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Le parc naturel régional du Vercors s’élargit et s’offre un nouvel avenir

Les communes déjà engagées, et certaines qui ne le sont pas encore, sont invitées à signer la nouvelle charte du parc, aux ambitions renouvelées.

Après cinquante-quatre ans d’existence, le parc naturel régional (PNR) du Vercors est une entité bien enracinée dans les paysages drômois et isérois. Et pourtant, le parc doit régulièrement donner envie aux communes et collectivités de continuer d’en faire partie. Ainsi les instances du PNR ont-elles travaillé avec les élus pour présenter une nouvelle charte pour la période 2024-2039, suffisamment attractive pour que leurs communes choisissent d’y adhérer.

Olivier Putot, directeur du PNR du Vercors explique cette curiosité administrative : « Nous sommes une des rares entités publiques à être en contrat à durée déterminée auprès des communes, qui doivent renouveler leur adhésion tous les quinze ans. Si l’on veut continuer à filer la métaphore, la charte est en quelque sorte une lettre de motivation. »

Et que contient ladite lettre de motivation ? Les fondamentaux restent, à savoir la protection de la biodiversité et du paysage en adéquation avec les activités économiques phares du Vercors que sont l’agriculture, le tourisme et les activités forestières. Ce qui est nouveau, en revanche, est l’ajout d’un second volet de réflexion sur la transition écologique, touchant plusieurs domaines, que ce soit la biodiversité, l’agriculture, la forêt… Enfin la nouvelle charte intègre une troisième et dernière partie portant sur le partage des usages, un axe important et fort réclamé depuis un moment par les élus. Et qui invite à penser collectivement à ce qui rassemble ce territoire en matière de culture commune pour prévenir ainsi les conflits.

DES COMMUNES EN PLUS

Les 106 communes membres du parc sont ainsi invitées, via une délibération de leur conseil municipal, à signer la nouvelle charte d’ici la fin de l’année. « On en est au tout début, aujourd’hui onze d’entre elles ont signé, et trois intercommunalités sur six », précise le directeur du parc. Sont également invitées à adhérer de nouvelles communes qui n’avaient pas déjà signé la charte précédente, comme, dans la vallée, Eygluy-Escoulin, Montclar-sur-Gervanne, Cobonne, Suze ou Véronne. Mais également les communes du piémont qui n’étaient pas jusqu’ici dans le périmètre du parc telles que Ourches, Vaunaveys-la-Rochette et la Baume-Cornillane. Olivier Putot justifie ce choix : « D’un point de vue géomorphologique, ces communes du piémont appartiennent à ce massif, elles ont des liens culturels, économiques avec celui-ci. Nous n’allons pas nous étaler sur la plaine de Valence, le but est d’avoir un ensemble cohérent. Après, le choix des communes est souverain, il n’y a rien d’obligatoire. »

Car tous ne sont pas forcément convaincus, loin s’en faut. Ainsi Claude d’Hérouville, maire de Vaunaveys, déclare au Crestois ne pas vouloir donner suite à la proposition du parc. « Vaunaveys n’a pas émis le souhait d’en faire partie, car on n’en a pas besoin. La commune est à 90 % agricole, tout comme le conseil municipal, et nous sommes plutôt tournés vers la vallée de la Drôme que vers le plateau. Qui plus est, on a assez de mille-feuilles administratif comme ça. » Même son de cloche ou presque du côté de Cobonne, où le maire Philippe Ribière doute de l’intérêt d’adhérer – même si, précise-t-il, la décision ne sera prise que par le conseil municipal à l’issue d’un débat le 2 avril prochain : « Je ne vois pas en quoi Cobonne peut se rattacher à un parc dont le coeur géographique se situe plutôt en Isère. »

À Saillans, commune appelée à se prononcer en raison de sa fusion avec Véronne, le maire François Brocard se dit lui aussi franchement sceptique au vu du positionnement géographique du village. Le directeur du parc précise : « Saillans n’est en effet pas concernée, mais le label PNR proposé ne concerne que la partie Véronne. »

DE L’AIDE ET DES PROJETS

Mais tous les « petits nouveaux » ne sont pas aussi réticents. Ainsi Stéphane Cousin, maire d’Ourches, se montre ravi de la proposition et espère que son conseil municipal suivra le même chemin. « Nous sommes en phase de discussion, il y en a bien qui râlent mais je trouve que c’est vraiment une belle opportunité, s’enthousiasme-t-il. Certes, il faut payer une adhésion de 4,75 euros par habitant, ça représente en gros 1 200 euros par an pour Ourches. Mais l’adhésion au parc va nous rendre éligibles à des aides trois fois plus importantes, et nous avons des projets qui seront ainsi financés. Sans compter l’aide des architectes-conseils, de l’aide en termes d’image pour le tourisme qui peut être utile pour nos agriculteurs qui font beaucoup de vente directe… »

Les agents du parc ont prévu de faire plusieurs rencontres et débats publics pour expliquer tout cela aux habitants, lesquels peuvent également consulter sur son site web la somme des réalisations permises par cette coopération. De quoi espérer avoir plus de 106 signatures à la fin de l’année, afin de repartir vers quinze années de plus d’aventure en commun.

Blandine Flipo

Article publié dans Le Crestois du 22 mars 2024

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