Conflit israélo-palestinien
l’État hébreu veut détruire Gaza.

L’essentiel en bref:
- Plus de 7700 Palestiniens et 1400 Israéliens ont péri depuis le début de la guerre
- Plus de 1300 bâtiments ont été détruits à Gaza, selon l’ONU
- Le Hamas détiendrait environ 220 otages, et en a libéré quatre
- Environ 1 million de personnes ont été déplacées à Gaza suite à la riposte israélienne
Israël a rappelé ses diplomates de Turquie afin de «réévaluer les relations» entre les deux pays, après les critiques du président turc Recep Tayyip Erdogan sur la guerre à Gaza, a annoncé samedi le ministre des Affaires étrangères.

«Etant donné les graves déclarations en provenance de Turquie, j’ai ordonné le rappel des représentants diplomatiques afin de réévaluer les relations entre Israël et la Turquie», a posté Eli Cohen sur le réseau social X (anciennement Twitter).
La branche militaire du Hamas a affirmé samedi qu’elle était prête à relâcher les otages qu’elle avait enlevés lors de son attaque sur le sol israélien en échange de la libération de tous les Palestiniens incarcérés en Israël.
«Le prix à payer pour le grand nombre d’otages de l’ennemi qui sont entre nos mains est de vider les prisons de tous les détenus» palestiniens, a déclaré le porte-parole militaire du Hamas, Abou Obeida, dans un enregistrement vidéo diffusé par la chaîne de télévision du Hamas, Al-Aqsa.
L’Arabie saoudite a mis en garde Israël samedi contre toute nouvelle opération terrestre dans la bande de Gaza, dénonçant une violation «injustifiée» du droit international.

Après avoir annoncé une intensification de ses «frappes de manière significative» vendredi soir, l’armée israélienne a confirmé samedi que ses forces étaient «entrées dans Gaza et y avaient étendu leurs opérations», après deux incursions avec des blindés au cours des deux nuits précédentes.
L’Arabie saoudite «dénonce toute opération terrestre menée par Israël en raison des menaces pour la vie des civils palestiniens», selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
«La poursuite des violations flagrantes et injustifiées du droit international contre le peuple palestinien frère (…) aura des «répercussions graves sur la stabilité de la région», prévient Ryad.
«Le royaume appelle la communauté internationale à assumer ses responsabilités pour mettre immédiatement fin à cette opération militaire» et «permettre aux organisations humanitaires et de secours de fournir une aide humanitaire» aux civils, ajoute le communiqué officiel.
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Fayçal ben Farhane, s’est entretenu samedi avec ses homologues jordanien, marocain et égyptien de la nécessité de mettre fin à l’escalade militaire, selon le ministère saoudien des Affaires étrangères.
Cette guerre, déclenchée il y a trois semaines par l’attaque du Hamas contre Israël, la plus meurtrière dans l’histoire de pays, est la cinquième et la plus meurtrière dans la bande de Gaza, contrôlée par le mouvement islamiste palestinien, depuis le retrait unilatéral d’Israël du territoire palestinien en 2005.
L’armée israélienne a prévenu samedi qu’elle considérait désormais Gaza-ville et sa région comme un «champ de bataille» et a ordonné aux habitants de «partir immédiatement» vers le sud

«Le gouvernorat de Gaza est devenu un champ de bataille. Les lieux d’abris et l’ensemble du gouvernorat ne sont pas sûr», peut-on lire sur des tracts que l’armée israélienne affirme avoir largués dans le territoire palestinien. «Vous devez partir immédiatement vers les zones au sud de Wadi Gaza», la rivière qui traverse le territoire d’est en ouest.
«Les principaux coupables des massacres à Gaza sont les Occidentaux. A l’exception de quelques consciences qui ont élevé la voix, (ces) massacres sont totalement l’oeuvre de l’Occident», a lancé le président turc Recep Tayyip Erdoganl.

