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Guerre en Ukraine

La Russie envahit l’Ukraine. Suivez en direct l’actualité de ce nouveau bras de fer en Europe

19h08
La Russie réplique après la perte de son vaisseau amiral

Au lendemain du naufrage de son vaisseau amiral en mer Noire, la Russie a promis d’intensifier ses frappes en réponse à des attaques qu’elle qualifie de terroristes. Des tirs ont visé le fabricant des missiles avec lesquels les Ukrainiens disent avoir coulé le navire.

18h36
Le croiseur russe Moskva a bien été coulé par deux missiles ukrainiens

Le croiseur russe Moskva a bien été coulé par deux missiles ukrainiens, a déclaré vendredi un haut responsable du Pentagone, soulignant que c’est «un gros coup dur» pour la Russie.

«Nous estimons qu’ils l’ont touché avec deux Neptune», a indiqué à quelques journalistes ce haut responsable ayant requis l’anonymat, démentant ainsi la version de Moscou qui affirme que son navire amiral sur le théâtre ukrainien a été «gravement endommagé» par un incendie.

18h11
Russie : un journaliste en détention pour un article sur des policiers refusant d’aller en Ukraine

La justice russe a ordonné vendredi le placement en détention provisoire, dans l’attente de son procès, d’un journaliste sibérien qui a affirmé que onze membres de la police antiémeutes russe avaient refusé de prendre part à la campagne militaire de la Russie en Ukraine.

Cet homme, qui est le rédacteur en chef d’un site internet de la région sibérienne de Khakassia, est accusé d’avoir diffusé «délibérément des fausses informations» sur les forces armées russes, a expliqué le Comité d’enquête de la Fédération de Russie dans un communiqué.

S’il est reconnu coupable, ce journaliste risque jusqu’à 10 ans de prison, selon le Comité d’enquête.

Au début de la semaine, les enquêteurs ont perquisitionné son appartement et saisi 15.000 dollars et plus de 1.200 euros en liquide, a affirmé le Comité d’enquête.

L’antenne locale de cet organisme n’a pas fourni le nom du journaliste, mais il s’agit apparemment de Mikhaïl Afanassiev, le rédacteur en chef du site d’informations Novyi Fokus (Nouveau Focus) dont le siège se trouve dans la région de Khakassia.

Début avril, Mikhaïl Afanassiev, citant des sources, avait dit que onze membres des forces spéciales antiémeutes OMON du ministère de l’Intérieur avaient subi des pressions des autorités après avoir refusé d’être envoyés en Ukraine.

L’article de M. Afanassiev avait été abondamment cité dans les réseaux sociaux. Vendredi, le gendarme russe des médias a bloqué la version russe du site du Moscow Times, un média indépendant qui a cité l’article de M. Afanassiev.

«La Russie a bloqué vendredi le service en langue russe du Moscow Times après la publication de ce que les autorités considèrent comme une fausse information sur des policiers antiémeutes refusant d’aller combattre en Ukraine», a expliqué le journal sur son site internet.

M. Afanassiev, 45 ans, avait auparavant affirmé qu’il n’avait pas l’intention de quitter la Russie.

«Je ne m’apprête pas à fuir le pays, je suis obstiné et compte mener le combat», avait-il déclaré à l’AFP.

Connu pour sa couverture de thématiques sensibles à Khakassia, il a dû faire face pendant des années à des poursuites pour diffamation en raison de son approche indépendante des sujets traités.

Aux termes de lois récemment votées, publier des informations sur le conflit en Ukraine considérées comme fausses par les autorités est puni de lourdes peines pouvant aller jusqu’à 15 ans de prison.

17h42
Sept morts et 34 blessés dans des bombardements russes sur Kharkiv

Au moins sept personnes ont été tuées et 34 autres blessées dans des bombardements russes sur une zone résidentielle à Kharkiv, grande ville du nord-est de l’Ukraine, a annoncé vendredi le gouverneur régional.

«Les occupants ont tiré sur l’un des quartiers résidentiels de la ville de Kharkiv. Malheureusement, 34 personnes ont été blessées, dont trois enfants. Sept personnes ont été tuées, dont un enfant de sept mois», a déclaré sur Telegram Oleg Sinegoubov.

17h30
La Macédoine du Nord expulse à nouveau des diplomates russes

La Macédoine du Nord a annoncé vendredi l’expulsion de six diplomates russes accusés d’enfreindre les règles diplomatiques. Skopje avait pris des mesures similaires contre Moscou il y a quinze jours déjà.

