
Samedi 09 Avril
Quels liens les Voconces pouvaient-ils entretenir avec leur environnement, ce territoire qui prendra le nom de Diois ? Venez participer à une balade durant laquelle nous lirons le paysage du Diois tel qu’auraient pu le lire nos ancêtres de l’époque gauloise. RdV à 13h45 Porte Saint Marcel, dite Porte Romaine, au local d’Ecologie au Quotidien (3 rue St-Marcel à Die) – Prix LibreInscription au lien suivant : ==> Lien Internet |
David Gourdant

David Gourdant, un conteur passionné et passionnant

cliquez sur l’image ci-dessus
(petite) Présentation de notre barde…
David Gourdant est un des membres fondateurs de l’association IGLIS, bien avant la création de la branche ANDARTA dédiée à la Drôme.
Tout comme les origines irlandaises de l’association (voir l’historique), l’Irlande est le pays maternel de David, où il a suivi une partie de sa scolarité,
avant d’y retourner pour se lancer en tant que guide-conférencier, en 1990.
C’est néanmoins à Grenoble et dans les Alpes qu’il suivra ses études pour devenir guide culturel expert de l’arc alpin, de France jusqu’en Slovénie, ayant notamment occupé le poste de guide des monuments historiques de Briançon.
Spécialiste de l’Irlande et de la culture celtique, il décide cependant de renouer avec son pays paternel et revient vivre en France 16 ans plus tard. C’est en 2008 qu’il se fixe dans le village de Saillans, au cœur de la Drôme. Ce village qui fut celui de sa grand-mère, de ses premières années d’école, et de toutes ses vacances d’été entouré par sa famille française.
Très vite il reprend l’intérêt qu’avait sa grand mère, professeur d’histoire et écrivaine, pour le patrimoine du village, et étend son champ d’étude à la Drôme tout entière. Encore occupé par ses activités de guide en Irlande, et de conférencier à travers toute la France, il décide de valoriser son art du récit.
Son style de guidage a très tôt été influencé par ses échanges avec les « Seanachai », les détenteurs du savoir et de la tradition orale irlandaise, qu’on peut associer aux conteurs, même s’il existe un héritage direct avec les bardes de l’époque celtique. L’art de la parole, et la passion de transmettre un savoir de manière orale, vont l’emmener à monter sur scène très fréquemment.
Pour reprendre une citation propre à David :
« Le récit est la forme ancestrale de transmission des savoirs entre les humains. C’est avant tout ce qui donne du sens aux faits, c’est à dire aux données. Malgré notre époque de la communication des données brutes, de l’open data, le récit reste indispensable pour établir des liens, créer du sens. La tradition orale, personnifié par le conteur, est la plus ancienne et la plus naturelle des formes d’enseignement. Elle est faite pour donner autant d’émotions qu’elle apporte de connaissance… »
David est l’artisan derrière le montage et la programmation de nos sorties, qu’il anime ensuite avec un sens inné du contact, à travers des visites contées qui se basent autant sur son savoir que sur son aptitude à nous émouvoir.
Les Voconces — en latin Vocontii — sont une fédération de peuples gaulois installés dans les Préalpes.
Ils sont battus par les légions romaines entre 125 et 118 av. J.-C. lors de la conquête de la province de Narbonnaise. Ils figurent à ce titre sur les marbres capitolins, à Rome, donnant les noms des peuples vaincus durant ces opérations militaires. Sous l’Empire, ils constituent des civitates.
Avant la conquête romaine
Ce peuple occupait un territoire important qu’il avait pris aux Ligures au IVe siècle et qui englobait le Vercors au nord, les contreforts du mont Ventoux au sud-ouest, Manosque au sud-est et Embrun à l’est, réparti sur 5 départements actuels (Drôme, Isère, Hautes-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence, Vaucluse). Les Voconces étaient membres d’une fédération comprenant les Avantiques et les Sogiontiques. La limite orientale de leur territoire passait probablement par le col des Granons, Strabon écrivant dans sa Géographie (IV, 1, 3 et 12) : « Le pays des Voconces commence au point [de la via domitia] où commence la montée des Alpes », point généralement identifié avec le col des Granons.
Tite-Live, dans sa narration du passage des Alpes par Hannibal, fait suivre à celui-ci la lisière du territoire des Voconces. Ce texte soulève toutefois des difficultés pour le concilier avec celui de Polybe.
De la défaite face à Rome à l’organisation en civitas
À la fin du IIIe siècle, Rome devient la première puissance de Méditerranée occidentale et établit un traité d’amitié avec Massilia. Au IIe siècle, Rome intervient pour protéger celle-ci et sécuriser les liaisons terrestres entre ses possessions d’Italie et Hispanie. En 125 av. J.-C., M. Fulvius Flaccus mène une dure campagne contre les Ligures, les Salyens et les Voconces et les légions romaines doivent revenir plusieurs années de suite : c’est finalement le successeur de Flaccus, C. Sextius Calvinus, qui triomphe de ces peuples en 122 av. J.-C.