Le chef de l’État turc a fait cette déclaration lors d’un «meeting de soutien à la Palestine» qui a rassemblé plusieurs centaines de milliers de personnes sur l’ancien aéroport Atatürk d’Istanbul ce samedi.
Le milliardaire américain Elon Musk a assuré samedi que son service d’accès à internet par satellite Starlink soutiendrait la connectivité des «organisations d’aide internationalement reconnues» à Gaza, coupé du monde depuis vendredi en raison de l’arrêt des télécommunications et d’internet.
«Starlink soutiendra la connectivité des organisations d’aide internationalement reconnues à Gaza», a écrit Elon Musk sur le réseau social X (ex-Twitter), dont il est également le propriétaire.
Il répondait à un message d’une élue démocrate à la Chambre des représentants américaine, Alexandria Ocasio-Cortez, qui avait jugé samedi «inacceptable» l’arrêt des télécommunications dans le territoire palestinien.
Le service d’accès à internet par satellite Starlink, exploité par la société SpaceX, propriété d’Elon Musk, avait aussi été déployé en Ukraine peu de temps après son invasion par la Russie en février 2022.
En septembre, le milliardaire américain avait dit avoir empêché une attaque ukrainienne contre une base de la marine russe en 2022, en refusant une demande de Kiev d’activer ce service en mer Noire, près de la Crimée annexée par Moscou.
«Nous avons reçu une demande d’urgence des autorités gouvernementales pour activer Starlink jusqu’à Sébastopol. L’intention évidente était de couler la majeure partie de la flotte russe au mouillage», avait-il écrit sur X.
Ces déclarations avaient été fermement condamnées par un conseiller à la présidence ukrainienne, Mykhaïlo Podoliak. La ville de Sébastopol abrite la base de la flotte russe positionnée en mer Noire sur la péninsule de Crimée, annexée par Moscou en 2014.
Le Haut-Commissaire des Nations unies au droits de l’homme a dit samedi craindre qu’une opération militaire israélienne terrestre d’envergure à Gaza ne «fasse des milliers de morts civils en plus».

«Compte tenu de la manière dont les opérations militaires ont été menées jusqu’à présent, dans le contexte d’une occupation vieille de 56 ans, je tire la sonnette d’alarme quant aux conséquences potentiellement catastrophiques des opérations terrestres à grande échelle à Gaza et à la possibilité qu’elles fassent des milliers de morts civils en plus», a écrit Volker Türk dans un communiqué diffusé à Genève.
«Lorsque ces hostilités prendront fin, ceux qui auront survécu se retrouveront face aux décombres de leurs maisons et aux tombes des membres de leur famille», souligne M. Türk, qui juge qu' »infliger des blessures et des traumatismes à des centaines de milliers de personnes n’aide personne.»
«Les conséquences humanitaires et en matière de droits humains seront dévastatrices et durables», ajoute-t-il, rappelant aux parties leurs obligations en matière de droit humanitaire international.
«La violence continue n’est pas la solution», a martelé Volker Türk, qui appelle «toutes les parties ainsi que les Etats tiers, en particulier ceux qui ont une influence sur les parties au conflit, à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour désamorcer ce conflit et à œuvrer pour que les Israéliens et les Palestiniens puissent pleinement profiter des droits de l’homme et vivre côte à côte, en paix.»
A l’instar de ses collègues d’autres agences onusiennes comme l’Organisation mondiale de la santé et le Haut commissariat aux réfugiés, M. Türk s’est inquiété du sort de son équipe sur place dont il est sans nouvelles depuis qu’internet et les communications téléphoniques ont été coupées vendredi.
«Il n’y a aucun endroit sûr à Gaza et il n’y a aucun moyen d’en sortir. Je suis très inquiet pour mes collègues, comme pour tous les civils de Gaza», a déclaré le responsable onusien.
Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme et M. Türk lui-même font l’objet de sévère critiques de la part d’Israël qui accuse ce dernier d’avoir une position trop favorable envers les Palestiniens.
Un nouveau rassemblement de soutien pour la Palestine a débuté samedi après-midi sur la place fédérale à Berne. Le groupe Palestine de Berne a appelé à cette manifestation autorisée.