«Sur le fondement d’informations obtenues auprès des institutions compétentes, les (diplomates) cités menaient des activités incompatibles avec la convention de Vienne» qui encadre les rapports entre les Etats, a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. Le ministère n’a fourni aucune précision sur les reproches faits aux intéressés qui ont cinq jours pour quitter le minuscule pays des Balkans.

L’ambassade de Russie a déclaré que ces accusations étaient «totalement infondées» et mis en garde contre de «graves conséquences» de cette décision sur les relations bilatérales. «La Russie prendra des mesures, pas forcément symétriques, mais significatives, en réponse à cette mesure», a écrit la représentation russe sur Twitter.

Skopje avait déjà ordonné l’expulsion de cinq diplomates russes fin mars.

Membre de l’OTAN

L’ancienne République yougoslave a adhéré à l’OTAN en 2020 après l’ajout par le pays du qualificatif «Nord» à son nom afin de résoudre un long différend avec la Grèce, qui revendiquait l’usage exclusif du nom de Macédoine pour sa province septentrionale.

Suite à l’invasion de l’Ukraine fin février, la Macédoine du Nord s’est jointe aux sanctions imposées à la Russie par l’Union européenne. Skopje a désigné la Russie comme un «Etat hostile».

De nombreuses chancelleries ont expulsé des diplomates russes, en particulier en Europe, depuis le début de la guerre.

17h26
Moscou expulse 18 membres de la représentation de l’UE en Russie

Moscou a annoncé vendredi l’expulsion de 18 diplomates de la représentation de l’Union européenne en Russie, en représailles à une mesure similaire prise par Bruxelles à la suite de l’offensive du Kremlin en Ukraine.

«En guise de représailles aux actions inamicales de l’Union européenne, 18 membres de la Représentation de l’UE en Russie sont déclarés personae non gratae et doivent quitter le territoire russe au plus tôt», a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

Il précise avoir convoqué dans la journée le chef de la mission de l’UE en Russie, Markus Ederer, pour dénoncer l’expulsion, début avril, de 19 membres de la représentation russe auprès de l’Union européenne.

17h19
Le PAM (ONU) demande un accès aux villes ukrainiennes encerclées

Le Programme alimentaire mondial (PAM), l’agence spécialisée de l’ONU, a demandé vendredi un accès aux zones de conflit et villes assiégées en Ukraine afin de soulager leurs populations.

Le PAM, basé à Rome et qui opère en Ukraine depuis le début du conflit, affirme avoir fourni une aide alimentaire à 1,4 million de personnes, selon un communiqué de l’agence onusienne.

Il n’a pas été cependant autorisé à accéder aux zones de conflit, notamment la ville portuaire de Marioupol, dans le sud du pays, où encore quelque 100.000 personnes, selon le PAM, sont encerclées par l’armée russe, et la ville de Mykolaïv, à l’est d’Odessa, lourdement bombardée.

«Nous demandons à tout le monde de nous donner l’accès dont nous avons besoin pour atteindre les habitants des villes assiégées», a déclaré le directeur exécutif du PAM, David Beasley, cité dans le communiqué.

«C’est une chose lorsque les gens souffrent des ravages de la guerre. C’en est une autre lorsqu’ils meurent de faim», a-t-il ajouté à l’issue d’une visite de trois jours en Ukraine.

Le PAM assure vouloir livrer de la nourriture à 2,3 millions de personnes en avril, mais qu’il a besoin d’un accès sécurisé pour le faire.

Dans les zones autour de la capitale Kiev d’où l’armée russe s’est retirée, comme Boutcha, Gostomel ou Irpin, l’agence distribue des pâtes, du riz, de l’huile de cuisson et des conserves de viande aux civils.

Plus de sept millions de personnes sont déplacées à l’intérieur de l’Ukraine et les chaînes d’approvisionnement normales permettant de livrer de la nourriture à la population sont «brisées dans de nombreuses régions», a également mis en garde le PAM.

17h00
95% des victimes de Boutcha tuées par balle, selon la police de la région de Kiev

La quasi-totalité des personnes retrouvées mortes à Boutcha, près de la capitale ukrainienne, ont été tuées par balle, a déclaré vendredi le chef de la police de la région de Kiev Andriï Nebitov.

«95% des gens ont été abattus avec des fusils de haute précision ou d’autres armes légères» dans cette banlieue du nord-ouest de Kiev, a déclaré le responsable lors d’un point de presse.

