Début 1991, la chanson Désenchantée amorce le retour de la chanteuse après un an d’absence : ce titre devient alors son plus grand tube en France (chanson la plus diffusée en 1991, plus de 1 300 000 exemplaires vendus) mais aussi à l’étranger (no 1 en Belgique, no 3 aux Pays-Bas, no 16 en Autriche…). L’album, intitulé L’Autre…, connaît également un énorme succès : classé no 1 en France durant 20 semaines, il demeure la meilleure vente d’albums de la chanteuse avec plus de deux millions d’exemplaires écoulés. Les singles suivants, Regrets (en duo avec Jean-Louis Murat), Je t’aime mélancolie et Beyond My Control, atteignent également les sommets du Top 50, et Mylène Farmer obtient le titre de « Meilleure artiste française » aux World Music Awards.
À la fin 1992, paraît le titre Que mon cœur lâche – dont le clip est réalisé par Luc Besson – annonçant la compilation de remixes Dance Remixes qui se verra récompensée d’un double disque d’or.
Ne souhaitant pas se mêler au monde du show-business, Mylène Farmer refuse systématiquement de se déplacer aux remises de prix accordés par la profession, depuis sa Victoire de la musique reçue en 1988 : face à l’hypocrisie ambiante en coulisses, elle annulera sa prestation au dernier moment et déclarera peu après : « J’ai passé des heures en coulisses pour les répétitions de cette soirée. Tout le gratin du show-business était là et ces gens m’ont écœurée. Ils se détestent tous. J’étais triste d’avoir été récompensée et reconnue par ces gens-là. Ce sont les Victoires de l’hypocrisie ! »
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Récompensée en 2005 du prix de l’« Artiste féminine des vingt dernières années », la chanteuse, absente, se contentera d’un communiqué laconique adressé à la profession, dans lequel elle rappelle que son dernier single s’intitule Fuck Them All. Dès lors, fait unique, elle demandera elle-même à ne plus être nommée.
La discrétion médiatique de Mylène Farmer a parfois été qualifiée par les médias de stratégie marketing, afin de mieux se faire désirer. L’artiste n’accorde effectivement que très peu d’interviews et apparaît rarement à la télévision, expliquant cette faible présence médiatique par sa « nature profonde » : se sentant « plus à l’aise sur scène qu’à la télévision », elle reconnaît être de nature très discrète et détester parler d’elle-même. Cette discrétion médiatique n’est pas sans rappeler Kate Bush, une chanteuse à la réputation de recluse que Mylène admire, qui accorde peu d’interviews et se montre encore moins en public.