Quelques centaines de personnes étaient rassemblées devant le Palais fédéral en début d’après-midi, a constaté un journaliste de Keystone-ATS sur place. «Nous exigeons un cessez-le-feu immédiat et la fin du génocide», disait l’appel lancé sur les médias sociaux par les organisateurs.
Les manifestants ont brandi des drapeaux palestiniens, tandis que de nombreux policiers observaient la scène. Un rassemblement précédent initié par le groupe Palestine de Berne (Palästina Gruppe Bern) avait déjà réuni voici deux semaines plusieurs centaines de personnes sur la Schützenmatte à Berne.
Un Palestinien a été tué samedi par un colon israélien dans la région de Naplouse dans le nord de la Cisjordanie occupée, a annoncé le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne.

Bilal Abou Salah, 40 ans, a été «tué d’une balle dans la poitrine tirée par un colon» dans le village de Sawiya près de Naplouse, a indiqué le ministère dans un communiqué.
Le maire de Sawiya, Mahmoud Hassan, a affirmé à l’AFP que Bilal Abou Salah a été tué alors qu’il cueillait des olives avec d’autres membres de sa famille dans leur terre située non loin de la clôture de sécurité de la colonie israélienne de Rechelim.
«Ils ont été attaqués par quatre colons et l’un d’eux, armé d’un fusil M16, a ouvert le feu sur eux sans sommation. Abou Salah a été touché à la poitrine et il est tombé en martyr devant sa famille et ses enfants», a-t-il indiqué.
Interrogée par l’AFP, l’armée israélienne n’a pas réagi dans l’immédiat.
Plus de 100 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie lors d’opérations de l’armée israélienne depuis le déclenchement le 7 octobre de la guerre dans la bande de Gaza entre le Hamas et Israël.
La situation en Cisjordanie, occupée depuis 1967 par Israël, était déjà tendue avant cette guerre avec des raids réguliers menés par les forces israéliennes et une recrudescence des attaques de colons israéliens contre la population palestinienne.
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées samedi après-midi à Zurich pour plaider en faveur d’une «Palestine libre». La ville avait autorisé cette manifestation.

Les organisateurs avaient appelé à n’apporter que des drapeaux palestiniens. Les déclarations antisémites étaient strictement interdites, précisait l’appel.
Dès 13h30, il n’y avait ainsi que des petits et grands drapeaux palestiniens et des keffieh – l’écharpe à carreaux noirs – sur l’Helvetiaplatz, près de la maison du Peuple à Zurich, a constaté un journaliste de l’agence Keystone-ATS sur place.
Des manifestations en faveur de la cause palestinienne sont également prévues ce samedi à Berne, Bâle et Genève. La semaine dernière, les villes de Suisse alémanique avaient pour la plupart interdit les manifestations, notamment celles liées au conflit actuel entre Israël et le mouvement du Hamas dans la bande de Gaza.
Le ministère de la Santé du Hamas annonce un bilan de 7703 morts dont 3500 enfants parmi les victimes recensées depuis le début de la guerre le 7 octobre.

Des frappes aériennes israéliennes ont détruit des centaines de bâtiments dans la bande de Gaza au cours de la nuit, a déclaré le 28 octobre le service de défense civile du territoire palestinien contrôlé par le Hamas.
Un haut responsable du Hamas, Moussa Abou Marzouk, en visite à Moscou, a affirmé samedi que le mouvement palestinien tentait de déterminer la localisation de huit otages ayant la double nationalité russe et israélienne afin de les libérer.