«Pendant l’occupation (russe), les gens étaient abattus dans les rues (…) Au 21e siècle, il est impossible de cacher de tels crimes. Non seulement des témoins ont vu cela, mais cela a également été enregistré en vidéo».

Des gendarmes français travaillent actuellement à Boutcha, aux côtés d’enquêteurs ukrainiens, pour mettre en place une procédure d’examen et d’identification des corps.

Les habitants de Boutcha ont enterré eux-mêmes les victimes pendant l’occupation de la ville par l’armée russe, qui s’en est finalement retirée le 30 mars, après près d’un mois de présence.

Selon le maire de Boutcha, Anatoli Fedorouk, plus de 400 corps au total ont été découverts dans sa ville depuis le retrait des troupes russes.

Quelques jours après le départ des troupes russes, des journalistes de l’AFP ont vu 20 corps d’hommes habillés en civil, l’un les mains liées, éparpillés dans une rue. Des dizaines d’autres ont été découverts depuis, tout comme plusieurs fosses communes.

Les massacres de Boutcha ont suscité l’émoi et des condamnations dans le monde entier, et poussé les alliés de Kiev à prendre de nouvelles sanctions contre la Russie.

16h50
«La guerre est partout», déplore le pape François

«La guerre est partout», a déclaré vendredi le pape François, qui présidera dans la soirée le «Chemin de Croix» au Colisée, à Rome, pour la première fois depuis 2019, marqué par un message de paix face à la guerre en Ukraine.

«En ce moment, en Europe, cette guerre nous touche beaucoup. Mais regardons un peu plus loin. Le monde est en guerre, le monde est en guerre ! Syrie, Yémen, puis pensez aux Rohingyas expulsés, sans patrie. Il y a la guerre partout», a déclaré le pape lors d’une interview à la chaîne de télévision italienne Rai 1.

«Je comprends les gouvernants qui achètent des armes. Je ne les justifie pas, mais je les comprends. Parce que nous devons nous défendre», a également affirmé le souverain pontife, évoquant la présence d’un «plan de guerre caïniste». «Nous vivons avec ce plan démoniaque, [qui dit] de s’entre-tuer par désir de pouvoir, par désir de sécurité, par désir de tant de choses», a-t-il dénoncé.

Ferme opposant à l’usage des armes, Jorge Bergoglio a déjà fait référence au personnage biblique, fils aîné d’Adam et Eve, ayant tué son cadet, notamment dans ses multiples dénonciations de la guerre en Ukraine.

Dans l’après-midi, le pape de 85 ans présidera à la basilique Saint-Pierre la messe de la passion du Christ, point d’orgue du Vendredi Saint, avant de se rendre au Colisée où débutera à 21H15 (19H15 GMT) le traditionnel Chemin de Croix, pour la première fois depuis 2019.

Temps fort de la semaine sainte dans la tradition chrétienne, le parcours de la «Via Crucis» fait revivre le calvaire de Jésus, de sa condamnation à mort à sa crucifixion, sa mort et sa mise au tombeau.

Lors de cette cérémonie, deux femmes, russe et ukrainienne, ont été invitées à porter la croix ensemble sur l’une des 14 stations, une initiative qui a soulevé les réserves de l’ambassadeur ukrainien près le Saint-Siège et des autorités religieuses dans ce pays.

Jeudi, le Saint-Père s’est rendu à la prison de Civitavecchia, au nord de Rome, où il a lavé les pieds de 12 détenus.

Samedi soir, il présidera la veillée pascale à la basilique Saint-Pierre, puis la messe de Pâques dimanche matin sur la place homonyme, à l’issue de laquelle il effectuera la traditionnelle bénédiction «Urbi et Orbi».

16h21
Une candidature de la Finlande à l’Otan «très probable»

Il est «très probable» que la Finlande dépose une candidature à l’Otan, en conséquence de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, a affirmé vendredi la ministre finlandaise des Affaires européennes, Tytti Tuppurainen.

«C’est très probable mais la décision n’a pas encore été prise», a dit la ministre sur la chaine britannique Sky News alors que la diplomatie russe a averti Helsinki, et Stockholm, qu’une telle mesure aurait des conséquences pour ces pays et la sécurité européenne.

Mercredi, lors d’un déplacement en Suède, qui réfléchit également à une adhésion, la cheffe du gouvernement finlandais Sanna Marin avait indiqué que le choix d’une candidature serait pris «d’ici quelques semaines», après un débat parlementaire.

Pour le pays nordique, qui compte une frontière de 1.300 kilomètres avec la Russie, rejoindre les 30 membres de l’alliance menée par les Etats-Unis apporterait une dissuasion «considérablement plus grande» contre une attaque de son voisin, a relevé le «livre blanc» sur le sujet, rendu public il y a deux jours.

