Billet d’humeur (la bonne ?)
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Au risque de déplaire… ou de sembler benête ou naïve…
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Ce vendredi 22 mars, à Die, il y avait une réunion municipale à propos de l’avenir du centre-ville et des commerces. J’ai décidé d’aller y voir
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» Casserolade * » du Mardi 19 mars 2024 devant la mairie de Die à 19heures » : photo MCD.
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En effet, depuis 2018 où j’habite à cette ville, dans un choix très consenti, je ne me suis que partiellement impliquée dans la vie de la commune. Relationnellement, associativement
culturellement, oui, mais peu dans la gestion communale. Globalement, je m’estime une Dioise contente…
En tout cas, ce que je peux dire, c’est que j’apprécie, après une vie en grande agglomération, cette petite ville dynamique entourée d’un paysage qui me ravit encore et encore.
J’apprécie qu’il y ait tant de commerces (comparé à d’autres charmants villages alentour).
Je pense que l’équipe municipale actuelle fait du mieux qu’elle peut, et bien sûr, que ça ne peut être parfait. Je pense comprendre que cet engagement de citoyen.ne.s élu.e.s n’est
guère facile.
Surprise en arrivant, ce vendredi soir, j’ai vu la foule assemblée devant la mairie, alors que je pensais trouver une participation plutôt restreinte. Je ne savais pas… Je n’avais pas entendu
la « casserolade » tonitruante du mardi précédent à l’occasion du conseil municipal…
J’avoue avoir été surprise par la densité de la colère, les propos belliqueux d’un bon nombre de présents : c’était tendu, brusque, violent, explosif. Pas cool du tout… De la maltraitance
citoyenne ?…
Pendant cette rencontre tumultueuse à visée a priori de concertation sur la circulation et les commerces dans la ville, j’ai cherché à comprendre, autant que possible ce qui se jouait.
Je crois que je comprends le désarroi des commerçants qui ont misé à fond sur leur activité, précieuse pour tous, qui s’y tiennent tous les jours, qui font de leur mieux, qui accueillent
bien, qui rendent service, qui animent la ville : bref, de bons commerçants !
Je comprends aussi que c’est leur gagne-pain, ce n’est pas rien, et que, par conséquent, un bon chiffre d’affaires, c’est mieux.
Mais ce à quoi je n’adhère pas, c’est cette hargne débordante, cet échauffement contagieux des points de vue, cet aveuglement, en se chauffant le bourrichon.
Ces commerçants si dévoués, si accueillants ont formé dans ces occasions comme une horde hurlante et méchante… qui déverse, sans discernement, me semble-t-il, sa plainte sur
l’équipe municipale, qui crie haro sur le baudet, qui désigne un bouc émissaire (et l’on sait combien ce principe survient et nuit dans les moments de crise).
Quelle outrance ! Quel dommage !
Je le répète : oui, je comprends qu’un commerçant veuille la réussite de son affaire et que, si ça flanche, cela fâche, contrarie et perturbe aussi la vie personnelle. Oui, je le comprends.
Mais pourquoi décharger sur l’équipe municipale cette rage qui en devient disproportionnée.
Certes, c’est la mission des élus municipaux de gérer la cité, mais ils ne peuvent pas tout faire. Regardez bien, ils ne sont pas responsables de tout, ils n’ont pas tout pouvoir.
Deux points me sont venus ce vendredi pendant cette houleuse réunion. Devant tant d’échauffement des avis, j’avoue ne pas avoir su prendre la parole.
Alors, je l’écris maintenant.
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1) La ville, les rues, la circulation, le stationnement :
Voyez-vous combien les rues de notre charmante ville sont étroites, combien la ville resserre depuis des temps anciens ses artères et ne facilite pas le passage ? Comment alors arranger
aisément la circulation dans cette exigüité, en considérant aussi l’accroissement du nombre de voitures ? Comment supporter ces périodes où des travaux bloquent le passage ?
Comment concilier l’utilisation des voies entre piétons, vélos et voitures, sinon en étant dans une précaution mutuelle et civique puisque le terrain n’est pas large ?
L’impatience et la colère sont-elles les remèdes à cet état de fait ? Allons-nous pousser les murs pour garer des voitures ?…
Face à ces contraintes architecturales, logistiques, financières, la municipalité a-t-elle les moyens de tout résoudre ?
J’ai bien peur que non.
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2) L’autre point qui m’est venu à l’esprit porte sur l’évolution du commerce et de la situation économique générale :
Des besoins et des habitudes qui évoluent, des modes, les grandes surfaces versus les petits commerces, la vente par internet qui s’intensifie, une situation économique des foyers qui se
dégrade, l’anxiété planétaire qui s’intensifie (conflits, climat…) ou personnelle devant l’évolution de notre monde (peurs, colères, réactions fortes)… Tout cela peut-il vraiment être
mis sur le dos d’une équipe municipale ?
Est-ce donc si difficile de ne pas s’arrêter qu’à son désappointement pour ouvrir les yeux, les oreilles, et même le cœur, au profond de cette humanité commune qui est nôtre ? En
essayant davantage la compréhension de l’autre, la conciliation, l’arrangement avec plutôt que des hurlements contre ?
Si on regarde bien, les élus, les citoyens, les commerçants, nous sommes tous sur le même bateau.
Les élus sont juste des citoyens qui se portent volontaires pour gérer la ville dans le temps d’un mandat avec des limites de moyens qu’il me semble nécessaire de ne pas oublier.
Les élus ne détiennent pas de baguettes magiques. C’est dommage, d’ailleurs.
Nul n’est parfait. Je suis convaincue, que dans une concertation paisible et respectueuse, il peut y avoir des résolutions, rapides selon, en simplifiant autant que possible quand c’est
urgent, et à plus long terme selon la complexité.
Comment faire tous ensemble de notre mieux en ne nous trompant pas de cible, en ne nous laissant pas dominer par des peurs viscérales, irrationnelles parfois, en dépassant nos a priori
et nos blocages ?
Même bateau, même pétrin… Vaut mieux ramer ensemble, non ?
Faudrait tout de même pas qu’on joue des matches comme Russie/Ukraine ou Israël/Palestine ! Si nous nous laissons aller, ça va bigrement y ressembler…
Et ça, non, je n’en veux pas !
Je me sens vraiment très peinée d’avoir vu cette violence. J’ai vraiment envie d’autre chose.
Et je crois que c’est possible.
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Michèle Geoffroy
26150 Die
« Casserolade » : En 1971, en Amérique du Sud, la bourgeoisie et la droite chilienne ont brandi leurs casseroles pour s’insurger contre les pénuries sous le régime de Salvador Allende, avant le coup d’État de 1973. Note de MCD
Bonjour,
Merci de votre texte. Pour votre info nous sommes une trentaine de commercant à n’avoir pas du tout adhérer ni à la casserolade ni a la manif du 22.
Nous avons rédigé le communiqué ci joint pour le journal du diois.
L’ambiance etant déplorable, beaucoup n’ont pas voulu le signer.
D’accord en tout point avec votre texte.
Bien a vous
Philippe Leeuwenberg
Atelier du 9bis
Rue du viaduc