Logement : le nombre de personnes sans domicile a doublé en 10 ans en France
Loyers et logements sont à des prix exorbitants ( pour les jeunes et moins jeunes ). Réquisitions , plafonner les loyers et achats de fonciers par les collectivités devraient être des priorités, dans un pays riche… Où se creusent quotidiennement les inégalités et la pauvreté. MCD
« C’est encore une estimation assez conservatrice », a assuré lors d’une présentation à la presse le directeur des études de la fondation, Manuel Domergue. Ce chiffre englobe les quelque 200.000 personnes en hébergement d’urgence, 110.000 migrants en centre d’accueil ou en hébergement pour demandeurs d’asile, plus environ 27.000 personnes sans abri, dormant dans la rue, le métro, sous une tente ou dans une voiture.
4,15 millions de personnes mal logées
Au total, 4,15 millions de personnes sont mal logées, estime la Fondation, qui calcule ce nombre à partir d’une enquête de l’Insee de 2013. Dans cette catégorie sont comptabilisées les personnes en hébergement contraint chez des tiers (y compris leur famille, pour les plus de 25 ans), ainsi que celles vivant dans un lieu beaucoup trop petit ou privé du confort de base (cuisine, toilettes, chauffage…). Une large part des « gens du voyage », subissant de mauvaises conditions d’habitat, entre également dans cette catégorie.
Le « halo » du mal-logement, qui regroupe les situations de fragilité comme la précarité énergétique ou les impayés de loyer, concerne 12,1 millions de personnes, selon les calculs de la FAP à partir de données de 2013. On y trouve les ménages « appauvris par des niveaux de loyer insoutenables », les personnes ayant eu froid chez elles faute d’avoir les moyens de se chauffer, celles obligées de vivre dans un logement trop petit, les locataires avec des impayés et les propriétaires dans une copropriété en difficulté.
Plus de 42.000 enfants sont sans abri en France, selon un nouveau rapport de l’Unicef
Abris de fortune, hébergement d’urgence, chambres d’hôtel minuscules à plusieurs… Le rapport sur « l’enfance perdue » publié par l’Unicef décrit une situation à risque pour plus de 42.000 enfants en France, qui a des conséquences pour leur santé mentale. L’association demande plus de moyens pour mettre en place des structures adaptées.
Enfants et sans abri, deux mots qui paraissent tout simplement inconciliables. Et pourtant, c’est le cas de 42.000 mineurs en France, selon les chiffres du rapport « l’enfance perdue » de l’Unicef et du Samu social publié aujourd’hui. Le texte décrit des enfants qui vont d’hébergement d’urgence en abris de fortune. Une précarité qui a naturellement des conséquences sur leur santé mentale. Vivre sans avoir une chambre chez soi, cela pèse sur les liens familiaux. Des familles de trois, quatre, voire cinq personnes s’entassent parfois dans des chambres d’hôtel de 15 mètres carrés.
Des enfants confrontés à la souffrance de leurs parents
Une enfance rythmée par la promiscuité et l’instabilité, qui créent des problèmes de scolarisation et perturbent les enfants, décrit Vanessa Benoit, directrice du Samu social.
« La première chose qui est très anxiogène pour les enfants, c’est de changer régulièrement de lieu. La deuxième chose, c’est de voir que leurs parents sont inquiets ou tristes. Quand on est enfant, on ne sait pas gérer la souffrance de ses parents et les enfants y sont confrontés en permanence. Mais c’est très contraignant pour un enfant », explique-t-elle.
Des manques également dans l’offre de soins
Les familles vivent en moyenne deux ans et demi à l’hôtel, dans des espaces qui ne sont pas pensés pour les enfants. Une vie chahutée, morcelée, qui peut durer dix ans dans certains cas. Adeline Hazan, présidente d’Unicef France, plaide pour des solutions pérennes.
« Il faut garantir un accueil absolument inconditionnel des familles avec enfants dans des structures qui sont adaptées, d’avoir une politique de construction, de mise à disposition de logements abordables pour des familles », demande la présidente. L’offre de soins est aussi pointée du doigt par l’Unicef. La France compte à peine 2.000 pédopsychiatres. C’est un tiers de moins qu’il y a 20 ans.