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Café Laïque vandalisé : « La merde, l’ultime argument des activistes néo-fascistes trans »

Cinquante universitaires et intellectuels dénoncent la perturbation, avec des excréments, d’une conférence sur le transgenrisme de Céline Masson et Caroline Eliacheff à Bruxelles.

Jeudi 15 décembre, une vingtaine de militants trans se sont pris à une conférence organisée au Café Laïque à Bruxelles.

Le Café Laïque à Bruxelles a été vandalisé par des militants trans le 15 décembre.

Le 15 décembre, une conférence de Céline Masson et de Caroline Eliacheff au Café Laïque de Bruxelles a d’abord été perturbée, ensuite empêchée par un groupe de jeunes activistes encagoulés, qui ont forcé l’entrée dans la salle, en bousculant les organisatrices.

À l’extérieur, les murs du Café Laïque ont été dégradés avec des inscriptions « Café transphobe raciste » et à l’intérieur… à l’intérieur on trouvait l’ultime argument des militants trans : de la merde. Et ce n’est pas une métaphore, des excréments de chats et d’autres animaux ont été projetés à l’intérieur du café. Le jour suivant, les deux co-fondatrices du lieu se sont retrouvées à devoir nettoyer les locaux.

Le Café Laïque, créé par l’anthropologue et spécialiste de l’islam, Florence Bergeaud-Blackler et par Fadila Maaroufi, est un espace de libre parole, non censurée par les médias ou par des institutions diverses, où l’on rencontre des intellectuels, des acteurs médiatiques et associatifs, préoccupés par la montée de l’islamisme et par les dérives des idéologies contemporaines.

Mettons les choses au clair : ce qui s’est passé au Café Laïque à Bruxelles n’est pas une manifestation de la jeunesse en quête de justice sociale, ce n’est pas seulement la énième manifestation de « cancel culture » à laquelle le public universitaire commence à s’habituer, ce ne sont pas non plus des tribulations de jeunes contestataires, embobinés par la propagande plus ou moins grossière de l’agit-prop transactiviste. Non : il s’agit ici de modes opératoires frôlant le fascisme, qui ne se cache plus, et dont le fonctionnement s’inscrit dans l’idéologie fasciste classique. Nous n’utilisons pas ces terme à la légère, comme c’est le cas souvent dans le débat public d’aujourd’hui, quand on veut dire que l’autre, celui qui ne partage pas nos vues, est un salaud. Le fascisme dont nous parlons est un ensemble de doctrines politiques qui rejette le libéralisme et la garantie des droits individuels en ayant recours, pour imposer une conception du monde, à la violence, considérée comme un moyen d’action politique légitime. En outre, ces doctrines veulent former la jeunesse selon leurs principes doctrinaires.

Ces nouvelles formes fascisantes, semblent s’installer dans la société contemporaine, sans que les institutions n’y trouvent rien à redire. Ce silence est à interpréter soit comme une cécité à l’égard d’une évolution sociale très inquiétante, soit comme une complicité avec les acteurs de ces manifestations, soit encore comme une soumission aux menaces de violence.

Fadila Maaroufi, co-fondatrice de ce lieu, a été de nombreuses fois menacée de mort et pas seulement verbalement. Des fascistes islamistes ont essayé de la brûler vive en l’accusant de trahir l’Oumma. Le gouvernement belge n’a pas bougé le petit doigt pour la protéger, les médias belges n’ont pas dit mot. Or, l’on n’est pas ici dans de simples insultes anonymes sur Twitter, mais dans une réalité que certains refusent de voir et de comprendre. En saccageant le Café Laïque, en empêchant Caroline Eliacheff et Céline Masson de parler, alors qu’elles alertent sur les dangers que présente le changement de sexe pour les mineurs et pour les adolescents, les fascisants transactivistes ne font que renforcer par leurs actions celles des fascistes islamistes.

Déshumanisation absolue

La signification du geste est lourde de sens. La merde est le symbole du rabaissement total de l’être humain, c’est un symbole de sa déshumanisation absolue. La langue commune en est la preuve : « être une merde » c’est être en-dessous de ce qu’est l’être humain, c’est sa négation même.

Dans le livre de Ludo van Eck Zo was het in Dachau (C’était à Dachau), l’auteur décrit comment les nazis s’amusaient à obliger les prisonniers à nettoyer les excréments. On utilisait ce moyen aussi dans les prisons communistes pour humilier les prisonniers. Toujours à Bruxelles, en 2006, à Anderlecht, le Mémorial de la déportation des Juifs de Belgique a été profané et des excréments y ont été déposés, comme un signe de ce à quoi les fascistes islamistes voudraient voir les Juifs réduits. À pire que le néant. Dans Salò ou les 120 jours de Sodome, Pier Paolo Pasolini a montré, mieux que personne, la mécanique de la violence, la nature de la barbarie, la réduction de l’être au néant, la chosification de l’être et de l’autre, surtout l’autre qui n’est pas d’accord. L’idéologie transactiviste agressive, militante, maintenant coprophile, qui conteste violemment toute retenue et toute prudence à l’égard des décisions d’intervenir sur le corps des jeunes en pleine construction psychique, est une véritable idéologie totalitaire, qui défend l’expérimentation sur l’humain, et pire, sur l’enfant.

