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Vaincre le fascisme de la fin des temps, par Naomi Klein et Astra Taylor

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Concentration des richesses, robotisation des emplois, course effrénée à l’IA, réchauffement climatique… On ne pourra repousser la menace fasciste sans s’attaquer aux crises matérielles qui empêchent les citoyens de résister aux hommes forts, estiment l’essayiste canadienne et la réalisatrice canado-américaine.

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Une épave d’un navire allemand de la Seconde Guerre mondiale, dans le Danube, en Serbie
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Naomi Klein, essayiste et Astra Taylor, réalisatrice
27/09/2026 

Alors que la chaleur implacable et la sécheresse faisaient baisser son niveau cet été, le Danube a commencé à dévoiler ses secrets. Tels des monstres surgissant des profondeurs du temps, des épaves englouties datant de la Seconde Guerre mondiale ont peu à peu refait surface. En Serbie, le fleuve asséché a mis au jour au moins 20 navires nazis, dont certains étaient encore chargés de munitions non explosées. En Hongrie, une moto militaire nazie, recouverte de boue brûlante est apparue, non loin des médailles rouillées et des plaques d’identité de deux soldats allemands. En Slovaquie, un passant a remarqué une énorme bombe de 1 500 livres (0,68 tonne) dépassant du fleuve en voie de disparition, larguée par la Royal Air Force. Les autorités slovaques ont dû transporter avec précaution cette arme, restée submergée pendant plus de quatre-vingts ans, et la faire exploser profondément sous terre. Pour de nombreux observateurs, ces apparitions menaçantes du passé européen ont moins ressemblé à une curiosité historique qu’à une métaphore littérale confirmant l’adage de William Faulkner selon lequel : «Le passé n’est jamais mort. Il n’est même pas révolu.»

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Le sentiment que l’histoire se répète est étayé par de nombreuses données. Tout le long du Danube, la dernière décennie a vu resurgir une vague de nostalgie pour une époque où la «civilisation européenne» régnait en maître, chaque vague d’extrême droite flirtant un peu plus ouvertement avec des politiques et des slogans racistes que l’on croyait enterrés avec la dissolution du IIIe Reich. L’ampleur de cette résurgence est apparue au grand jour début 2025 lors de la conférence de Munich sur la sécurité. A cette occasion, le vice-président américain J.D. Vance, tout juste investi, a reproché aux dirigeants européens de maintenir un barrage politique contre des partis d’extrême droite jusque-là considérés comme pestiférés. Il s’est également donné beaucoup de mal pour rencontrer Alternative für Deutschland (AfD), qui a fait circuler des propositions visant la «remigration» d’un nombre considérable de personnes et dont l’ancien codirigeant avait un jour qualifié l’ère nazie de «tache de fiente d’oiseau» dans l’histoire du pays. Le parti a depuis réalisé une percée électorale dans le Land de Saxe-Anhalt.

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Plus à l’est, le long du Danube, le Parti de la liberté autrichien (FPÖ), fondé en 1956 par un ancien fonctionnaire nazi, connaît une popularité sans précédent dans son histoire, Walter Rosenkranz, membre éminent du FPÖ, occupant désormais le deuxième poste le plus élevé du pays. L’année dernière, le chef de cabinet de Rosenkranz a été contraint de démissionner après que des informations ont révélé qu’une enquête officielle sur les séparatistes saxons d’extrême droite avait permis de découvrir une cache d’armes et d’objets nazis dans une propriété qui lui était liée, bien qu’il ait nié y habiter.

Le groupe au cœur de la polémique porte justement les initiales «SS» — tout comme Elon Musk, fervent partisan de l’AfD et d’autres formations d’extrême droite européennes, qui a justement exprimé sa gratitude envers les électeurs de Trump en janvier 2025 d’une manière que beaucoup ont interprétée comme un salut nazi.

A l’image des navires de guerre coulés qui réapparaissent à mesure que le Danube s’assèche, le fascisme semble bel et bien faire son retour. Pourtant, nous sommes mal à l’aise face à ces comparaisons historiques linéaires. Au contraire, si nous voulons comprendre l’extrême droite d’aujourd’hui, nous ferions bien de regarder au-delà des vestiges rouillés et de nous concentrer sur l’état alarmant d’assèchement du lit du fleuve.