«Nous recherchons maintenant les personnes qui ont été signalées par la partie russe. C’est difficile, mais nous cherchons. Et dès que nous les aurons trouvées, nous les libérerons», a déclaré ce responsable, cité par l’agence de presse d’État russe Ria Novosti.
Il a expliqué avoir reçu de la part du ministère russe des Affaires étrangères une liste de huit noms de binationaux russo-israéliens qui seraient détenus dans la bande de Gaza.«Nous sommes très attentifs à cette liste et nous la traiterons avec soin car nous considérons la Russie comme notre amie très proche», a encore dit Moussa Abou Marzouk.
Le responsable du Hamas était arrivé jeudi à Moscou pour des discussions, une première depuis le début du conflit avec Israël il y a près de trois semaines. Ces discussions portaient notamment sur la libération des otages et l’évacuation des citoyens russes.
Mardi, le Kremlin avait indiqué qu’aucun progrès n’avait été réalisé pour libérer les otages russes enlevés par le Hamas, et même reconnu ne pas savoir combien il y en avait. Des centaines de ressortissants russes vivent en outre dans la bande de Gaza, ciblée par les bombardements israéliens.
La Russie, contrairement aux États-Unis, ne considère pas le Hamas comme une organisation terroriste et a toujours entretenu des relations avec le mouvement islamiste palestinien.
Si Moscou a condamné les attaques lancées le 7 octobre contre des civils israéliens, elle insiste également sur la nécessité d’un État palestinien pour mettre fin au conflit et a mis en garde Israël contre les conséquences d’une riposte aveugle et meurtrière.
Des centaines de bâtiments ont été «entièrement détruits» dans la bande de Gaza dans les bombardements israéliens de la nuit, a indiqué samedi la Défense civile.

«Des centaines d’immeubles et de maisons ont été entièrement détruits et des milliers d’autres logements ont été endommagés», a affirmé à l’AFP le porte-parole de la Défense civile à Gaza, Mahmoud Bassal, ajoutant que les intenses bombardements de la nuit avaient «changé le paysage» du nord de la bande de Gaza.
Selon plusieurs témoignages que l’AFP a pu recueillir, les bombardements israéliens les plus violents de la nuit se sont concentrés sur des zones aux alentours de deux hôpitaux, al-Shifa à Gaza-ville et l’hôpital dit «indonésien» car construit grâce à des dons provenant d’Indonésie, dans le secteur de Jabaliya plus au nord.
Les raids ont détruit de nombreux bâtiments et laissé d’énormes cratères dans des rues entièrement défoncées.
Quelques heures avant le début des bombardements massifs vendredi soir, l’armée israélienne avait accusé le Hamas de «mener la guerre depuis les hôpitaux» de la bande de Gaza et de se servir de sa population comme «bouclier humain», ce que le mouvement islamiste a catégoriquement démenti.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a demandé samedi à Israël «d’arrêter immédiatement cette folie» et de mettre fin à ses attaques» dans un message posté sur X (ex Twitter).

«Les bombardements israéliens qui se sont intensifiés hier soir sur Gaza ont encore une fois visé les femmes, les enfants et les civils innocents et a approfondi la crise humanitaire en cours. Israël doit immédiatement arrêter cette folie et mettre fin à ses attaques», a affirmé le dirigeant turc.
Il a aussi invité à un rassemblement organisé samedi par son parti à Istanbul «où nous affirmerons haut et fort que nous sommes aux côtés du peuple palestinien contre la persécution d’Israël».
Le chef de l’Etat turc a annoncé sa participation à ce meeting intitulé «Grand rassemblement pour la Palestine» et qui se tiendra sur le terrain de l’ancien aéroport Atatürk d’Istanbul.
Recep Tayyip Erdogan a dans les jours précédents durci son ton à propos des bombardements menés par Israël à Gaza en représailles à l’attaque sanglante du Hamas le 7 octobre qui a fait 1400 morts selon les Israéliens.
Il avait annoncé mercredi renoncer à tous ses projets de déplacement en Israël et stigmatisé l’incapacité des Occidentaux à arrêter la guerre à Gaza.
«Le Hamas n’est pas un groupe terroriste, c’est un groupe de libérateurs qui protègent leur terre», avait-t-il aussi dit, attirant les foudres d’Israël.
Après avoir appelé à la retenue dans les jours qui ont suivi le massacre d’Israéliens perpétrés par le Hamas, le président turc a changé de ton et dénoncé un «génocide» après la frappe, la semaine dernière, sur un hôpital de Gaza qu’il a immédiatement attribuée à Israël – sans jamais revenir dessus.
Les familles des otages, en majorité israéliens, retenus par le Hamas dans la bande de Gaza ont exprimé samedi leur «inquiétude» et exigé du gouvernement des explications après les bombardements intenses de l’armée contre ce territoire palestinien.

