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L’ancien maire de Pont-en-Royans et député de l’Isère Yves Pillet est décédé à l’âge de 84 ans

Yves Pillet s’est éteint dans la nuit du 9 au 10 mars 2024, à l’âge de 84 ans. Il avait été maire de Pont-en-Royans de 1977 à 2014, mais aussi président de la communauté de communes de la Bourne à l’Isère1 de 1998 à 2017, conseiller général de 1976 à 1994 et député de la 9e circonscription de l’Isère entre 1988 et 1993. Il a également présidé à deux reprises le Parc naturel régional du Vercors, de 1979 à 1985 et de 1998 à 2008.

Sur les réseaux sociaux, la municipalité de Pont-en-Royans rend hommage avec émotion à son ancien maire, un « grand monsieur » à qui elle doit « la médiathèque et son centre d’art, l’aire de loisirs, le Musée de l’eau, le quai de Bourne ». Un registre de condoléances a par ailleurs été mis en place jusqu’au 22 mars au bureau France services de la commune, et la mairie annonce d’ores et déjà que « le nom d’Yves Pillet sera prochainement donné à un lieu de la commune, afin de faire perdurer sa mémoire ».

Par voie de communiqué, le Parti socialiste de l’Isère a également rendu hommage à « l’ancien maire socialiste emblématique de Pont-en-Royans » que fut Yves Pillet. « Son engagement pour le territoire et le Vercors fut sans faille et appelle au plus profond respect », considère le parti, non sans souligner encore que « ses valeurs, ses convictions et sa pugnacité [ont] toujours été mises au service de l’intérêt général ». « La grande famille socialiste de l’Isère est en deuil et souhaite rendre hommage à sa mémoire », conclut-il.

Yves Pillet est décédé dans la nuit du 9 au 10 mars 2024 à l’âge de 84 ans.

L’ancienne sénatrice de l’Isère, Éliane Giraud, salue pour sa part « un militant actif pour la culture et l’environnement, un grand maire et un très grand président du Parc naturel régional du Vercors ». Ce sans oublier ses talents de « négociateur redoutable [qui] pouvait user de charme et de gentillesse, mais assez vite aussi de colère ». Car l’homme avait du caractère, rappelle-t-elle : « Ne pas en parler serait une faute… tellement celui-ci était aussi le signe de convictions fortes ».

La maire de Choranche et vice-présidente de Saint-Marcellin Vercors-Isère communauté se joint quant à elle aux hommages pour évoquer « un visionnaire qui avait toujours un projet à l’esprit pour sa commune et le service public et l’intérêt commun chevillé au corps ». « On se rappelle tous son œil pétillant et aguerri pour repérer ce qui cloche, ses répliques bien acérées et son humour parfois grinçant », souligne-t-elle. Et de conclure, résumant l’avis général de nombre de commentaires sur les réseaux sociaux : « Un sacré bonhomme nous a quittés ».

Florent Mathieu

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Yves Pillet
Yves Pillet

Figure politique marquante du Vercors, Yves Pillet vient de s’éteindre à l’âge de 84 ans le 10 mars 2024. Féru de culture, maire de Pont-en-Royans pendant presque 40 ans, mais aussi conseiller général et député, il a également été à deux reprises le président du Parc naturel régional du Vercors de 1979 à 1985 et de 1998 à 2008.

Cet homme, disposant d’un grand sens politique, avait toujours une longueur d’avance. Ceux qui le connaissaient disent de lui qu’il était dur mais qu’il était également un rassembleur et un visionnaire, très sensible aux questions liées à l’environnement.

Lors de son second mandat en tant que président du Parc naturel régional du Vercors, il dut gérer nombre de dossiers complexes et de contentieux à une période où l’institution se trouvait extrêmement fragilisée. Il a donc œuvré, avec l’équipe du Parc, pour le rétablissement des finances ; le conventionnement avec les associations historiques – le CPIE et l’APAP – ; à faire face aux accusations sur le retour du loup ; la rénovation du musée de la Préhistoire et de la partie muséographique du mémorial de la Résistance ; une première tranche de travaux du Piroulet ; la rénovation de la Maison du Parc ; les réintroductions d’espèces (Bouquetins des Alpes et Vautours fauves) ; la création des points relais d’accueil dans les différents secteurs ; la création de la Fête du bleu ; la révision de la charte de 2008…

La liste est longue des réalisations et des actions structurantes menées sous son impulsion.

Ainsi, bien qu’il nous ait récemment quittés, il laisse une empreinte indélébile chez ceux qui l’ont connu et au sein de l’institution du Parc du Vercors.

Nous présentons nos plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches. MCD

Isère : un dernier hommage aux obsèques d’Yves Pillet, ancien maire de Pont-en-Royans pendant près de 40 ans

Pont-en-Royans  avec Véronique Pueyo

Les obsèques d’Yves Pillet ont lieu le 14 mars à Arvillard, en Savoie, où il s’était retiré, pour se rapprocher de sa fille. Celui qui fut maire de Pont-en-Royans, durant près de 40 ans, s’est éteint le week-end dernier à l’âge de 84 ans. Son action a fortement marqué le Royans.

