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Journée des droits des femmes : "Laïcité et féminisme sont deux principes faits pour se conjuguer"

« En Iran ou en Afghanistan, des femmes sont violentées par des islamistes qui s’évertuent à consolider l’ordre de subordination sociale dont sont victimes leurs mères, leurs femmes ou leurs sœurs. »

Journée des droits des femmes : « Laïcité et féminisme sont deux principes faits pour se conjuguer »

Léon Deffontaines et Hélène Bidard

Pour Léon Deffontaines, tête de liste communiste aux élections européennes, et Hélène Bidard, membre du secrétariat politique du Parti de la gauche européenne, dont deux ces deux principes l’avers et l’envers d’une même pièce, celle de l’universel.

Le 4 mars dernier, notre République s’est honorée aux yeux du monde entier en constitutionnalisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Suivant sa plus belle tradition humaniste, notre pays a rallumé ses lumières, donnant ainsi le signe à toutes les femmes, où qu’elles se trouvent, que leur combat, passé, présent et futur n’est pas vain. Cette victoire, rendue possible par le courage de millions de féministes, était nécessaire pour contrer les velléités des réactionnaires et des obscurantistes qui n’ont absolument pas renoncé à restreindre le droit des femmes.

C’est vrai en France, où l’extrême droite et ses relais médiatiques se sont vertement opposés à cette mesure, appuyés dans leur entreprise par les pressions religieuses de tous bords. C’est aussi vrai en Europe, qui voit un certain nombre de pays dirigés par des gouvernements rétrogrades s’attaquer aux droits des femmes, mais aussi à ceux des minorités. C’est vrai enfin en Iran ou en Afghanistan, où des femmes sont violentées par des islamistes qui s’évertuent à consolider l’ordre de subordination sociale dont sont victimes leurs mères, leurs femmes ou leurs sœurs.

Une laïcité émancipatrice

La laïcité, parce qu’elle est le fruit d’un consensus historique portant en elle à la fois la liberté de conscience et la séparation stricte des institutions publiques et donc politiques des religions, est un chemin d’émancipation de l’humanité et des femmes en particulier. C’est pourquoi, nous déplorons qu’une partie de la gauche se soit perdue en complaisance et arrangements opportunistes face à certains intégrismes religieux. Aujourd’hui, nous le payons cher. En délaissant sciemment cet ADN de fervents défenseurs de la laïcité, nous avons perdu du terrain dans la bataille idéologique que nous menons contre les obscurantismes.

Aujourd’hui, il est plus que temps de remettre la gauche sur le chemin d’une défense sans faux-semblant de la laïcité. Soyons fiers de prôner une laïcité émancipatrice, inventée dans ses balbutiements par les révolutionnaires de 1789. Soyons fiers de nous réclamer des communards et de Louise Michel, féministes et laïques, déterminés à instaurer l’égalité des sexes. Soyons fiers d’inscrire nos pas dans ceux de Jean Jaurès, instigateur de la loi de 1905, qui affirmait que la démocratie et laïcité sont deux termes identiques car « la démocratie n’est autre chose que l’égalité des droits » et que « la démocratie fonde en dehors de tout système religieux toutes ses institutions, tout son droit politique et social ».

En ce 8 mars, journée internationale des droits des femmes, nous affirmons que la laïcité et le féminisme sont deux principes universels faits pour se conjuguer. Nous affirmons que celui ou celle qui voudrait affaiblir la laïcité condamnerait le féminisme et réciproquement. Nous affirmons, avec Gisèle Halimi, que « la liberté n’a de sens que si elle sert à libérer les autres ».

Léon Deffontaines et Hélène Bidard

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