Albi : un acteur majeur des manifs anti-pass emporté par le Covid-19
L’Albigeois Jean-François Marche, 67 ans, poète, photographe et acteur majeur des manifestations contre le pass sanitaire, vient de disparaître, victime du Covid.
Engagé dès juillet dernier, tous les samedis à Albi, dans les manifestations anti-pass et contre la vaccination obligatoire pour les soignants, créateur de l’opération « Livres en liberté » pour soutenir les non vaccinés interdits d’entrée à la médiathèque, Jean-François Marche vient de disparaître. Fauché en pleine santé par le variant Delta du coronavirus, hospitalisé à Albi le 26 novembre dernier, il s’est éteint moins de trois semaines plus tard.
L’ancien objecteur de conscience refusait de se soumettre à des injonctions contraires à ses convictions. Il n’était pas vacciné, même s’il n’était pas opposé, par principe, à tout vaccin.
« J’ai dix ans de plus que lui, c’est lui qui m’a dit de me faire vacciner à cause de mon âge », témoigne Rosette, l’épouse dont il était séparé depuis plusieurs années mais qu’il continuait à aider. « Aujourd’hui, je voudrais faire comprendre aux gens qu’il faut se faire vacciner », insiste Rosette, le visage grave, dans sa maison de la Maladrerie à Abi. « Il était plein de vie, n’avait pas de problèmes de santé… Il ne croyait pas que ça pouvait lui arriver », déplore son épouse dans la peine.
« On misait sur l’immunité naturelle »
« Il était en super-santé », confirme Antonia, l’amie de Jean-François, engagée comme lui dans les mouvements anti-pass. Atteint en même temps que son compagnon, elle est aujourd’hui guérie sans avoir dû être hospitalisée. « On savait que ça pouvait nous arriver. Autour de nous, on a eu des copains touchés, mais ils s’en sont sortis. On ne connaissait pas de proches atteints par le Covid qui en soient morts », témoigne-t-elle.
« On n’était pas vacciné ; on était dans l’attentisme de voir ce que donnaient le vaccin et les soins de la maladie… Pour le vaccin, on se posait la question ; on repoussait. On misait sur l’immunité naturelle, on pensait qu’on la renforçait », explique l’Albigeoise en rendant hommage à son ami.
Poète, photographe, chroniqueur sur Radio Albigès, fidèle de la MJC et du Frigo, Jean-François témoignait encore il y a peu dans nos colonnes (La Dépêche du 31 octobre 2021). Il s’occupait d’une caisse de solidarité ouverte au profit des personnels non vaccinés et suspendus.
« Il était visiteur de malade et en 2020 il s’était mobilisé face à l’interdiction des visites. Il avait le souci des personnes isolées. Il était toujours en relation avec les autres, très engagé comme auprès des Gilets jaunes. Il était très affecté par les divisions, les conséquences de la situation sur la société et le fait de devoir renoncer à l’essentiel de la vie ensemble ».
Aujourd’hui rétablie, dans le deuil, Antonia refuse que l’on instrumentalise le décès de Jean-François. « Si la vaccination avait été obligatoire, on s’y serait soumis. Mais je ne crois pas que ça aurait été plus simple » soupire-t-elle.
