Législatives dans la Drôme : Marie Pochon, EELV, élue dans la Drôme avec la NUPES
Marie Pochon : «L’écologie s’invente sur ce territoire»
Marie Pochon, la candidate de la Nupes dans la 3e circonscription de la Drôme, au riche parcours associatif, est comme un poisson dans l’eau dans ce territoire rural et écolo.
Il y a des lieux particulièrement agréables pour battre campagne électorale. À l’ombre du sud-Vercors, en contrebas de l’immense montagne du Glandasse, voici Châtillon-en-Diois, un petit village d’environ 700 âmes qui a gardé son patrimoine médiéval et son mode de vie rural. C’est là que la candidate de la Nupes, Marie Pochon, arpente les allées du marché, entre artisanat local et produits régionaux, bio pour la plupart. On cultive ici un mode de vie alternatif axé sur la protection de l’environnement : des mœurs qui correspondent parfaitement à la militante écologiste.
« Ah mais je vous reconnais, vous êtes partout sur les affiches ! », répond Jérôme quand Marie Pochon lui tend un tract. Son visage sera bientôt sur les panneaux de bois de l’école voisine, prêts à accueillir les affiches officielles pour les législatives. Pour Jérôme, qui nous affirme dans un clin d’œil « voter depuis des années pour l’Humanité », l’affaire est entendue : « Elle a toutes ses chances ! »
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Bien avant que Marie Pochon ne soit arrivée sur le marché, Marie-France Duflot bat déjà le pavé des rues envahies par un filet ininterrompu de chaland bigarré du marché de Crest (Drôme).
Militante du parti de gauche avant qu’il ne devienne LFI, parisienne installée depuis 6 ans à Crest après une première vie passée à Paris comme comédienne et enseignante, elle développe les rencontres culturelles avec les habitants et les jeunes des quartiers de sa ville : « s’il y a une chose que je déteste c’est qu’on me dise qu’on ne me voit que pour les élections« . Résultat, elle connaît tout le monde, sans être elle-même élue au conseil municipal dirigé par un Hervé Mariton qu’elle fustige abondamment.
Il est là d’ailleurs, à 100 mètres sur la gauche, tractant pour son poulain aux legislatives Paul Bérard, large sourire et chemise blanche – peut-être encore un peu ébranlé par le score de Valérie Pécresse dont il fut un orateur régional à la présidentielle d’avril dernier. La circonscription est au main d’Emmanuel Macron depuis 2017 par l’intermédiaire de la députée Célia de Lavergne, polytechnicienne, qui se représente aux législatives mais qui a été retenue ce samedi matin par un événement privé.
Marie Pochon est drômoise de naissance, d’enfance, d’adolescence. Elle est aussi devenue lyonnaise où elle a fait une partie de ses études en science politique. Avant que l’accord post défaite présidentielle ne rebatte les cartes, elle a failli obtenir l’investiture EELV dans la 3e circo de Lyon (7eme et 8ème arrondissement). Gautier Chapuis (conseiller délégué à Lyon) lui aussi intéressé par cette circo lyonnaise avait remporté le vote militant, mais sans doute pour deux voix d’écart c’est Marie-Charlotte Garin qui a obtenu l’investiture et non pas Marie Pochon.
Voici cette dernière déplacée 130 km au sud de Lyon à la tête de la coalition NUPES que Marie-France Duflot entraîne d’entrain. « Je suis une femme et j’ai moins de 35 ans, je coche pas mal de cases » reconnait modestement la candidate. Elle tracte ce samedi matin, à Crest, dans ces rues piétonnes dominées par la sinistre tour éponyme où les protestants ne sont plus enfermés depuis longtemps, à la rencontre des potentiels électeurs.
Et c’est aussi là que dans Lyon ou la Drôme, la campagne redevient la même. : le tractage du marché c’est toujours pareil. En une fraction de seconde il faut juger si ce vieux monsieur va vous rabrouer ou vous complimenter. Un : « vous êtes beaucoup plus belle que sur la photo » et une poignée de main amicale peut être suivie immédiatement par un “vous voulez la disparition des chasseurs, je ne voterai jamais pour vous” suivi d’un dos qui accuse. Au premier Marie Pochon répond en souriant “c’est gentil”, au second un calme “bonne journée monsieur”. Certains vendeurs du marché sont acquis, d’autres braillent. “Les politiques là, vous pourriez vous mettre sur le côté pour que les gens puissent arriver jusqu’à nous” ?
Marie Pochon confie n’être pas sûre d’être la meilleure pour ces rencontres en flux, mais de l’extérieur rien ne semble la distinguer d’une professionnelle aguerrie de la politique. Arrivée avec une vision avant tout écologiste issue notamment de son travail dans l’association « Notre Affaire à tous » qui lutte pour le climat par l’intermédiaire d’actions en justice, elle a élargi son argumentaire sous l’influence de Marie-France Duflot qui en est très contente. Et puis elle est drômoise.
“De toute façon je voterai pour vous, vous avez du rouge avec vous, et j’ai toujours voté pour la gauche moi”. La candidate sourit et poursuit son chemin. Élue, Marie Pochon commence avec les difficultés des alliances en politique.
APPIS