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Nous ne sommes pas confrontés à une simple répétition de l’autoritarisme du passé…

Le fascisme émerge toujours en période de crise aiguë. Cela s’est certainement vérifié à l’époque où Benito Mussolini et Adolf Hitler se sont frayé un chemin vers le pouvoir. La Première Guerre mondiale avait fait des millions de victimes, avait anéanti les économies et avait surpeuplé les villes d’orphelins, de veuves et d’anciens combattants mutilés, tous réduits à la misère.

Pourtant, le fait que nous voyions aujourd’hui de puissants réseaux fluviaux vitaux soumis à une telle pression (alors que, à des milliers de kilomètres de là, des crues glaciaires emportent des villages entiers) nous rappelle que les crises actuelles sont très différentes de celles qui, il y a un siècle, avaient poussé les populations à se tourner vers des hommes forts et des boucs émissaires.

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Nous ne sommes pas confrontés à une simple répétition de l’autoritarisme du passé. Il s’agit plutôt d’une suite, qui nous emmène tous vers des horizons que nous n’avons jamais explorés auparavant. Nous appelons cette nouvelle évolution effrayante le «fascisme de la fin des temps». Le réchauffement climatique est désormais indéniable. Il ne reste plus qu’à nier l’humanité de nos semblables.

Dans les années 1950, après avoir fui les nazis, le philosophe juif allemand Günther Anders a mené une réflexion sur le bouleversement radical provoqué par l’ère atomique : «Parce que nous sommes les premiers humains à être responsables de l’apocalypse, nous sommes aussi les premiers à vivre sous sa menace.» Pour la première fois, observait-il, la perspective de l’extinction humaine — de l’omnicide — était d’actualité.

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Aujourd’hui, l’intelligence artificielle aggrave toute une série de risques existentiels, notamment en consommant d’énormes quantités d’énergie contribuant au réchauffement climatique, en entraînant une concentration des richesses qui met en péril la démocratie et en augmentant la menace liée aux technologies incontrôlées.

Il y a trente ans, le philosophe et théoricien italien Umberto Eco — qui a vécu sous le régime de Mussolini en Italie — observait que le fascisme souffre toujours d’un «complexe de l’Armageddon», expliquant que «puisque les ennemis doivent être vaincus, il doit y avoir une bataille finale, après laquelle le mouvement aura le contrôle du monde».

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Un âge d’or agité sous le nez de la base

Mais comme Anders l’avait compris, si la violence que les fascistes européens infligeaient à leurs groupes exclus et à leurs ennemis extérieurs était bel et bien apocalyptique, ils n’imaginaient généralement pas tant la fin du monde en tant que telle que la destruction de certaines parties de celui-ci. La plupart envisageaient un avenir où les guerres prendraient fin et où émergerait un corps national purifié, riche et stable.

Il est important de noter que cette promesse d’un avenir stable ne s’adressait pas uniquement aux riches, mais également à la base ouvrière. Les nazis promettaient à leurs partisans aryens des terres agricoles volées aux Slaves et des maisons volées aux Juifs, reliées par de nouvelles infrastructures solides construites grâce à des travaux publics de grande envergure.

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C’est là que Donald Trump et les autres dirigeants d’extrême droite de sa sphère d’influence se démarquent nettement de leurs prédécesseurs. Certes, pendant les campagnes électorales, diverses visions d’un âge d’or sont agitées sous le nez de la base : un retour aux emplois industriels des années 1950, avec des épouses au foyer et des enfants obéissants qui attendent à la maison, ou l’espoir que la cryptomonnaie libère la liberté économique. Mais les robots semblent vouloir tous les emplois et, après avoir enrichi somptueusement la famille Trump, la cryptomonnaie ne tient pas non plus ses promesses.

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Une vision du monde véritablement apocalyptique

Pendant ce temps, les élites du monde des affaires misent sur des «temps difficiles» permanents, comme l’a un jour formulé Alex Karp, PDG de Palantir, en imaginant un monde où des groupes relativement restreints survivraient, se protégeant eux-mêmes ainsi que leur richesse, de conflits et de catastrophes à répétition.

En ce sens, le fascisme de la fin des temps n’offre guère plus que la possibilité de croire à l’une de ses visions d’une survie retranchée dans des bunkers. C’est peut-être le rêve de fusionner avec des machines «super intelligentes» et d’éviter de faire partie de ce que les codeurs de la Silicon Valley appellent désormais avec désinvolture la «classe défavorisée permanente». Peut-être s’agit-il de l’idée de mettre «les siens» à l’abri au sein d’un Etat-nation racialement purifié, définitivement fortifié et protégé contre les plus démunis dans un monde en feu. Peut-être (si l’on est assez riche) s’agit-il d’une place à bord d’une des fusées de Musk et d’une puce Neuralink, alors qu’il prétend préserver le destin de notre espèce en nous rendant «multiplanétaires». Dans chaque cas, le destin de ce monde — et la possibilité d’un avenir commun et durable — est écarté d’un revers de main.