«Les familles s’inquiètent du sort de leurs proches et attendent des explications. Chaque minute semble être une éternité. Nous exigeons que le ministre de la Défense Yoav Gallant et les membres du cabinet de guerre nous rencontrent ce matin», selon un communiqué de l’association regroupant les familles de plus 220 otages enlevés par le Hamas le 7 octobre.
Le Forum exprime sa «colère énorme qu’aucun des membres du cabinet de guerre n’ait pris la peine de rencontrer les familles des otages pour leur expliquer une chose: est-ce que l’opération au sol met en danger les 229 otages» identifiés par les autorités.
Les commandos du Hamas ont enlevé des dizaines de personnes ainsi que des corps, et les ont ramenées dans la bande de Gaza. Les autorités ont identifié 229 otages, selon les derniers chiffres publiés vendredi par l’armée israélienne.
Une Américaine et sa fille ainsi que deux octogénaires israéliennes ont été libérées par le Hamas après une médiation égypto-qatarie.
L’armée israélienne a annoncé samedi avoir «frappé 150 cibles souterraines» dans le nord de la bande de Gaza au cours d’une nuit de bombardements très intenses.

Israël est convaincu que le mouvement islamiste palestinien dirige et organise ses opérations depuis un gigantesque réseau de tunnels sous-terrain.
«Durant la nuit, les avions de combat de Tsahal (armée israélienne) ont frappé 150 cibles souterraines dans le nord de la bande de Gaza, dont des tunnels utilisés par les terroristes, des sites de combat souterrains et d’autres infrastructures souterraines. Plusieurs terroristes du Hamas ont été tués», a indiqué le communiqué publié après une nuit d’intenses raids israéliens contre le territoire.
L’armée israélienne affirme en outre avoir tué un responsable du Hamas qui était en charge «des paramoteurs, des drones, du matériel de détection et de la défense aérienne».
«Asem Abou Rakaba avait pris part à l’organisation du massacre dans les communautés en bordure de la bande de Gaza le 7 octobre», «il avait dirigé les terroristes qui s’étaient infiltrés en Israël avec des paramoteurs et il était responsable des attaques de drones sur des postes de surveillance de Tsahal», précise le communiqué.
«Nous bombardons la bande de Gaza avec une intensité jamais vue. Par les airs, au sol et sous la terre – Tsahal éliminera tout terroriste qu’il soit important ou secondaire et (détruira) toute l’infrastructure terroriste du Hamas», a affirmé un officier supérieur israélien engagé dans les opérations dans le sud d’Israël, cité sur le compte X (ex Twitter) officiel de l’armée.
Les bombardements israéliens se poursuivaient samedi matin sur la bande de Gaza, selon des journalistes de l’AFP positionnés dans le secteur.
Aucun bilan n’a été communiqué mais des sources médicales dans le territoire palestinien ont dit à un journaliste de l’AFP craindre un grand nombre de victimes et des dégâts important à la suite de ces bombardements
Des explosions sporadiques étaient toujours entendues samedi matin par un journaliste de l’AFP à l’intérieur de la bande de Gaza, en provenance d’avions de la chasse israélienne, de l’artillerie et de la mer.
L’intensité des frappes aériennes et des tirs d’artillerie ont faibli par rapport à la nuit, selon ce journaliste.
Une brume épaisse recouvre des zones entières du nord de Gaza, a indiqué un autre journaliste positionné à Ashkelon, dans le sud d’Israël, à moins de dix kilomètres de la frontière.
Des heures de bombardements et de frappes ininterrompus ont fait trembler les fenêtres et le sol d’Ashkelon dans la nuit, jusqu’à 04H00 locales (01H00 GMT).
La fumée et une odeur âcre de brûlé envahissaient l’air au lever du soleil à Ashkelon et Sderot, dans le sud d’Israël, tandis que les avions de la chasse israélienne continuaient à voler à basse altitude et que l’on entendait régulièrement depuis des détonations en provenance de Gaza.
La bande de Gaza est coupée du monde depuis vendredi en raison de l’arrêt des télécommunications et d’internet.
Plusieurs centaines de personnes ont été arrêtées vendredi à New York pendant une manifestation organisée par un mouvement juif contre les bombardements d’Israël sur Gaza, selon la police et les organisateurs. La police de New York a annoncé au moins 200 arrestations, et les organisateurs ont affirmé que plus de 300 personnes avaient été interpellées lors de la dispersion de ce rassemblement à l’intérieur de la gare new-yorkaise de Grand Central.
Des photos prises sur place ont montré de longues files de jeunes gens menottés, portant des sweat-shirts noirs sur lesquels étaient imprimées en blanc les expressions «Not In Our Name» (pas en notre nom) et «Cease Fire Now» (cessez le feu maintenant). Le sit-in massif a été organisé par le groupe Jewish Voice for Peace-New York City, selon qui plusieurs milliers de participants ont bloqué le hall principal de la gare.
Des images ont montré le terminal bondé de protestataires brandissant des banderoles sur lesquelles on pouvait lire «Les Palestiniens doivent être libres» et «Pleurer les morts, se battre comme un diable pour les vivants». Des rabbins ont lancé l’événement en allumant des bougies de shabbat et en récitant le kaddish, la prière juive pour les morts.
La coupure des télécommunications et d’internet dans la bande de Gaza soumise à d’intenses bombardements israéliens risque de «servir de couverture à des atrocités de masse», a averti samedi l’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW). «Cette coupure de l’information risque de servir de couverture à des atrocités de masse et de contribuer à l’impunité des violations des droits humains», a déploré une responsable de HRW, Deborah Brown, dans un communiqué.
Les frappes américaines de jeudi en Syrie ont touché des stocks de munitions liés aux Gardiens de la Révolution iraniens, a affirmé vendredi la Maison-Blanche, estimant que cette opération aurait un impact «important» sur les capacités d’attaque des groupes proches de Téhéran dans la région.

