement est respectée, tout en allégeant et structurant sa silhouette. Cette taille en transparence permet, outre son aspect esthétique et naturel, de préserver une vigueur juvénile aux arbres et arbustes en augmentant leur robustesse et leur résistance aux maladies. La lumière et la pluie qui parviennent plus facilement au sol permettent d’installer et de préserver une grande diversité botanique.

Attention  particulière : un mulch ou paillis.

Protéger vos arbres des chevreuils (et lapins et lièvres)  qui mangent l’écorce et des sangliers qui  ravagent la terre travaillée.  Et les paillages plein de vers. Grillages, produits éloignants comme les peindre avec un mélange d’agile et bouse et appareil solaire pour apeurer les animaux sont parfois utiles (en vente à Gamm-vert de Die).

N’hésitez pas à pailler ou mulcher (sur 20 à 30 cm d’épaisseur et 2 mètres de diamètre) vos arbres afin qu’ils gardent l’humidité l’été (si canicule).

Le mulching est une technique de tonte où l’on peut ramasser l’herbe et la déposée uniformément autour des arbres. Compost et paille font très bien en mélange au tour des arbres. Eviter que ce mélange touche le tronc ce qui favoriserait son infection bactérienne en cas de blessure ou fermentation.

Renaturer

Entre chaque arbre planté à 5 ou 6 mètres de distance, planter des arbustes (vignes, framboisiers, cassissiers,  groseilliers, ou fleurs. Ainsi les animaux (lézards, hérissons, carpeaux, etc…) et oiseaux reviendront  comme dans une haie (trame verte). La beauté fait partie du travail. Comme la vie régénérée…

Enfin il y a des incompatibilités entre arbres… Saules et tilleuls se gênent… Les grands arbres en général  s’indisposent… mais s’entraident aussi. Les mycéliums, qui couvrent parfois plusieurs mètres carrés, sont connectés à différentes plantes via des réseaux mycéliens souterrains et reçoivent 20 % à 40 % des sucres produits par ces dernières. Ces réseaux mychoriziens favorisent les transferts multidirectionnels de nutriments (notamment de carbone) entre différents végétaux (n’appartenant pas forcément à la même espèce). On en apprend tous les jours sur nos sœurs les plantes et nos frères les arbres.

Claude Veyret

claude.veyret26@gmail.com

29 décembre 2020

Photos : arrachage de 714 arbres en février-mars 2020 et replantation en Biovallée- François Gölher

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