Qu’un adulte, en pleine possession de ses facultés mentales et psychiques, se livre au changement de corps, cela ne concerne que lui, ses proches et les médecins. Mais que les militants transactivistes incitent les enfants et les adolescents à passer à l’acte en se faisant mutiler, et qui plus est, présentent la chose comme un progrès pour l’humanité, c’est là le sceau des systèmes totalitaires qui ont toujours commencé par s’emparer de la jeunesse, pour modeler les consciences sur l’idéologie dominante. Et quand les voix dissonantes se font entendre, cela est insupportable aux idéologues qui n’hésitent pas devant la violence réelle.

Les institutions européennes doivent cesser de se montrer aveugles et lâches, et être plus vigilantes quant au danger représenté par les fascisants encagoulés qui s’organisent sur les réseaux sociaux pour aller casser de l’opposant, et qui ne sont pas sanctionnés pour le vandalisme, l’atteinte à la liberté d’autrui, la tentative de faire taire les adversaires par une violence qui n’est pas seulement symbolique.

Nous exprimons notre solidarité avec le Café Laïque et l’Observatoire la Petite Sirène, nous exprimons notre soutien inconditionnel à Fadila Maaroufi, Florence Bergeaud-Blackler, Caroline Eliacheff et Céline Masson et appelons les États européens à ne pas laisser s’installer la terreur dans nos sociétés. Car si l’État s’avère défaillant dans la protection des libertés individuelles, c’est que le totalitarisme des minorités agressives est déjà là, à la place de la démocratie.

Signataires :

Yana Grinshpun (linguiste), Pierre-André Taguieff (philosophe, historien des idées), Liliane Messika (écrivaine, essayiste), Noémie Halioua (journaliste, essayiste), Daniel Sibony (philosophe, psychanalyste), Georges Bensoussan (historien), Caroline Valentin (avocate, essayiste), Mohamed Luizi (ingénieur, essayiste), Nathalie Heinich (sociologue), Hubert Heckmann (maître de conférences, auteur de « Cancel ! »), Bruno Moysan (musicologue), Jean-Pierre Winter (psychanalyste), Jean Szlamowicz (linguiste, traducteur), Guillaume Pronesti (journaliste), Michel Gad Wolkowicz (psychanalyste), Jean-Eric Schoettl (conseiller d’État honoraire), Monette Vacquin (psychanalyste), Jean-François Braunstein (philosophe), Catherine Kintzler (philosophe), Gérard Rabinovitch (psychanalyste, philosophe), Renée Fregosi (politologue, philosophe), François Rastier (linguiste), Liliane Kandel (sociologue), Céline Pina (essayiste, éditorialiste), Xavier-Laurent Salvador (maître de conférences, co-fondateur de l’observatoire du décolonialisme), Pierre-Henri Tavoillot (philosophe), Albert Doja (anthropologue), Bruno Sire (professeur des universités en sciences de gestion), Frank Muller (professeur émérite), François Vazeille (physicien), Philippe de Lara (maître de conférences honoraire), Jean-Baptiste Chikhi-Boudjea (doctorant en histoire), François Roudot (universitaire), Florent Poupart (psychologue clinicien), Frédérique de la Morena (maître de conférences en droit public), Guylain Chevrier (enseignant et formateur), Joseph Ciccolini (professeur de pharmacologie), Nicolas Weill-Parot (directeur d’études à l’EPHE), Isabelle de Mecquenem (philosophe), Anne-Marie Le Pourhiet (professeur de droit public), Pierre Vermeren (historien), Gilbert Abergel(Comité Laïcité République), Philippe Reynaud (professeur de sciences politiques), Thibaut Tellier (historien), Françoise Nore (linguiste), Leonardo Orlando (politiste), Violaine Géraud (linguiste), Jean-Paul Sermain (professeur émérite), Monique Gosselin-Noat (professeure émérite), Anne-Sophie Nogaret (auteur).

Café laïque tagué et accusé de "transphobie" : "Ces comportements sont ceux de gamins capricieux"

A Bruxelles, au Café laïque, ce 15 décembre. Caroline Eliacheff et Céline Masson étaient invitées à présenter leur livre « La fabrique de l’enfant-transgenre » (éditions de l’Observatoire). Une invitation qui n’a pas eu l’heur de plaire à quelques excités encagoulés, qui sont venus déverser des excréments et de la litière pour chats sur les lieux, hurler leur haine et, bien évidemment, placarder les mots « café raciste et transphobe » sur la fenêtre.