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.Yves Pillet, ici en juillet 1997, entouré de Bernard Perazio maire d'Auberives-en-Royans ( à gauche) et Jean-Louis Salezard, maire de Choranche

Yves Pillet, ici en juillet 1997, entouré de Bernard Perazio maire d’Auberives-en-Royans ( à gauche) et Jean-Louis Salezard, maire de Choranche

Yves Pillet a eu une longue carrière politique. Adhérent du Parti Socialiste, dont il avait été le responsable en Isère dans les années 90, il a été maire de Pont-en-Royans, durant près de 40 ans, député, conseiller général, président du Parc Naturel régional du Vercors. Il est arrivé dans le Royans par amour pour la pêche, une passion qu’il pouvait pratiquer sur les bords de la Bourne

Un militant de la culture en milieu rural

Mais il est aussi arrivé à Pont-en-Royans, dans les années 60, pour enseigner l’Histoire-Géographie et le Français. Bernard Perazio, 69 ans et actuel vice-président du Conseil Départemental, s’en souvient bien car il fut son élève au collège : « Yves était un prof charismatique, qui nous a ouvert, nous qui étions des ados, sur la culture, la montagne, la photographie, la littérature ! C’était un militant de la culture en milieu rural. Avec l’arrivée de la Gauche au pouvoir en 81, il avait mis en place, grâce au plan lecture de Jack Lang, la bibliothèque-médiathèque de Pont-en-Royans, qui fut la première en milieu rural. Il a aussi créé le Centre d’Art contemporain, qui est reconnu aujourd’hui au niveau national pour la DRAC et le Ministère de la Culture. »

 Yves Pillet pose devant les maisons suspendues de Pont-en-Royans
Yves Pillet pose devant les maisons suspendues de Pont-en-Royans

Yves Pillet avait aussi un talent d’orateur. Ainsi, il avait réussi à convaincre les douze maires de son canton de démissionner de leurs mandats, en juillet 1997, pour protester contre un arrêté préfectoral interdisant l’accès à plusieurs rivières exploitées par EDF, particulièrement fréquentées par les touristes et les pêcheurs. Cela faisait suite à la tragédie du Drac, le 4 décembre 1995, sur la commune de Saint-Georges-de-Commiers. Six écoliers et leur accompagnatrice avaient péri, emportés par les eaux du Drac après le lâcher d’eau d’un barrage.

Bernard Perazio, alors maire d’Auberives-en-Royans, avait suivi le mouvement et démissionné. « Yves était un visionnaire pour sa commune, qu’il a marquée de son empreinte. Ainsi, les maisons suspendues, qui font l’attrait touristique du site, et qui tombaient en ruine, ont pu être restaurées, sous son impulsion, et sont devenues des logements sociaux. Le Royans aujourd’hui pleure sa disparition. »

Un homme pudique

Yves Pillet était un homme pudique, qui avait gardé pour lui un drame personnel. Sa première épouse était morte en couches, en 1968, le laissant seul pour élever ses trois enfants. « Quand il a été interpellé à propos de la fermeture de la petite maternité de Saint-Marcellin, une fermeture voulue par l’Etat car présentant un manque de sécurité pour les mères, il a assumé, sans jamais évoquer sa tragédie personnelle. » se souvient Bernard Perazio.

« Nous n’étions pas du même bord politique, mais nous avons travaillé ensemble pendant près de 50 ans. Un sacré compagnonnage. » conclut-il. Dans un communiqué, le PS isérois rend aussi hommage à l’un des siens, dont « les valeurs, les convictions et la pugnacité ont toujours été mises au service de l’intérêt général. » Ses obsèques auront lieu ce jeudi 4 mars à 11 heures, à Arvillard, où il s’était retiré, pour être plus près de sa fille. La cérémonie sera suivie d’une crémation, dans l’intimité familiale.

  • Véronique Pueyo, France Bleu

Yves Pillet est mort : il avait été député de l’Isère et maire de Pont-en-Royans presque 40 ans

Maire de Pont-en-Royans de 1977 à 2014, mais aussi conseiller général et député, Yves Pillet s’est éteint dans la nuit de samedi à dimanche à l’âge de 84 ans.

Son interview « Demain le Vercors » (interview croisée avec Jean Faure) dans le hors série du magazine L’Alpe – Vercors en questions, 2001, pp.94-97 (à l’occasion des 30 ans du Parc) dans laquelle sa clairvoyance apparaît indiscutablement.

Montage MCD

Nous présentons nos plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches. MCD

A  MCD, nous avons bien fréquenté Yves Pillet… et peu de personne connaissent son cheminement politique e de 1966 à 1986. Claude Veyret pour MCD

Le Centre d’études, de recherches et d’éducation socialiste ou CERES, fondé en 1966, est l’un des courants présents à la fondation du Parti socialiste lors du congrès d’Épinay en 1971, animé par Jean-Pierre Chevènement, Alain Gomez, Didier Motchane et Pierre Guidoni.

Le CERES, représente alors l’aile gauche du Parti socialiste et se trouve proche politiquement du Parti socialiste unifié (PSU), avant de devenir, en 1986, Socialisme et République.

En 1991 après la guerre du Golfe, à la suite des divergences de Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de la Défense, avec le sommet de l’État au sujet de l’engagement de la France dans le conflit au Koweït, le courant de pensée décide de prendre son autonomie et de quitter le Parti socialiste pour créer un nouveau parti, le Mouvement des citoyens (MDC), avant le référendum de 1992 sur le traité de Maastricht.

En 2003, consécutivement à l’échec de la candidature de Jean-Pierre Chevènement à l’élection présidentielle française de 2002 et de la stratégie de Pôle républicain qui la sous-tend, le MDC devient le Mouvement républicain et citoyen (MRC).

En 2019, le MRC constitue la Gauche républicaine et socialiste (GRS) avec Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann, alors récents dissidents du Parti socialiste.

MCD

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