Tytti Tuppurainen, ministre finlandaise des Affaires européennes

«Les Finlandais semblent avoir pris leur décision et il y a déjà une énorme majorité en faveur d’une adhésion à l’Otan», a affirmé Mme Tuppurainen.

En effet, le soutien à l’adhésion, qui stagnait autour de 20-25% depuis des décennies en Finlande, a presque triplé, au-delà des 60% voire 70%.

Au Parlement aussi, une nette majorité se dessine. Parmi les députés ayant déjà fait connaître leur position, une centaine sur 200 sont en faveur d’une adhésion et seulement 12 sont contre, selon les pointages des médias locaux.

«Etre membre de l’Otan ne peut renforcer leur sécurité nationale. De facto, (la Finlande et la Suède) seront la première ligne de l’Otan», a affirmé vendredi une porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, dans un communiqué.

La veille déjà, l’ex-président russe et actuel numéro deux du Conseil de sécurité russe Dmitri Medvedev a affirmé que si la Finlande ou la Suède rejoignaient l’Otan, la Russie renforcerait ses moyens militaires, notamment nucléaires, en mer Baltique et près de la Scandinavie.

16h18
Le croiseur russe victime de missiles ukrainiens, scénario crédible

L’hypothèse selon laquelle des missiles ukrainiens ont frappé le navire amiral russe Moskva, comme le revendique Kiev, est un scénario crédible, s’accordent nombre d’experts. Moscou assure que le croiseur a coulé en mer Noire à la suite d’un incendie.

La Russie affirme que son navire lance-missiles long de 186 mètres a été «gravement endommagé» par un incendie qui a provoqué l’explosion de munitions. Le Moskva a ensuite sombré pendant son remorquage vers le port de Sébastopol, «dans des conditions de mer agitée», selon le ministère russe de la Défense, cité par les agences russes.

Une version des faits mise en doute sur Twitter par le général américain en retraite Mark Hertling, qui note «des vents de 6km/h et un peu de pluie ces 24 dernières heures dans la région de Sébastopol».

Missile Neptune

Le porte-parole du Pentagone John Kirby s’est abstenu jeudi de confirmer l’origine de l’incendie à bord du Moskva, tout en estimant «possible qu’ils l’aient touché avec un missile Neptune», qui dispose d’»un rayon d’action suffisant pour atteindre le Moskva ».

Ce missile antinavire ukrainien est entré en service dans les forces ukrainiennes en mars 2021, selon la presse ukrainienne. Le Neptune est une évolution du missile anti-navire soviétique Zvezda Kh-35, avec des performances nettement améliorées.

Tiré depuis une batterie à terre, ce système de défense côtière aurait un portée d’environ 300 kilomètres. Le missile ne démasque son radar qu’en phase avancée d’approche de sa cible, pour se protéger au maximum des contre-mesures ennemies, explique une source militaire occidentale.

Défenses antimissiles «datées»

Ces contre-mesures peuvent être de deux ordres: soit via le brouillage du radar du missile (guerre électronique), soit en détruisant le missile avec une muraille d’obus tiré par un système d’arme rapproché de type américain Phalanx, nommé Duet dans sa version russe. On ignore si le Moskva disposait de l’un ou l’autre de ces dispositifs.

Une certitude toutefois, selon H. Eldon Sutton, expert à l’Institut naval américain, «les défenses anti-missiles du Moskva étaient datées». Outre des missiles antinavires Vulkan et des missiles mer-air Fort de type S-300, le bâtiment russe était équipé de missiles courte portée Ossa et de canons anti-aériens.

«Il semble que le Moskva soit le seul des navires de sa classe encore en service à n’avoir pas reçu lors de sa modernisation de nouveaux radars capables de repérer efficacement des cibles volant à faible altitude comme les missiles anti-navire Neptune», souligne le site d’information russe Meduza, basé en Lettonie.

Mouvements prévisibles

Autre facteur de vulnérabilité: «le croiseur Moskva effectuait des mouvements relativement prévisibles dans la mer Noire» depuis le début de l’invasion russe, souligne H. Eldon Sutton.

«La question est de comprendre pourquoi la Russie gardait ce bâtiment si près des côtes sans savoir si les missiles antinavire Neptune ukrainiens étaient en service», ajoute Rob Lee, expert de l’Institut de recherche de la politique étrangère (FPRI) à Washington.