Café laïque tagué et accusé de « transphobie » : « Ces comportements sont ceux de gamins capricieux »

L’invitation des deux auteures de « La fabrique de l’enfant transgenre » a déplu à quelques excités encagoulés, qui sont venus placarder les mots « café raciste et transphobe » sur la fenêtre du Café laïque de Bruxelles. La transidentité suscite de nombreuses questions qui ne peuvent manifestement être posées car « transphobes », déplore notre chroniqueuse belge, Nadia Geerts.

La transidentité est une question complexe. Elle mobilise la médecine, la sociologie, la philosophie, l’éthique, la biologie, la psychologie, et même la politique, puisqu’il s’agit d’établir des lois, qui encadrent au mieux des demandes individuelles de transition. La seule question « Peut-on changer de sexe ? » est à la fois purement descriptive (« Est-ce possible ? ») et normative (« Doit-on le permettre ? Et si oui, à quelles conditions ? »). Et la réponse aux deux questions doit nécessairement, me semble-t-il, être nuancée. D’une part, parce que bien sûr, il est possible d’entamer un parcours de transition. Mais que celui-ci, aussi abouti soit-il, ne permettra jamais à aucune XX de devenir un XY. Telle est la limite, d’un point de vue strictement scientifique.

D’autre part, parce que bien sûr, il faut permettre à des individus d’entamer en conscience ce parcours de transition, et c’est d’ailleurs ce que prévoient déjà nos législations. Par contre, faut-il le permettre à des enfants ou à des adolescents ? Ne faut-il pas veiller à les préserver contre des décisions qu’ils pourraient prendre de manière hâtive, effrayés par les transformations de leur corps en pleine puberté ? Ne faut-il pas oser mettre le holà, parfois, à des demandes qui traduisent un malaise profond dont la transition ne serait que le catalyseur bien plus que la solution ? Comment réagir adéquatement à cette multiplication de récits de transition sur les réseaux sociaux dont nos jeunes sont friands, récits qui semblent unanimes quant à la facilité de « transitionner » et à l’ineffable bonheur d’être « enfin soi » ? Et que faire des récits de « détransitionneurs » qui affirment regretter amèrement que nul ne les ait avertis de la lourdeur des traitements et de leurs conséquences à long terme ? Que peut-on apprendre de l’expérience d’autres pays, précurseurs en ce domaine ? Comment, nous les adultes, parents, médecins, psychologues et autres intervenants, pouvons-nous accueillir au mieux les demandes de mineurs qui se disent convaincus d’être « nés dans le mauvais corps » ? Accéder à leur demande est-il nécessairement la meilleure manière d’entendre leur souffrance et de l’apaiser ?

Du danger de se taire

Autant de questions délicates, complexes, qui mobilisent finesse, nuance et intelligence. Autant de questions qui, selon certains, ne peuvent manifestement pas être posées, car « transphobes ». C’est ce qui est arrivé à Bruxelles, au Café laïque, ce 15 décembre. Caroline Eliacheff et Céline Masson y étaient invitées à présenter leur livre La fabrique de l’enfant transgenre (éditions de l’Observatoire). Une invitation qui n’a pas eu l’heur de plaire à quelques excités encagoulés, qui sont venus déverser des excréments et de la litière pour chats sur les lieux, hurler leur haine et, bien évidemment, placarder les mots « café raciste et transphobe » sur la fenêtre.

Lorsqu’il y a dix ans, une bande d’activistes haineux, emmenés par Souhail Chichah, alors assistant à l’Université libre de Bruxelles (ULB), empêchaient la tenue d’une conférence de Caroline Fourest à l’ULB au cri de « Burqa bla-bla », ils faisaient figure de tristes pionniers. Nous les regardions, interloqués : « Comment était-ce possible ? ». En dix ans, nous avons vu grandir cette inaptitude au débat. Ce refus de considérer l’autre, celui qui est en désaccord avec nous, comme un interlocuteur, quelqu’un avec qui on peut parler, échanger, parce que quel que soit son point de vue initial, il est accessible à la raison. Cette pétition de principe selon laquelle l’autre est forcément – phobe de quelque chose, donc infréquentable, donc fasciste.

Ces comportements sont ceux de gamins capricieux, qui se roulent par terre sitôt qu’on leur refuse ce qu’ils exigent. De morveux trépignant qui s’octroient le droit de faire taire tous ceux qui pourraient dire quelque chose qui leur déplaît, les heurte, les choque. Or, comme la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme l’a maintes fois rappelé, le droit à la liberté d’expression vaut non seulement pour les informations ou idées reçues avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent. Oui, il faut de toute urgence que ces gamins capricieux aux méthodes fascistes fassent l’apprentissage de l’exercice démocratique, qui n’a rien à voir avec les intimidations, menaces, déjections et insultes qui leur tiennent lieu d’arguments. Il faut qu’ils apprennent à être choqués, bousculés, inquiétés dans leurs certitudes. Et il faut donc que nous continuions à leur opposer d’autres idées, d’autres points de vue. Car la liberté ne meurt que si l’on ne s’en sert pas. Et le danger est bien là, aujourd’hui : celui qui consiste à se taire, pour ne pas avoir d’ennuis.

  Nadia Geerts

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