Les frappes «ont directement visé des installations de stockage et des dépôts de munitions dont nous savons qu’ils seront utilisés pour soutenir ces milices, particulièrement en Syrie», a déclaré le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche, John Kirby.
«Le principal but était de perturber» les capacités opérationnelles des Gardiens de la Révolution iraniens et des groupes pro-Téhéran affiliés, «et aussi de dissuader, pour éviter de prochaines attaques», a-t-il ajouté. Des groupes armés proches de l’Iran ont menacé de s’en prendre aux bases américaines au Moyen-Orient en raison du soutien de Washington à Israël dans sa guerre contre le Hamas.
«Honte à vous!», a lancé vendredi l’ambassadeur israélien à l’ONU, qualifiant d’«infamie» le vote par l’Assemblée générale d’une résolution réclamant une «trêve humanitaire», mais sans mentionner le Hamas, au 21e jour de la guerre entre Israël et le Hamas.
«C’est un jour sombre pour l’ONU et pour l’humanité», a fustigé Gilad Erdan, assurant qu’Israël continuerait à utiliser «tous les moyens» à sa disposition pour «débarrasser le monde du mal que représente le Hamas» et «ramener les otages chez eux».

Le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi, a lui averti vendredi qu’une invasion terrestre israélienne de la bande de Gaza provoquerait une «catastrophe pour des années». «Le résultat serait une catastrophe humanitaire aux proportions colossales pour les années à venir», a déclaré Ayman Safadi sur X, anciennement Twitter, depuis New York où il assistait à une réunion de l’Assemblée générale de l’ONU.
APPIS/ATS/EAH/MWE/LMA/TWI