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Lucie Castets fait son baptême de terrain à Lille et reçoit un accueil de ministre à Wazemmes

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La candidate proposée par le Nouveau Front populaire pour le poste de Matignon a effectué, ce samedi, son tout premier déplacement sur le terrain. Et la haute fonctionnaire, plus habituée aux bureaux de la Ville de Paris qu’aux bains de foule, a choisi Lille pour le faire.

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Épaulée d’un côté par Marine Tondelier, désormais très médiatique secrétaire nationale des écologistes et conseillère régionale des Hauts-de-France, et de l’autre par Aurélien Lecocq, député LFI de la première circonscription du Nord, Lucie Castets déambule dans les rues et commerces de Wazemmes. Il y a plus compliqué comme premier contact avec la population : le quartier populaire de Lille a voté « à près de 90 % pour le Nouveau Front populaire », rappelle Aurélien Lecocq. L’accueil est plus que chaleureux.

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Lucie Castets prête à « chercher des compromis », mais pas avec le RN

La haute fonctionnaire, candidate du NFP pour le poste de Première ministre, a esquissé les contours de son futur travail de cheffe du gouvernement.

Le barrage républicain jusqu’à l’Assemblée nationale ? Dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche, dimanche 28 juillet, Lucie Castets est revenue sur sa candidature au poste de Première ministre et sur la formation d’un potentiel gouvernement. À l’heure actuelle, le président de la République, Emmanuel Macron, n’a pas nommé de chef du gouvernement, invoquant une trêve olympique. « [Il] doit mettre un terme à la paralysie inédite que nous vivons. Il doit prendre au sérieux le résultat des élections législatives et mettre au gouvernement la formation politique qui est arrivée en tête, le Nouveau Front populaire », a exigé la haute fonctionnaire.

« Il est souhaitable que le gouvernement soit nommé au plus tôt », a-t-elle déclaré, expliquant que d’ici là, son camp travaillera à la mise en œuvre de son programme. Évoquant des « compromis avec les autres groupes », elle a cependant exclu le Rassemblement national de l’équation : « Avec eux, jamais », a-t-elle martelé. Elle a affirmé qu’elle ne sera pas responsable de leur vote, en particulier sur l’abrogation de la réforme des retraites ou l’amélioration des services publics.

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Un recours au 49.3 pour le budget ?

« Les propositions de lois d’autres groupes et les bonnes volontés seront bienvenues si elles sont conformes à ce que porte le NFP », a-t-elle de nouveau appuyé, appelant à un « changement de méthode ». Elle a reconnu qu’un recours au 49.3 pour le vote du budget de l’État était évitable, mais pas impossible. Celle qui se définit comme « femme de gauche, avec de fortes convictions féministes et écologistes, […] au barycentre du Nouveau Front populaire » n’a pas encore dressé la liste d’un potentiel gouvernement.

« Le paysage gouvernemental doit être à l’image de nos ambitions. Il faut réfléchir à la taille des ministères et à leurs missions en fonction du programme », a-t-elle esquissé. « Je veux redonner sa légitimité au travail parlementaire. » Tâche ardue dans une Assemblée nationale morcelée, qui a connu des scrutins internes mouvementés, entre l’élection in extremis de Yaël Braun-Pivet et un bureau de la Chambre basse composée majoritairement de députés de gauche.

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Emmanuel Macron est-il contraint de nommer Lucie Castets Première ministre ?
Hier, le Nouveau Front populaire s’est accordé sur le nom de Lucie Castets comme candidate au poste de Première ministre. Emmanuel Macron a balayé cette candidature considérant que cela n’était « pas le sujet ». Ce matin, Lucie Castets a demandé au Président de la République « de prendre ses responsabilités et de la nommer Première ministre ». Si constitutionnellement rien ne le contraint à nommer un Premier ministre, la décision du chef de l’Etat réside dans le choix « qui lui semble le plus à même de résister à une motion de censure », selon Bastien François, professeur de sciences politiques à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
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Un pouvoir régi par l’article 8 de la Constitution

La nomination du Premier ministre par le Président de la République est régie par l’article 8 de la Constitution, qui dispose que : « Le Président de la République nomme le Premier ministre. Il met fin à ses fonctions sur la présentation par celui-ci de la démission du Gouvernement. Sur la proposition du Premier ministre, il nomme les autres membres du Gouvernement et met fin à leurs fonctions ». Bastien François précise que « c’est un pouvoir totalement souverain, c’est un pouvoir propre, il n’y a pas de contreseing. Cela fait partie du cœur de la mission du Président de la République ».

Si l’on suit le texte de l’article 8 de la Constitution, la nomination du Premier ministre n’est soumise à aucune condition et aucun délai. Or, le professeur précise qu’« il n’y a pas de condition juridique mais une condition politique implicite. Il faut que le Premier ministre proposé par le chef de l’Etat résiste à une motion de censure ». Pour lui, « le Président doit faire le choix du Premier ministre qui lui semble le plus à même de résister à une motion de censure ».

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Quel Premier ministre et quel gouvernement ?

« Constitutionnellement rien ne le contraint » affirme Bastien François. Plus spécifiquement sur la candidature de Lucie Castets, le professeur de sciences politiques ajoute qu’Emmanuel Macron « a dit en substance qu’il ne voulait ni de cette Première ministre, ni d’un Premier ministre issu du Nouveau Front populaire ». Le chef de l’Etat a en effet déclaré hier lors de son interview sur France 2 que « l’urgence du pays n’est pas de détruire ce que l’on vient de faire, mais de bâtir et d’avancer ». Or, Bastien François souligne que « jusqu’à présent, ce que propose cette Première ministre va à l’encontre de ce qu’a construit le gouvernement comme le projet d’abrogation de la réforme des retraites ou la réforme de la politique fiscale ».

