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La fermeture du Musée de la Résistance de Romans-sur-Isère jugée « abjecte »

La décision de la maire de la ville a suscité un mouvement d’indignation parmi les habitants et d’anciens combattants.

Habituellement, les cérémonies d’hommage aux faits de la Résistance sont des moments œcuméniques. C’est pourtant sous les huées que s’est déroulée, dimanche 22 août, la célébration des 77 ans de la libération de Romans-sur-Isère (Drôme).

En cause : la décision de la maire (Les Républicains), Marie-Hélène Thoraval, de fermer le musée municipal consacré à la Résistance et à la déportation. Annoncée en début d’année et effective depuis mai, la fermeture ne passe pas auprès des associations d’anciens combattants et d’un certain nombre d’habitants, qui dénoncent « une décision politique abjecte ».

Selon la municipalité, c’est le caractère « obsolète » du musée qui impose sa fermeture

Créé en 1972 par d’anciens résistants, issus notamment du maquis du Vercors tout proche, le centre est modeste. Il occupe quelque 250 mètres carrés dans un ancien couvent de la ville, partagé avec le Musée international de la chaussure, dont la production a fait la renommée de Romans-sur-Isère.

Photo : Nous sommes retrouvés à plus de 250 au champ de mars pour clamer notre indignation face à la fermeture annoncée par la mairie du musée de la Résistance; ce en amont de la cérémonie officielle commémorant le 77e anniversaire de la libération de Romans par les résistants locaux .
Toutes les interventions des officiels ont été interrompues par des broncas indignées ,chaude ambiance !
La minute de silence à la mémoire des résistants morts pour cette libération a été parfaitement respectée .
Notre ami Pascal Djemaa nous relaie ces qq photos 
Liberté pour le musée .
Gérard Calisti

Sur les murs et dans les vitrines, quelques objets côtoient des documents d’époque, notamment des armes utilisées par les maquisards. L’approche se veut didactique, avec un parcours qui emmène le visiteur « de la montée du nazisme à la Libération ». Mais la scénographie n’a pas évolué depuis 1994, date de la dernière rénovation des lieux.

Nécessaire « devoir de mémoire »

Selon la municipalité, c’est ce caractère « obsolète » qui explique la faible fréquentation du musée – « quelques centaines de visiteurs par an » – et impose sa fermeture, alors qu’un vaste projet de rénovation de l’ancien couvent de la Visitation est programmé. « L’obsolescence de l’espace muséographique a conduit les professeurs à préférer des visites scolaires au musée voisin de Vassieux-en-Vercors, plus complet que le site romanais », avance la ville, dans un communiqué publié le 19 août. Une explication qui fait hurler les associations, mettant en avant un nécessaire « devoir de mémoire ».

Soucieuse d’éteindre la polémique, Mme Toraval, qui n’a pas souhaité répondre au Monde, propose de créer un « concept novateur » pour remplacer l’actuel musée. « La muni

Au Musée de la résistance et de la déportation de Romans-sur-Isère, en 2017.

cipalité mettra à la disposition des établissements scolaires qui en feront la demande des expositions thématiques sur la seconde guerre mondiale, en provenance des grandes institutions chargées de la Résistance ou de la déportation, complétées par les objets provenant des collections préservées de l’ancien musée », explique la municipalité.

Ce projet « fera l’objet d’une concertation avec les personnes concernées et devrait être présenté dans le courant de l’automne ».

Un concept de « musée itinérant » qui ne convainc pas les partisans du centre, regroupés en comité de défense. « La disparition de ce musée est une atteinte à la mémoire de ceux qui l’ont créé avec le souci de perpétuer le souvenir de cette période tragique, si importante pour notre histoire locale et nationale, ainsi qu’un profond mépris envers tous ces résistants qui ont combattu au péril de leur vie pour la libération du pays », expliquent-ils. Lancée en mai, une pétition demandant la réouverture des lieux a recueilli près de 22 000 signatures.

Sauvegarde du Musée de la Résistance en Drôme et de la Déportation de Romans / Isère

Comité de défense et de développement du Musée de la Résistance en Drôme et de la Déportation a lancé cette pétition adressée à Mairie de Romans sur Isère et à

                                      NON À  LA  FERMETURE DU

               MUSÉE DE LA RÉSISTANCE ET DE LA  DÉPORTATION

 

Cette pétition fait suite à la décision unilatérale du maire de Romans de fermer de façon arbitraire le Musée de la Résistance en Drôme et de la Déportation de Romans sur Isère.

Le 19 mai, jour de réouverture post-confinement des édifices publics, plusieurs membres du comité de défense du Musée, qui s’était constitué après l’annonce de la municipalité de déplacer le Musée aux archives municipales, se sont présentés devant les portes du Musée à l’heure d’ouverture.

Comme ils le pressentaient, alors que le Musée de la chaussure ouvrait ses portes, celles du Musée de la Résistance restaient fermées.

Ces deux Musées cohabitent dans l’espace visitation depuis leur création. Le Musée de la Résistance a été créé en 1972 à l’initiative d’anciens Résistants dont il ne reste aujourd’hui qu’un seul survivant.

Depuis l’annonce du transfert du Musée aux archives municipales, nous avions des craintes quant à son avenir. Dans un courrier en date du 07/04/2021, Ludovic Guigal et Laurent Jacquot, chargés du devoir de mémoire à la municipalité, écrivaient : « L’espace visitation à Romans dans lequel s’inscrit le Musée de la Résistance, est au cœur d’un vaste projet de rénovation. Le site ne sera plus accessible pour plusieurs années dès que les travaux commenceront »

Or, les travaux n’ont pas commencé. La fermeture du Musée de la Résistance n’est donc pas liée aux travaux sinon le Musée de la chaussure n’aurait pu ouvrir.

Il s’agit d’une décision politique abjecte qui conduit à la disparition du Musée de la Résistance et de la Déportation. Si on avait un doute, le site internet du Musée a également été fermé.

La disparition de ce Musée est une atteinte à la mémoire de ceux qui l’ont créé avec le souci de perpétuer le souvenir de cette période tragique, si importante pour notre histoire locale et nationale, ainsi qu’un profond mépris envers tous ces Résistants qui ont combattu au péril de leur vie pour la libération du pays.

Quelles peuvent être les motivations de ces élus pour prendre cette décision inique ?

Notre ville ne peut que s’enorgueillir de posséder un lieu de mémoire, où les événements locaux et nationaux de cette période tragique contribuent à perpétuer le devoir de mémoire.

Comité de défense et de développement du Musée de la Résistance en Drôme et de la Déportation de Romans sur Isère. 5, impasse André Chénier 26100 Romans

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