WilderPass : Mesurer le bruit lié aux véhicules motorisés dans les espaces de montagne

WilderPass : Mesurer le bruit lié aux véhicules motorisés dans les espaces de montagne
Depuis 2022, à travers le projet « WilderPass », Mountain Wilderness agit pour lutter contre les nuisances sonores en montagne, en faveur de la wilderness. Pour ce faire, notre association cherche à quantifier et caractériser la pollution sonore liée au trafic routier aux abords de routes de montagne emblématiques. Le second moyen d’action déployé dans le cadre de ce projet concerne la réalisation d’inventaires naturalistes grâce à la biophonie et de les croiser avec l’état de l’art afin d’identifier les cortèges d’espèces potentiellement impactés par la pollution sonore.
Écrit par le comité de rédaction
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Fort de deux campagnes de mesures réalisées avec succès, en 2022 (au col du Glandon) et en 2023 (au col du Cucheron, au col d’Izoard et dans les Gorges de Daluis), en 2024, le projet WilderPass évolue. La nouvelle campagne de mesure ne ciblera plus les abords des grands cols routiers, mais les routes en cul de sac et les axes secondaires de circulation.
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Zoom sur les 3 sites de la campagne de mesures 2024
Le projet prévoit l’instrumentation de trois sites, toujours au sein d’espaces protégés :
- La route des crêtes, entre le col du Calvaire et le col de la Schlucht (Réserve naturelle nationale du Tanet-Gazon-du-Faing et Parc naturel régional des Ballons des Vosges) ;
- La route de Bellecombe, à Termignon (Parc national de la Vanoise) ;
- La route du Charmant Som (Parc naturel régional de Chartreuse).
Les mesures de bruit sont généralement réalisées pendant la période de plus haute fréquentation (juillet – août). Nous utilisons pour ce faire un capteur de type AudioMoth. Les données sont ensuite traitées pour extraire la couverture temporelle et l’émergence de la pollution sonore, ainsi que la liste des espèces d’oiseaux contactées.
Tous ces sites ont été équipés de capteurs au début du mois de juillet.
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Le projet se poursuivra en 2025 à la Réserve naturelle nationale de Tanet-Gazon-du-Faing
Le tronçon de la route des crêtes concerné par notre étude traverse une réserve naturelle nationale de montagne. Plusieurs enjeux découlent de cette spécificité, notamment le risque de collision avec la faune de cet espace protégé et le risque de perturbation du cycle de vie de la faune par les nuisances sonores. Par ailleurs, ce tronçon est habituellement fermé l’hiver du 1er novembre au 1er mai. Sa réouverture précoce en raison d’une baisse de la durée d’enneigement fait peser une grave menace sur la quiétude de la faune au printemps, une période clé pour de nombreuses espèces dont l’avifaune nicheuse.
Pour cette raison, le choix a été fait – après concertation avec les écologues de BioPhonia et le gestionnaire de la réserve – d’étendre la période de mesure du bruit, pour maximiser les chances de réaliser un inventaire exhaustif de l’avifaune sur place. Les capteurs seront donc actifs de juillet à novembre 2024 et seront réactivés de mars à juillet 2025.
De plus, la réserve en question se caractérise par la présence de deux milieux majoritaires : un milieu fermé (forêt d’altitude) et un milieu ouvert (hautes chaumes). Là encore, le conservateur, BioPhonia et Mountain Wilderness ont fait le choix d’équiper de capteurs chacun de ces deux milieux pour avoir une idée précise des différents cortèges potentiellement impactés par le bruit routier.
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Quelles suites donner à ce projet ?trr
Mountain Wilderness France n’est ni un institut de recherche ni un bureau d’étude. Les mesures de bruit doivent donc servir les objectifs de l’association :
- Sensibiliser à la wilderness et au silence qui en est une dimension première, à proximité de routes dont l’environnement est dégradé par le trafic routier ;
- Servir d’appui pour la mise en œuvre d’actions concrètes : fermetures temporaires de routes ; favorisation d’alternatives en mobilité douce en lien avec notre campagne « Changer d’approche » ; limitations de vitesse et contrôle effectif du volume sonore à la source ; … Ces actions concrètes doivent être portées en collaboration avec les acteurs du territoire, dont les gestionnaires d’espaces protégés font partie. Il est donc indispensable de les construire ensemble.
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