L’ensemble des partis composant le Nouveau Front populaire rassemble 193 députés à l’Assemblée nationale. Cette coalition ne bénéficie donc pas d’une majorité absolue. Est-ce qu’une coalition avec une majorité relative à l’Assemblée nationale peut imposer la nomination d’un Premier ministre ? Pour Bastien François, le Nouveau Front populaire ne peut rien imposer, et quand bien même un Premier ministre et un gouvernement de gauche serait nommé « ce gouvernement de cohabitation serait assez faible au niveau du Parlement car minoritaire ».

S’il ne nomme pas Lucie Castets, le président de la République peut-il désigner une personnalité issue d’un autre groupe, qui n’est pas majoritaire à l’Assemblée nationale ? Bastien François estime qu’il en est tout à fait capable, il l’a d’ailleurs déjà fait en 2017 : « Lorsqu’ Emmanuel Macron a nommé Edouard Philippe, il était encore membre du parti Les Républicains ». Laurent Wauquiez, président du groupe de la Droite républicaine à l’Assemblée nationale et Bruno Retailleau, son homologue au Sénat, ont présenté un « pacte législatif d’urgence ». Le professeur de sciences politiques estime qu’Emmanuel Macron « a envoyé des signaux très clairs à l’égard du pacte législatif de Laurent Wauquiez. Il estime peut-être à raison qu’un gouvernement de centre droit avec le soutien des Républicains a plus de chances de résister à une motion de censure ».

Hier soir, Emmanuel Macron a annoncé qu’il ne nommerait pas de Premier ministre et de gouvernement avant la fin des Jeux Olympiques. Une déclaration qui rejoint l’idée « trêve politique » voulue par le Président de la République.

Personne ne veut s’allier avec les macronistes : seul Emmanuel Macron ne l’a pas compris. Ni la droite de Laurent Wauquiez ni le Nouveau Front populaire n’envisagent la moindre coalition avec la majorité sortante défaite aux dernières législatives, ce bloc centriste qui n’est en fait plus si central.

Lucie Castets détaille son programme, chômage en baisse…

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Lucie Castets

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Moi, Première ministre…

La gauche maintient la pression sur le président de la République pour qu’il nomme à Matignon sa candidate Lucie Castets qui a commencé à détailler ses premières mesures et s’est redite «confiante» sur la stabilité d’un gouvernement issu du Nouveau Front populaire. Interrogée sur BFMTV-RMC, celle qui était encore inconnue du grand public il y a 48 heures a promis dès son arrivée à Matignon de signer un décret reportant la mise en œuvre de la réforme portant à 64 ans l’âge légal de départ à la retraite. Il s’agit, a-t-elle détaillé, de rendre «caduque» la réforme la plus emblématique et la plus contestée du deuxième quinquennat Macron. Dans un second temps viendra un projet de loi de suppression pure et simple, présenté par son gouvernement.

La coalition de gauche s’est accordée sur un autre nom. Mardi 23 juillet 2024, Lucie Castets a été proposée par le Nouveau Front Populaire à Emmanuel Macron pour rejoindre Matignon.

Inconnue du grand public, cette fonctionnaire de 37 ans est notamment engagée dans la défense des services publics.

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Une énarque investie contre la criminalité financière

Lucie Castets a déclaré auprès de l’AFP accepter « en toute humilité, mais avec beaucoup de conviction » cette nomination, l’estimant « crédible et sérieuse pour un président qui valorise les profils techniques ».

Elle a par ailleurs ajouté : « ke pense qu’il est indispensable de donner une incarnation au résultat des urnes », tout en prenant acte « du fait qu’il n’y a pas de majorité absolue ».

Âgée de 37 ans et passée par Sciences Po Paris et l’ENA, elle a ensuite occupé le poste de direction générale du Trésor public en travaillant sur la répression de la fraude fiscale et la criminalité financière.

Entre 2018 et 2020, elle a également travaillé pour Tracfin, le service de renseignement qui lutte contre « les circuits financiers clandestins, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme ».

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Une « grande réforme fiscale » au programme 

Depuis fin 2023, elle officie en tant que directrice des finances et des achats au sein de la Ville de Paris.

Auprès de l’AFP, elle a affirmé qu’elle compte parmi ses grandes priorités « l’abrogation de la réforme des retraites » et « une grande réforme fiscale pour que chacun, individus et multinationales, paie sa juste part », ainsi que la revalorisation des salaires.

Vidéo du jour

Au cours d’un entretien donné à France Inter, le 24 juillet dernier, elle a par ailleurs déclaré qu’elle refuserait toute coalition avec le camp présidentiel en raison de leurs « désaccords profonds ». Avant d’ajouter qu’elle souhaitait « convaincre texte après texte, loi après loi » et « changer de méthode » pour mettre un terme à l’exercice du pouvoir « très jupitérien ».

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Une offensive marquante face à Stanislas Guerini :

Lucie Castets est la cofondatrice et porte-parole du collectif Nos services publics. Elle s’est engagée dans les « luttes associatives » et « dans le combat d’idées contre la retraite à 64 ans », indique le NFP dans un communiqué.

Elle a notamment marqué les esprits le 20 novembre 2022 dans l’émission C ce soir, diffusé sur France 5. Face à Stanislas Guerini, ministre de la Transformation et de la Fonction publique, elle s’était exprimée sur le recours aux cabinets de conseils et l’avait laissé stupéfait.

« On a perdu 180.000 fonctionnaires d’État entre 2006 et 2018, dans le même temps, le recours aux cabinets de conseil explosait alors qu’ils coûtent trop cher et souvent ne servent à rien », avait-elle lancé.

 

 

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