Pendant la guerre de Sertorius, le propréteur M. Fonteius est nommé par Pompée pour maintenir la Gaule transalpine sous la tutelle du Sénat romain. Il mène une expédition chez les Voconces : ses méthodes autoritaires lui vaudront, en 69 av. J.-C., d’être accusé de concussion et violence par ses administrés. Les Voconces font partie des plaignants ; Cicéron prononce pour la défense du gouverneur le discours Pro Fonteio.
Dans le courant du Ier siècle av. J.-C., les Voconces signent avec Rome un traité d’amitié (fœdus) qui leur permet de garder une certaine autonomie et leurs institutions traditionnelles : on trouve ainsi un prætor et un sénat à la tête de cette civitas, assistés par des præfecti envoyés dans les circonscriptions périphériques (les pagi), lesquels sont conseillés par des assemblées locales (vigintiviri). Des édiles et des esclaves publics complètent cet organigramme administratif. Dès cette époque, les chefs-lieux nommés par Pline sont Lucus Augusti, l’actuelle Luc-en-Diois, et Vasio Vocontiorum, l’actuelle Vaison-la-Romaine.
Une inscription conservée au musée Calvet d’Avignon honore un évergète, l’equite Caius Sappius Flavus, qui légua à la cité des Voconces une somme considérable destinée à fournir des intérêts ainsi qu’une autre somme pour décorer le portique devant les thermes de la cité
Sous l’Empire
Plusieurs parties de territoires sont détachées temporairement de la civitas:
- de 69 au IIe siècle, les Avantiques forment une civitas séparée ;
- au IIe siècle, les Sogiontiques sont également autonomisés.
Mais au IIIe siècle, la cité des Voconces est reconstituée. Et c’est finalement à la fin du IVe siècle que la civitas des Voconces est découpée en quatre civitates plus petites :
- Gap et Sisteron deviennent capitales de deux nouvelles civitates, rattachées à la province de Narbonnaise seconde ;
- Vasio reste capitale mais d’une civitas séparée, Die supplantant l’antique Lucus comme capitale de la civitas Deensium. Cette ville, qui fut honorée du statut de colonie, s’entoura d’un rempart au Bas-Empire et devint le siège d’un évêché (325). Audentius, évêque de Die au Ve siècle, portait le titre d’évêque des Voconces.
Le diocèse de Vaison subsistera jusqu’à la Révolution française.
Bibliographie
- Jean Charles François Ladoucette, Archéologie de Mons Seleucus, ville romaine dans le pays des Voconces, aujourd’hui Labatie-Mont-Saléon, 1806.
- Vallentin du Cheylard Florian, Le culte des matræ dans la cité des Voconces d’après les monuments épigraphiques. mythologie gauloise., 1880.
- Joseph Sautel, L’Onomastique des Voconces et ses transformations après la conquête romaine d’après les inscriptions, 1944.
- Jean Arniaud et Léon Derey, Balthazar et les Voconces : Récit de Haute-Provence, 1975.
- Jacques Planchon, Michèle Bois et Pascale Réthoré, Carte archéologique de la Gaule, 26 – La Drôme, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres / Maison des Sciences de l’Homme, Paris, 2010 (voir l’introduction p. 113-122).
- Bernard Rémy, Henri Desaye et alii, Inscriptions Latines de Narbonnaise, VII, les Voconces, 1, Die, Gallia, XLIVe suppl. (ILN), CNRS Éditions, Paris, 2012 (voir l’introduction p. 26-52).
- Lionel Pernet (dir.) et Réjane Roure (dir.), Des rites et des hommes : Les pratiques symboliques des Celtes, des Ibères et des Grecs en Provence, en Languedoc et en Catalogne, Paris, Errance, coll. « Archéologie de Montpellier Agglomération » (no 2), 2011, 288 p.
- José Gomez de Soto, Pierre-Yves Milcent et al., « La France du Centre aux Pyrénées (Aquitaine, Centre, Limousin, Midi-Pyrénées, Poitou-Charentes) : Cultes et sanctuaires en France à l’âge du Fer », Gallia, vol. 3, t. 60, no 1, 2003, p. 107-138 ,
- Stephan Fichtl, La ville celtique : les oppida de 150 av. J.-C. à 15 apr. J.-C., Paris, Errance, coll. « Hespérides / histoire-archéologie », 2005, 2e éd. (1re éd. 2000), 238 p.
- Dominique Garcia, La Celtique méditerranéenne : habitats et sociétés en Languedoc et en Provence (VIIIe – IIe siècle av. J.-C.), Arles, Errance, coll. « Les Hespérides », 2014, 2e éd. (1re éd. 2004), 247 p.
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