Les frappes russes depuis la mer sont efficaces mais limitées en nombre (…) et la perte du Moskva ne va sans doute pas constituer un revers majeur. Mais si elle est confirmée, la capacité de l’Ukraine à frapper les navires de guerre en mer Noire pourrait forcer les Russes à déployer des moyens de défense aérienne supplémentaires à bord de ses bâtiments ou à éloigner ces derniers des positions proches de la côte ukrainienne», commente l’Institut américain pour l’étude de la guerre (ISW).

Armes supplémentaires

«Avant ce plausible tir de missile ukrainien, les Russes n’avaient pas la supériorité arienne, ce qui constitue une condition sine qua non pour lancer une opération amphibie. Aujourd’hui, ils sont moins que jamais prêts à le faire», commente pour sa part un haut gradé de la Marine française.

D’autant que les forces du président Volodymyr Zelensky pourraient prochainement recevoir des armes supplémentaires pour garder leurs côtes. En visite à Kiev samedi, le Premier ministre britannique Boris Johnson s’est engagé à fournir à l’Ukraine des missiles antinavires Harpoon.

16h02
Le cap des 35’000 réfugiés est dépassé en Suisse

La Suisse a passé le cap des 35’000 réfugiés accueillis venant d’Ukraine. Le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) annonce vendredi avoir enregistré 35’139 personnes. C’est 3139 de plus que la veille.

Parmi eux, 28’314 réfugiés ont obtenu le statut S, précise le SEM. Soit 586 de plus en 24 heures.

Au total depuis le début de l’invasion russe le 24 février, plus de cinq millions de personnes ont fui l’Ukraine selon les chiffres du Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR). Le HCR recensait exactement 4’796’245 réfugiés vendredi. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), environ 215’000 non-Ukrainiens ont également fui le pays.

Les chiffres de vendredi sont en hausse de 59’774 par rapport à ceux publiés jeudi. Il s’agit de la plus importante crise des réfugiés en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Des réfugiés ukrainiens à Rehetobel, dans le canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures, le 8 avril 2022.
Des réfugiés ukrainiens à Rehetobel, dans le canton d’Appenzell Rhodes-Extérieures, le 8 avril 2022.

Plus de 2,7 millions de réfugiés ukrainiens – soit près de six sur dix depuis le début de la guerre – ont fui vers la Pologne. Plus de 725’000 ont atteint la Roumanie.

Selon les chiffres du HCR, près de 645’000 Ukrainiens ont fui en février, près de 3,4 millions en mars et plus de 760’000 depuis début avril.

Les femmes et les enfants représentent 90% des réfugiés, les hommes âgés de 18 à 60 ans étant appelés sous les drapeaux et ne pouvant donc pas partir. Près des deux tiers des enfants ukrainiens ont été contraints de quitter leur foyer, en comptant ceux qui qui se trouvent encore dans le pays.

Les quelque 215’000 ressortissants de pays tiers ayant fui l’Ukraine – des personnes n’étant citoyennes ni de l’Ukraine ni du pays dans lequel elles sont entrées – sont pour la plupart des étudiants et des travailleurs migrants.

Outre les réfugiés, l’OIM évalue à 7,1 millions le nombre de personnes déplacées à l’intérieur même de l’Ukraine.

Avant l’invasion, l’Ukraine comptait 37 millions d’habitants dans les territoires contrôlés par Kiev qui n’incluent donc pas la Crimée (sud) annexée en 2014 par la Russie, ni les zones de l’est sous contrôle des séparatistes prorusses depuis la même année.

15h50
La situation sur le terrain au 51e jour

Moscou a essuyé un lourd revers au 51e jour de la guerre avec le naufrage du croiseur Moskva, le navire amiral de la flotte russe de la mer Noire, frappé par des missiles antinavires ukrainiens selon Kiev.

Les combats se poursuivent dans l’est ukrainien ainsi que dans la ville portuaire de Marioupol (sud-est). La capitale Kiev a quant à elle été la cible de plusieurs bombardements.

Les revers militaires en Ukraine pourraient inciter le président russe Vladimir Poutine à recourir à une arme nucléaire tactique ou de faible puissance dans ce pays, a prévenu jeudi William Burns, le chef de la CIA, principale agence de renseignement américaine.

William Burns à Washington, le 10 mars 2022.
William Burns à Washington, le 10 mars 2022.

Voici un point de la situation, à partir d’éléments des journalistes de l’AFP sur place et de déclarations officielles ukrainiennes et russes, de sources occidentales, d’analystes et d’organisations internationales.

