Prendre soin des forêts et de soi
Lundi 3 juillet 2023

La forêt couvre environ un tiers du territoire en France. Mais il y a forêt et forêt. Des associations militent pour une exploitation raisonnée et des forêts vivantes. C’est le cas de l’association Dryade, dans la Drôme.
Les Dryades étaient des nymphes protectrices de la forêt dans la mythologie grecque. Pascale Laussel, fondatrice de l’association nous fait visiter le petit bout de forêt qu’elle détient : un hectare et demi en côteau sur la commune de Chabrillan. Elle nous montre la souche d’un arbre abattu récemment.
« Tu vois, la coupe est propre. La souche est coupée à ras, comme ça l’eau coule et la pourriture ne va pas entrer dans la souche. L’arbre va repousser, il y aura de nouveaux rejets. Il n’est pas mort, en fait. On l’a coupé lors d’un chantier de mise en sécurité de la forêt cet hiver. »
« Je suis entrée en lien et en passion avec la forêt il y a 15 ans à travers le Réseau pour les alternatives forestières (dont Dryade est partenaire NDLR). J’ai découvert la forêt sous l’angle de sa gestion et comment nous, êtres humains, on l’impacte dans notre façon de récolter le bois. »
Passée cette découverte et pour vivre pleinement cette passion nouvelle, Pascal Laussel, qui était auparavant ingénieure économiste, a suivi une formation de technicienne forestière. L’association, d’abord née sur l’idée d’une AMAP du bois, qui a tourné court, propose désormais des ateliers ludiques aux enfants ou aux adultes, pour se reconnecter avec une forêt la plus naturelle possible.
« On fait des immersions dans les bois, avec des enfants tous les mercredis, avec des adultes tous les mois, des stages autour de la vie des bois… C’est plus large que la question du bois : on apprend à faire du feu, de la vannerie, du pistage animalier… On vit avec le milieu et c’est juste trop bien ! »
Un joli kiosque en bois, ou un canapé forestier, abritent ici ces activités.
La forêt nécessaire à nos vies
Cette petite forêt, qui n’a qu’une quarantaine d’années a poussé naturellement sur les terres d’un verger abandonné. Elle est entretenue de façon douce, loin des exploitations forestières qui cherchent une rentabilité immédiate. Les prélèvements ne dépassent pas un arbre sur cinq tous les 10 ans.
« Je détermine les arbres qui ont le plus de potentiel économique, en bois d’œuvre ou en bois de chauffage, ou de potentiel pour la diversité, la pollinisation ou l’esthétique, et j’enlève les arbres qui les gênent. Au passage, je récolte aussi du bois qui servira en chauffage ou bois d’œuvre. Au total, sur 40 ans, je vais prélever la même quantité de bois. Sauf que mon capital s’améliore en permanence, donc c’est très différent comme approche. »
Dryade propose aussi des formations à ce bucheronnage sélectif, pour que les forêts ne soient pas que des champs d’arbres rasés avant de parvenir à maturité. Car la forêt est aussi un enjeu environnemental crucial.
« Il y a une grande part de la biodiversité terrestre, 80% en fait, qui vient de la forêt. Parce que nos champs, quand on regarde, il n’y a rien dedans, il n’y a pas de vie, ou très, très peu. Donc la forêt c’est la biodiversité, l’infiltration des eaux, l’effet carbone… C’est énorme, en fait. On ne se rend pas compte à quel point la forêt est nécessaire à nos vies ! »
Les ateliers proposés par Dryade, à Chabrillan ou dans d’autres sites, sont bien sûr payants. 90 euros par mois pour l’atelier « Connexion nature », par exemple.
Pour aller plus loin :
Une page consacrée aux forêts en France sur le site du ministère de la Transition écologique.
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Lionel Thompson
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