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L’association Agir pour l’Environnement affirme : « Par facilité et démagogie, le gouvernement de
Gabriel Attal a multiplié les renoncements écologiques supposés répondre à la colère des
agriculteurs ».

Vincent Meyer

Le premier ministre conforte une opposition caricaturale entre environnement et
agriculture : il suspend le plan Ecophyto qui visait à réduire le recours aux pesticides, il soutient les
nouveaux OGM, il va « simplifier » le droit protégeant les haies, et il veut réduire les délais de recours
juridiques qui permettaient de bloquer des projets illégaux comme certaines méga-bassines ou
certains élevages industriels. Un grand bond en arrière qui va empêcher l’agriculture de faire face
aux enjeux climatiques et énergétiques de demain. On apaise provisoirement une crise sociale au
prix d’une crise écologique. Ces petits arrangements avec la nature traduisent une incapacité à tenir
compte des contraintes écologiques. Lesquelles vont peser de plus en plus lourdement sur nos
modes de vie, notre santé, notre avenir.
La Charte de l’Environnement (loi constitutionnelle de 2005) précise que « les choix destinés à
répondre aux besoins du présent ne doivent pas compromettre la capacité des générations futures et
des autres peuples à satisfaire leurs propres besoins ». En collant des rustines, de plus en plus
poreuses et coûteuses, sur un système qui n’est plus adapté, nous refusons de changer de paradigme
dans un contexte planétaire qui pourtant l’exige. Paul Valery disait : « Ce qui a été cru par tous, et
toujours, et partout, a toutes les chances d’être faux ». Il en va ainsi du mythe de la croissance infinie
qui fait fi de l’épuisement des ressources, de la croyance magique au progrès technique, de l’illusion
d’une agriculture industrielle productiviste qui dénature la terre par les pesticides, détruit la
biodiversité et augmente le risque sanitaire. Sur le long terme, tout ce qui est contre nature est voué
à disparaitre.
Mais qu’il est difficile de changer quand les intérêts en cause dépassent largement ceux qui souffrent
du manque d’anticipation et de courage des décideurs ! Lesquels sont soumis à la pression croissante
et constante des lobbies internationaux. A qui profite les accords de libre échange qui gavent le
bétail français d’aliments OGM, qui mettent dans nos assiettes des produits échappant aux
contraintes imposées à nos agriculteurs et qui laminent les revenus du travail de la terre ? La colère
est juste. La réponse doit être responsable. Les mesures de court terme ne doivent pas exempter les
pouvoirs publics d’une remise en question radicale du système, de la moralisation des échanges
internationaux, du contrôle strict des géants agroalimentaires et financiers qui tirent les ficelles.
Comme le disait Gandhi, « le monde est assez grand pour satisfaire les besoins de tous, mais il sera
toujours trop petit pour satisfaire l’avidité de quelques-uns ».
Pour autant, nous sommes tous concernés personnellement. Ne serait-ce que parce que nous
sommes, en tant que consommateurs, au bout de la chaine. Par nos modes de consommation,
encore plus que par nos votes ou nos manifestations, nous pouvons participer au changement. Et
nous devons convenir que, pour chacun d’entre nous, changer les habitudes n’est pas chose si aisée.
Soyons encore plus exigeants sur l’origine, la qualité et la pertinence de ce que nous consommons. Il
y faut de la conscience, de la vigilance, du courage, de la constance. Jean Monnet disait : « Les
hommes n’acceptent le changement que dans la nécessité et ils ne voient la nécessité que dans la
crise ». Mais la crise est là et ne va faire que s’accentuer. Ne prétendons pas que les choses
changent, si nous continuons de faire la même chose. Faisons résolument confiance en notre
capacité d’adaptation. Pour Charles Darwin, « ce ne sont pas les plus les plus forts qui survivent, ni
les plus intelligents, mais ceux qui sont les plus rapides à s’adapter au changement ».
Ecoutons Lao-Tseu : « Si les gens ne vénèrent pas la loi de la nature, elle jouera inexorablement en
leur défaveur. S’ils l’acceptent avec reconnaissance et vénération, elle les traitera avec équilibre et
harmonie ». Et je laisse Pierre Rabhi ouvrir un avenir radieux : « Un jour, il nous faudra bien répondre

à notre véritable vocation, qui n’est pas de produire et de consommer sans fin, mais d’aimer,
d’admirer et de prendre soin de la vie sous toutes ses formes ».

A méditer.

Vincent Meyer

vincentmeyer2012(@)gmail.com

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