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10 affiches qui racontent le féminisme

Des images fortes, parfois désuètes, qui nous replongent dans le temps des suffragettes ou des avortements clandestins. Dans « Luttes de Femmes » (édition Les Echappés), Bibia Pavard et Michelle Zancarini-Fournel décryptent à travers une centaine d’images un siècle de combats féministes. L’historienne Bibia Pavard commente pour nous dix affiches étonnantes.

10 affiches qui racontent le féminisme  

L’idée du livre ?

L’idée du livre ?

« Les affiches féministes sont à l’image des mouvements qui les ont produites : hétéroclites. » Les auteures ont illustré la diversité des combats féministes à travers l’Histoire. Loin d’être des images de propagande, ces affiches sont produites par des associations, des collectifs ou de simples militantes. Elles véhiculent des messages politiques, humoristiques, parfois amers, qui marquent des combats pour certains loin d’être gagnés.

Le magazine féministe… d’un syndicat

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Le magazine féministe… d’un syndicat

« Créé en 1955 et disparu en 1989, »Antoinette » est le magazine féminin de la CGT. En regardant cette affiche, on constate à quel point les années 70 ont tout bouleversé, même une organisation syndicale traditionnelle comme la CGT. Cette couverture représente la naissance d’une nouvelle femme avec les yeux et la bouche ouverts, symbole du renouvellement et du dynamisme. »

Le combat pour le droit de vote des femmes

Le combat pour le droit de vote des femmes

« En mettant face à face une mère de famille vertueuse et des hommes qui passent leur temps au bar, cette affiche des années 20 met en avant une injustice : tous les hommes, même les plus immoraux, peuvent voter, au contraire des femmes, privées de ce droit. »

A quand l’égalité ?

« Dans l’entre-deux-guerres, les féministes se polarisent sur la question du droit de vote des femmes, mais revendiquent surtout l’égalité des droits civils. Elles prennent pour cible le code Napoléon (code civil) qui a inscrit dans le droit la supériorité du mari sur son épouse. Elles appellent à moderniser ce code qu’elles jugent vieillissant. »

L’affiche qui fait grincer les féministes

« Ici, le message est clairement antiféministe et conservateur. L’Alliance nationale contre la dépopulation, une organisation fortement opposée à la contraception ou à l’avortement, estime que les politiques ne favorisent pas assez les familles nombreuses. A travers cette affiche de l’entre-deux-guerres, on voit déjà se dessiner l’esthétique de Vichy. »

Le 8 mars, une journée communiste ?

« Le 8 mars 1921, Lénine instaure la Journée des femmes, un événement qui portera longtemps la marque du communisme. Cette affiche met en avant une femme décidée, à la stature un peu masculine, qui porte un drapeau rouge en guidant la foule : une révolutionnaire en somme. »

Révoltée, le poing levé

« Dans les années 70, les féministes se sont réappropriées la journée du 8 mars. En représentant une silhouette composée d’une multitude de femmes, les activistes italiennes montrent qu’elles s’adressent à toutes les femmes sans exception. La militante, enceinte, le poing levé, exprime sa révolte et sa volonté de se réapproprier son corps, dans un contexte où le recours à la contraception et à l’avortement sont des revendications majeures. »

Déjà le sexisme à l’école

« Dès 1976, un syndicat d’enseignants dénonce la différenciation qui est faite entre l’orientation des filles et celle des garçons. Alors que le jeune homme a presque atteint le sommet de l’échelle sociale, la femme n’y arrive pas car elle est enchaînée par les tâches ménagères. C’est l’émergence de la symbolique du plafond de verre. »

Le combat pour l’avortement

« Dans les années 70 le MLAC (Mouvement pour la libération de l’avortement et de la contraception) oppose le droit et la loi. Même si c’est contraire à la loi, les militantes estiment qu’elles ont le droit de disposer de leur corps et pratiquent des avortements au vu et au su de tous. Au second plan de cette affiche, on peut lire le texte de la loi de 1920 qui pénalise la contraception et l’avortement. »

Maternité ou pas ? Avoir le choix

« L’interprétation de cette affiche de Choisir, association créée par l’avocate féministe Gisèle Halimi, n’est pas simple. En haut, on pourrait voir une sorte d’ovule ou de fruit symbolisant la fertilité. Sur la deuxième image, le fil pourrait rappeler l’aiguille à tricoter, souvent utilisée pour des avortements, ou le fil de la vie. Enfin, la dernière image met en avant l’épanouissement de la maternité. Tout est axé sur une notion de choix. »

« Les femmes ne sont pas des poulettes »

« Dans les années 70, un collectif de femmes artistes de Chicago a réalisé cette affiche pour lutter contre les stéréotypes liés à la féminité. Ce terme de « poulette », utilisé pour draguer les femmes, en les rabaissant et les érotisant, a une résonance particulière avec l’actualité. Les caquètements qui ont récemment été adressés à la députée Véronique Massonneau prouvent que ce combat est celui qui a le moins progressé. »

Hélène Guinhut à suivre sur  https://www.elle.fr

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