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Soyons clairs : le fascisme de la fin des temps n’est pas un phénomène monolithique ; le fascisme est toujours bien plus hétéroclite que cela. Il s’agit plutôt d’une alliance conflictuelle et dangereuse entre trois factions principales : les fondamentalistes religieux, les accélérationnistes technologiques et les ethno-nationalistes militants.

Il n’y a pas si longtemps, une vision du monde véritablement apocalyptique se limitait aux franges de la droite religieuse. Ses théocrates et ses vrais croyants passaient au crible l’actualité à la recherche de signes annonçant l’arrivée prochaine du Jour du jugement dernier, certains qu’ils seraient enlevés au ciel tandis que les vestiges de la civilisation humaine sombreraient dans le chaos et l’Armageddon. Aujourd’hui, ces extrémistes ont réussi à devenir une force majeure au sein des gouvernements américain et israélien, où ils mènent une politique de conflit militaire stratégique dans le but de réaliser ce qu’ils considèrent comme une prophétie biblique. La même semaine, Vance, dans une interview accordée à un podcasteur évangélique, a laissé entendre que ses actions pourraient précipiter la «fin des temps», tout en admettant qu’il ne serait pas «surpris si l’Antéchrist se promenait parmi nous» — faisant écho à son mécène et mentor Peter Thiel.

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En effet, une attitude messianique imprègne désormais la Silicon Valley, où les géants de la Tech se livrent à une course effrénée pour créer des divinités numériques qui, selon eux, mèneront soit à la terre promise, soit à la destruction totale. Un nihilisme similaire sous-tend l’obsession pour les «invasions» aux frontières et l’idéologie du «grand remplacement», ainsi que l’affirmation apocalyptique selon laquelle l’immigration serait une forme de «suicide» et d’«effacement» culturels.

Ce qui manque notamment dans toutes ces visions repliées sur elles-mêmes, c’est un plan visant à s’attaquer réellement aux causes de nos crises les plus urgentes ; au contraire, il semble y avoir une détermination à accélérer la catastrophe sur tous les fronts.

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Ce qui nous ramène à cet été européen marqué par une canicule et une sécheresse record. Au cours de ce même été brutal qui a mis au jour ces vestiges nazis, on a dénombré 16 000 décès supplémentaires en une seule semaine en Europe, et de vastes étendues du continent ont été ravagées par les flammes, provoquant le déplacement de centaines de milliers d’habitants. Alors que les Espagnols fuyaient pour se mettre en sécurité, Santiago Abascal, chef du parti d’extrême droite espagnol Vox, a pointé du doigt le «fanatisme climatique» et la corruption du gouvernement qui, selon lui, auraient favorisé les incendies.

Abascal s’est également empressé de changer de sujet, détournant l’attention des catastrophes climatiques que subissaient les Européens pour la porter sur la prétendue urgence migratoire en Afrique du Nord. Il a qualifié à tort les dizaines de milliers de migrants qui ont franchi la frontière de Ceuta fin juillet d’«armée d’invasion» se livrant à des viols et à des pillages. Abascal a été soutenu par un chœur mondial de la droite, allant de Trump au président argentin Javier Milei.

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C’est un scénario bien connu : Trump a, à maintes reprises, placé la menace d’une «invasion» au cœur de ses campagnes électorales. José Antonio Kast, le président chilien élu en mars, a fait campagne en promettant de construire des tranchées et des murs le long des frontières avec la Bolivie et le Pérou. Marine Le Pen a fustigé en 2019 les immigrés, les qualifiant d’individus «nomades» qui «se moquent de l’environnement ; ils n’ont pas de patrie».

C’est pourquoi nous pensons que le fascisme de la fin des temps — avec ses frontières fortifiées, son aide internationale décimée et son obsession pour l’accaparement des ressources enfouies sous la glace fondante du Groenland — doit être considéré comme une forme perverse et sadique d’adaptation au changement climatique.

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Des études montrent que les partis d’extrême droite exercent un attrait particulier sur les jeunes hommes. Ces partisans font partie d’une génération qui craint de ne jamais pouvoir accéder à la propriété — mais ils trouvent une satisfaction compensatoire à «faire mordre la poussière aux gauchistes» grâce à une culture du trolling en ligne incessant. Convaincus que leur avenir leur a été volé, ils partagent des mèmes idéalisés qui romantisent l’autoritarisme du passé.