Le sud

Le croiseur Moskva a coulé en mer Noire, a annoncé jeudi soir le ministère russe de la Défense. Selon Moscou, il a été touché par un incendie qui a fait exploser des munitions. Pour Kiev, il a été victime d’une attaque de missiles. L’équipage de 500 personnes a été évacué, assure la Russie.

La perte du croiseur Moskva est «un coup dur» pour la flotte russe dans la région, a déclaré jeudi le porte-parole du Pentagone John Kirby.

Le croiseur Moskva au large de la Syrie, le 17 décembre 2015.
Le croiseur Moskva au large de la Syrie, le 17 décembre 2015.

L’est

La Russie a accusé jeudi l’Ukraine d’avoir bombardé deux villages russes frontaliers, dont un avec des hélicoptères, et d’avoir fait huit blessés, dont un bébé. Des affirmations invérifiables qui font craindre une nouvelle escalade dans le conflit. Kiev a rejeté ces accusations.

Dans la plus grande région du Donbass, celle de Donetsk, où «des combats se déroulent sur toute la ligne de front», trois personnes ont été tuées et sept blessées, selon la présidence. L’autre région de ce bassin minier, celle de Lougansk, a elle été le théâtre de 24 bombardements qui ont fait deux morts et deux blessés, a-t-on précisé de même source.

Sept civils ont été tués et 27 blessés jeudi dans des tirs russes sur des bus d’évacuation dans la région de Kharkiv, a annoncé vendredi le parquet général ukrainien.

Kiev et le nord

Dans la région de Kiev, une frappe a gravement endommagé dans la nuit une usine fabriquant des missiles antinavire Neptune, que l’armée ukrainienne assure avoir utilisés contre le bâtiment russe, ont constaté vendredi des journalistes de l’AFP.

Le ministère russe de la Défense a annoncé la destruction d’un atelier de production de missiles dans l’usine Vizar.

La Russie a assuré vendredi que les frappes sur la capitale ukrainienne allaient être intensifiées pour répondre aux attaques menées en territoire russe dont elle accuse l’Ukraine.

Bilan humain

Aucun bilan global récent des victimes n’était disponible, mais le nombre de civils tués se compte très vraisemblablement en milliers.

C’est à Marioupol (sud-est) que pourrait être enregistré dans l’immédiat le plus lourd bilan humain de cette guerre. Les autorités ukrainiennes ont évoqué quelque 20’000 morts.

Une résidente de Marioupol marche aux abords d'un camion endommagé portant le symbole de l'armée russe, le 13 avril 2022.
Une résidente de Marioupol marche aux abords d’un camion endommagé portant le symbole de l’armée russe, le 13 avril 2022.

Le porte-parole du ministère russe de la Défense a affirmé vendredi que l’artillerie de Moscou avait tué des «mercenaires polonais» dans le nord-est de l’Ukraine, ce qui risque de renforcer les tensions déjà vives entre Moscou et Varsovie.

Sur le plan militaire, le Kremlin a récemment admis des «pertes importantes». Le 25 mars, Moscou avait reconnu la mort de 1351 soldats pour 8825 blessés. Certaines sources occidentales vont jusqu’à 12’000 morts.

Côté ukrainien, le dernier chiffre officiel date du 12 mars, avec «environ 1300» militaires tués. Un bilan qui n’a plus aucun sens.

Cinq prisonniers ukrainiens ont été libérés contre cinq russes dans un nouvel échange de prisonniers avec la Russie, a annoncé Kiev.

Réfugiés et déplacés

Plus de 4,7 millions d’Ukrainiens ont fui leur pays depuis l’invasion déclenchée par le président russe Vladimir Poutine le 24 février, selon les derniers chiffres du Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) vendredi.

L’Europe n’a pas connu un tel flot de réfugiés depuis la Deuxième guerre mondiale.

Des réfugiées à Medyka, dans le sud-est de la Pologne, le 10 avril 2022.
Des réfugiées à Medyka, dans le sud-est de la Pologne, le 10 avril 2022.

L’ONU estime aussi à 7,1 millions le nombre de déplacés à l’intérieur du pays. Au total, ce sont donc presque 12 millions de personnes, soit plus d’un quart de la population, qui ont dû quitter leur foyer soit en traversant la frontière pour gagner les pays limitrophes, soit en trouvant refuge ailleurs en Ukraine.

15h22
Un embargo européen sur le pétrole russe «va prendre des mois»

L’Union européenne se prépare à cesser ses achats de pétrole à la Russie pour sanctionner la guerre en Ukraine, mais la mesure est «complexe» et va prendre «plusieurs mois», ont confié vendredi à l’AFP plusieurs sources européennes.

