Complotisme : ces six théories de plus en plus populaires chez les Français
Selon l’étude du régulateur de la communication visuelle et numérique de l’audiovisuel, l’Arcom, 60 % des Français affirment croire à au moins une thèse complotiste. Un phénomène notamment lié à l’utilisation intensive des réseaux sociaux.
Les personnes interrogées sont 10 % à croire la moitié des thèses proposées, et 24 % à adhérer à la plus répandue : celle qui affirme que « le gouvernement est de mèche avec l’industrie pharmaceutique pour cacher la nocivité des vaccins ».
Ce phénomène reste particulièrement marqué chez les utilisateurs réguliers des réseaux sociaux – 47 % des Français affirment s’informer tous les jours via ces canaux – et notamment sur les plateformes vidéos. L’âge et le niveau d’études entrent également en compte : les personnes âgées de plus de 60 ans ainsi que celles qui n’ont pas suivi des études supérieures sont davantage susceptibles de croire à certaines théories conspirationnistes.
Efficacité de l’hydroxychloroquine et réchauffement climatique
Le rapport de l’Arcom se veut toutefois rassurant sur l’appétence des Français vis-à-vis de l’actualité. Ils sont 94 % à déclarer s’intéresser à l’information et à s’informer tous les jours. A l’inverse, « ceux qui déclarent n’être intéressés par aucun sujet […] manifestent moins de confiance envers les institutions, moins d’ouverture aux autres, et une plus forte perméabilité aux thèses complotistes ».
Cette étude vient confirmer une précédente enquête menée par l’Ifop et le site AMB-USA.fr, publiée en avril dernier. Cette dernière analysait le comportement des populations françaises et américaines vis-à-vis des théories du complot. Ainsi, 35 % des Français interrogés déclarent adhérer « aux théories du complot » – et non pas l’une en particulier – dont 9 % sont totalement convaincus.
Par ailleurs, quelques années après la crise du Covid, certaines contre-vérités demeurent populaires. A l’instar de l’efficacité de l’hydroxychloroquine, ardemment défendue par Didier Raoult, à laquelle 21 % disent encore croire.
Ces chiffres sont, certes, moins significatifs qu’aux Etats-Unis, où 55 % de la population répond favorablement, mais ils attestent d’une augmentation massive de ces adeptes français. En 2018, ils étaient 21 % à croire au moins cinq théories du complot, selon une autre enquête menée par l’Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès et Conspiracy Watch.
Selon cette étude, les personnes qui ont le sentiment de ne pas avoir réussi leur vie sont surreprésentées chez celles qui adhèrent à un plus grand nombre de théories du complot que la moyenne. En outre, le conspirationnisme est corrélé au spiritisme et à la croyance en la voyance : 51 % de ceux qui adhèrent à cinq théories du complot ou plus pensent que certaines personnes ont des dons de voyance, contre 18 % chez ceux qui n’adhèrent à aucune de ces théories.
Chloé Sémat