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La politique réactionnaire prospère en période d’instabilité

Tout comme les adeptes des théories du complot se trompent sur les faits, mais cernent bien les émotions, les fascistes de la fin des temps exploitent des sentiments profonds d’insécurité et de malaise. Ils nous disent que si nous ne reconnaissons plus nos villes natales, c’est à cause du nombre de kebabs et de minarets, ainsi que des immigrés venus nous «remplacer» — et non, par exemple, à cause des phénomènes météorologiques imprévisibles ou des dirigeants du secteur technologique pressés de nous remplacer par des robots. Les dirigeants d’extrême droite, quant à eux, voient un avantage à cette perte de repères. Ils comprennent clairement comment la politique réactionnaire prospère en période d’instabilité et comment la précarité peut pousser les gens à se retourner les uns contre les autres alors qu’ils s’accrochent de plus en plus désespérément aux miettes de protection et de privilèges qu’ils possèdent.

Il y a un siècle, des dynamiques similaires se sont jouées avec des conséquences désastreuses à travers l’Europe. Les Etats-Unis ont emprunté une voie différente. Alors que le pays peinait à se remettre de la Grande Dépression et que les démagogues racistes trouvaient un public réceptif, les syndicalistes et les dirigeants politiques ont forgé une alternative. Franklin Roosevelt a fait valoir que le Congrès devait augmenter les dépenses publiques dans le cadre de la lutte nationale contre le fascisme. «La démocratie, a-t-il déclaré dans un discours radiophonique, a disparu dans plusieurs autres grandes nations — non pas parce que les peuples de ces nations n’aimaient pas la démocratie, mais parce qu’ils en avaient assez du chômage et de l’insécurité, de voir leurs enfants souffrir de la faim alors qu’ils restaient impuissants face à la confusion et à la faiblesse du pouvoir. Finalement, en désespoir de cause, ils ont choisi de sacrifier la liberté dans l’espoir d’avoir de quoi manger.» Le New Deal a contribué à priver les extrémistes politiques de leur oxygène en répondant aux besoins réels de la population.

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Comme nous l’avons vu, l’histoire ne se répète pas en boucle. Pourtant, la leçon centrale de Roosevelt reste d’actualité : il est impossible de repousser la menace fasciste sans s’attaquer aux véritables crises matérielles qui empêchent les gens de résister aux hommes forts. Aujourd’hui, ces causes se présentent différemment de ce qu’elles étaient dans les années 1930. Certes, nous devons toujours financer généreusement les services publics qui assurent les besoins fondamentaux et investir dans des emplois bien rémunérés et socialement productifs. Mais nous devons également mener ces actions de manière à répondre aux risques existentiels mondiaux qui définissent notre époque : le changement climatique, les armes nucléaires, l’IA générative, ainsi que l’accumulation de richesse et le pouvoir sans limites.

Les citoyens réclament déjà ce genre de solutions. On le constate dans le mouvement en pleine qui exige une gouvernance démocratique de l’IA et qui obtient le gel de la construction de centres de données jusqu’à ce que cette dernière soit mise en place ; dans les campagnes visant à taxer les milliardaires et dans le nombre historique de responsables politiques américains votant pour mettre fin à l’armement d’Israël et s’opposant à l’escalade du conflit en Iran. Cela se manifeste également dans l’intérêt renouvelé pour l’action climatique manifesté par les candidats du Parti démocrate qui soutiennent un «Green New Deal», parallèlement à un système de santé universel, le «Medicare for All».

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Il reste un long chemin à parcourir avant d’obtenir des réponses à la hauteur des crises auxquelles nous sommes confrontés, mais un nombre croissant de citoyens ordinaires et de dirigeants politiques comprennent une chose simple et urgente : que la meilleure façon d’aider leurs voisins à résister à l’attrait d’un fascisme apocalyptique est d’améliorer leur vie ici et maintenant.

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Ce texte est paru en version originale et intégrale dans le Financial Times.
Naomi Klein et Astra Taylor sont les autrices de : End Times Fascism And the Fight for the Living World (Allen Lane, septembre 2026).
Leur livre paraîtra en français en février 2027 chez Actes Sud sous le titre : le Fascisme de la fin des temps.

MCD : Ces photos sont réelles. Pas d’IA

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