«L’adoption de mesures sur le pétrole impose de déboucler les contrats existants, de trouver des alternatives et d’éviter leur contournement. Cela ne va pas se faire du jour au lendemain. Il faudra au moins plusieurs mois», a expliqué un responsable européen impliqué dans les discussions. «La Commission réfléchit aux options», a-t-il indiqué. Parmi celles-ci, le versement des paiements sur un compte bloqué.

Photo d'illustration

«Restreindre la demande va augmenter les prix», ont insisté plusieurs ministres et hauts fonctionnaires interrogés par l’AFP. «Les États-Unis sont très sensibles au prix du pétrole», a souligné l’un d’eux. «En outre, si la Russie vend à d’autres acheteurs le pétrole refusé par les Européens, la sanction ne servira à rien», a averti un autre.

Le président russe Vladimir Poutine a appelé mercredi à diversifier les débouchés pour livrer les ressources énergétiques de la Russie «aux autres régions du monde qui en ont vraiment besoin».

Les Européens tentent d’éviter un contournement de leurs sanctions par la Chine et l’Inde et leur ont fait comprendre qu’il sera «difficile pour l’UE d’accepter des partenaires qui sapent les santions», a précisé un diplomate européen.

L’UE a décidé le 8 avril de cesser ses achats de charbon à la Russie, de fermer ses ports aux navires russes et d’interdire l’exportation de nombreux biens et technologies.

«Pour la première fois, l’Europe a touché à l’énergie, ce qui n’était pas évident. Le pétrole et le gaz vont suivre», a assuré l’un des responsables. Mais il faut «conserver l’unité» entre les 27, a-t-il insisté. La Hongrie, la Slovaquie et la Bulgarie achètent leur pétrole à la Russie et il faut «les convaincre pour les garder à bord», a-t-il souligné.

La Russie exporte deux tiers de son pétrole dans l’UE. En 2021, elle a fourni 30% du brut et 15% des produits pétroliers achetés par l’UE.

15h01
La Russie bloque le site en russe du «Moscow Times»

La Russie a bloqué vendredi la version russe du site du «Moscow Times», média indépendant respecté, en l’accusant d’avoir publié de «fausses informations» sur le conflit en Ukraine, dernier exemple de la répression contre les médias.

«La Russie a bloqué vendredi le service en langue russe du «Moscow Times» après la publication de ce que les autorités considèrent comme une fausse information sur des policiers anti-émeutes refusant d’aller combattre en Ukraine», a déclaré le journal sur son site, ajoutant qu’il n’avait pas été notifié de cette décision.

Le gendarme russe des télécommunications Roskomnadzor a confirmé sur son site le blocage, indiquant avoir appliqué une requête du parquet datant du 12 avril.

Surtout connu pour sa version en anglais – qui reste accessible – et fondé en 1992, le «Moscow Times» était le premier quotidien occidental à avoir été publié en Russie. Son édition papier a cessé de paraître en 2017, sur fond de difficultés économiques et de révolution numérique.

Le blocage visant son site en russe illustre l’ampleur de la répression mise en place par les autorités russes depuis le déclenchement de l’offensive de Moscou en Ukraine, le 24 février.

Dans les semaines qui ont suivi le début de l’attaque, la plupart des médias indépendants qui continuaient tant bien que mal de travailler ont été bloqués ou se sont sabordés sous la pression. En outre, plusieurs réseaux sociaux comme Twitter, Facebook et Instagram ont été rendus inaccessibles.

La majorité de la population russe n’a plus accès qu’aux médias russes, dont la plupart se font les porte-parole de la propagande du Kremlin.

14h51
Vu sur les réseaux: Joe Biden sort l’artillerie lourde

L’émission «C dans l’air» de France 5 revient sur l’annonce du président américain Joe Biden d’une prochaine livraison d’armes à l’Ukraine. Pour la première fois, Washington enverra des équipement offensifs à Kiev, pour un montant total de 800 millions de dollars.

14h36
Faire des économies d’énergie pour «énerver Poutine»

Le ministre allemand de l’Économie et vice-chancelier Robert Habeck exhorte les Allemands à faire des économies d’énergie pour «énerver Poutine» alors que l’Allemagne cherche à réduire sa dépendance au gaz russe en pleine guerre en Ukraine, dans un entretien vendredi.

«Je prie chacun et chacune de contribuer dès maintenant aux économies d’énergie», a affirmé l’écologiste, également détenteur du portefeuille du climat, dans un entretien aux groupes de journaux «Funke».

Robert Habeck à Berlin, le 11 avril 2022.
Robert Habeck à Berlin, le 11 avril 2022.

«Si pour Pâques on peut monter sur son vélo ou prendre le train, c’est bien aussi. Cela ménage le porte-monnaie et énerve Poutine», a-t-il ajouté alors que l’Allemagne, très dépendante du gaz importé de Russie, cherche tous les moyens pour réduire cette dépendance depuis le déclenchement de l’invasion de l’Ukraine par les troupes russes

«En règle générale, je dirais que l’on peut toujours économiser dix pour cent» d’énergie, a-t-il poursuivi. «Et il y a des mesures très simples qui, mises bout à bout, apportent beaucoup».

«Si l’on chauffe son appartement et que l’on ferme les rideaux le soir, on économise jusqu’à cinq pour cent d’énergie. Et si l’on baisse la température ambiante d’un degré, cela représente environ six pour cent», a souligné Robert Habeck. «C’est peut-être moins confortable, mais on n’a pas froid encore».

Berlin, qui achetait avant la guerre plus de la moitié de son gaz auprès de la Russie, a déjà réduit cette part à 40%, multipliant les démarches pour trouver des alternatives et accélérant sa conversion aux renouvelables.

Mais l’Allemagne n’envisage pas de pouvoir se passer de gaz russe avant mi-2024 et redoute d’être contrainte à un rationnement de l’approvisionnement en gaz du secteur industriel.

14h31
Le site internet de la radio française RFI bloqué en Russie

La Russie a bloqué le site internet de la radio française RFI, qui diffuse des informations en une quinzaine de langues, dont le russe, en pleine vague de répression contre les critiques de l’offensive en Ukraine.

Le site www.rfi.fr est désormais classé dans la liste des sites bloqués en Russie par le régulateur des télécommunications Roskomnadzor, ont constaté vendredi des journalistes de l’AFP en Russie, qui ne pouvaient ouvrir le site du média sans réseau virtuel privé (VPN).

Issy-les-Moulineaux, près de Paris, le 9 avril 2019.
Issy-les-Moulineaux, près de Paris, le 9 avril 2019.
14h21
Cinq millions de personnes ont fui l’Ukraine

Plus de cinq millions de personnes ont fui l’Ukraine, depuis le début de l’invasion russe, le 24 février, selon les chiffres du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) vendredi.

Le HCR recensait exactement 4’796’245 réfugiés vendredi. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), environ 215’000 non-Ukrainiens ont également fui l’Ukraine.

Des réfugiés ukrainiens à Medyka, dans le sud-est de la Pologne, le 10 avril 2022.
Des réfugiés ukrainiens à Medyka, dans le sud-est de la Pologne, le 10 avril 2022.
13h01
Une usine de missiles près de Kiev touchée par une frappe russe

Une usine de la région de Kiev, fabriquant des missiles Neptune que l’armée ukrainienne avait indiqué avoir utilisés pour frapper le croiseur russe Moskva, a été touchée dans la nuit par une frappe russe, ont constaté vendredi des journalistes de l’AFP sur place.

Un atelier de l’usine et un immeuble administratif la jouxtant, situés dans la localité de Vychneve, à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de la capitale ukrainienne, ont été gravement endommagés, a pu voir l’AFP. Une cinquantaine de véhicules garés sur le parking à proximité ont aussi eu leurs vitres soufflées.

Le porte-parole du ministère russe de la Défense avait annoncé un peu plus tôt que la Russie avait détruit un atelier de production de missiles sol-air de cette usine nommée Vizar, au moyen d’un missile de croisière Kalibr.

«Vers 01h30 du matin, mon gardien m’a appelé pour me signaler des frappes», a indiqué à l’AFP Andriï Sizov, 47 ans, qui tient un atelier de travail du bois à une centaine de mètres de cette usine. «Il y en a eu cinq. Mon employé était au bureau, il a été projeté à terre par l’explosion», a-t-il précisé.

«Pour moi, ils nous font payer pour la destruction du Moskva», a-t-il indiqué, dans une référence au naufrage jeudi du croiseur Moskva, le vaisseau amiral de la flotte russe de la mer Noire.

Etonam Ahianyo, Sonia Imseng, Arnaud Mittempergher, Auriane Page, Nora Foti, ATS/APPIS
Toutes nos informations ne viennent pas de pays de l’OTAN ni de l’Union Européenne.

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