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Daniel Guérin

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Sur le fascisme
La peste brune. Fascisme et grand capital

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Ed. Spartacus (01/05/1996)
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L’importance, les conséquences possibles de la nomination de Hitler comme chancelier du Reich le 30 janvier 1933 furent mal évaluées, y compris dans les rangs de la gauche française. En 1932, Daniel Guérin était parti avec un camarade, sac au dos, pour se rendre compte du climat qui régnait en Allemagne, que certains voyaient à la veille d’un affrontement révolutionnaire. Traversant aussi bien les grandes villes que les villages, il y rencontra sur les routes nombre de jeunes chômeurs qui, faute de mieux, vagabondent d’un endroit à l’autre. Il y retourna en 1933, rencontra des militants contraints à l’inaction, voire à la clandestinité, et constata la terreur qui s’installait, encadrant, guidant l’activité de toute la population.
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Sur le fascisme
La peste brune. Fascisme et grand capital

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Daniel Guérin

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Ce livre est le témoignage précieux d’un des rares spectateurs qui, voyant naître et s’étendre le nazisme au jour le jour, en comprit immédiatement tout le sens, toute la portée, toute l’horreur. De 1932 à 1933, avant et après l’installation d’Itler au pouvoir, Daniel Guérin accomplit deux voyages à travers l’Allemagne. Prenant conscience de l’ampleur du drame qui se jouait, il décida de rédiger ce témoignage, dans l’espoir malheureusement vain d’alerter le public français. Cette description sur le vif, publiée en divers articles dans la presse de l’époque, forme la matière de La peste brune, le premier tome de ses écrits Sur le fascisme (réédités sous ce titre en 1965). Convaincu que seule une analyse en profondeur du phénomène fasciste permettrait d’en révéler la véritable nature, il entreprit en 1935 un travail de synthèse, Fascisme et grand capital (publié en 1936, et republié en 1965 comme second tome de Sur le fascisme), qui, par la clarté logique de son exposé, la rigueur de sa documentation et – l’histoire l’a prouvé – la justesse de ses vues, devait devenir un classique.

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La peste brune est de retour en Europe !

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Boumediene Sid Lakhdar
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L'extrême droite
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Elle est aux portes des démocraties, la peste brune revient d’un long séjour dans les ténèbres de l’humanité, elle a entendu l’appel des peurs, du désarroi et de l’incertitude.

L’extrême-droite, cette maladie qui ne peut se nourrir que du désespoir et des morts en a senti l’odeur. Elle  avance et se délecte de sa sortie d’une longue hibernation, elle a toujours été aux aguets, elle attendait son heure. Elle a faim, elle rugit et avance en un pas décidé.

Elle se souvient de ces temps où elle avait décimé tout sur son passage, c’était le temps de sa splendeur et de sa gloire. Elle veut le retrouver, le reprendre et revivre son exaltation passée.

Partout en Europe et dans de nombreux autres pays, elle ressent le moment favorable pour elle de son entrée, acclamée par la supplique bruyante de ceux qui la réclament.

Du latin « pestis » qui signifie fléau, brune a pour origine la couleur des chemises des nazis. Le fléau brun, comme la peste, s’est déversé en une gigantesque folie meurtrière.

Généralisée à bien d’autres régimes, la peste brune peut prendre, comme le diable, tous les visages et tous les noms. Fascisme, nazisme, populisme et bien d’autres carapaces sont les siennes. Ils relèvent tous d’un parcours qui semble différent dans les faits mais absolument identiques dans leur doctrine et leur but.

La peste brune veut décimer tous ceux qui lui paraissent faibles et sans protection immunitaire. Elle n’épargne que les races qu’elle estime être pures et gorgées d’un nationalisme exacerbé. Elle élimine tout ce qui est étranger à la nation qu’elle définit par la force de l’ordre et aux dogmes du passé. Ce passé, c’est son terreau, la raison de sa puissance.

Pourtant cette peur n’est pas justifiée car cette fois-ci elle fait un mauvais calcul. Les peuples sont vaccinés par son dernier passage. Il est trop tôt pour elle de revenir, en tout cas dans l’étendue qu’elle pensait pouvoir annexer.

On ne voit en effet que les menaces actuelles, en en oublie la réalité car la peur fait perdre le discernement. L’extrême droite a déjà conquis le pouvoir dans certains pays et a été contrainte d’édulcorer son langage et ses prétentions doctrinaires.

En Autriche il y bien longtemps que la vague brune n’a plus les moyens de ses ambitions. En Pologne, l’aventure s’est arrêtée dans les premiers contreforts du régime autoritaire, bloqué par la nécessité du soutien économique européen. Elle a aujourd’hui perdu le pouvoir.

En Italie, à peine arrivée au pouvoir avec tambours et trompettes, la chef du gouvernement Melloni, fille et adepte du fascisme de Mussolini, la voilà déjà obligée de revenir d’une manière stupéfiante sur ses promesses électorales. Elle ne souhaite plus pour son pays la sortie de l’Europe et, sacrilège de tous les sacrilèges pour l’extrême droite, elle veut faire appel à deux millions d’immigrés pour soutenir l’économie italienne et sa démographie en déclin.

Marine le Pen fait tout pour sa réhabilitation dans la sphère de la république et de la démocratie. Elle a compris que le chemin tracé par son père était une impasse pour accéder enfin au pouvoir qu’elle sait maintenant incompatible avec les idées de la peste brune. Quant à l’ennemi

juré, l’Europe, elle ne parle plus de sa sortie mais de son amendement. Il ne lui reste plus que la thématique de l’immigration mais elle ressent bien que  les besoins de l’industrie et des services sont en manque vital de main-d’œuvre. Et que là aussi, la baisse de la natalité n’est pas pour la faire réussir.

Le parti néo-franquiste espagnol, Vox, vient de connaître une véritable déroute après une ascension fulgurante. Que devient le nationaliste Nigel Faraj ? Lui qui avait poussé les Britanniques au Brexit et qui est obligé aujourd’hui de se murer dans un quasi-silence  en affirmant à demi-mots que ses promesses n’étaient pas vraiment des mensonges mais qu’elles n’avaient pas été comprises. Au final, comme en Italie, non seulement l’immigration n’a pas cessé mais la Grande Bretagne la réclame pour son économie.

L’extrême droite s’est trompée dans son analyse du passé. Dans sa période faste, elle était arrivée en Italie et en Allemagne après que la situation avait été dévastée par les retombées en Europe de la grande crise de 1929 et que l’humiliation des peuples avait été à son comble après le traité de Versailles.

Nous en sommes loin dans le monde. Elle doit repartir en voyage retour.

Mais comme toutes les épidémies que l’humanité a connues, le mal est toujours présent, en embuscade. La solution n’est donc pas d’avoir peur mais d’être perpétuellement en vigilance.

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Boumediene Sid Lakhdar

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Daniel Guérin (1904-1988) fut un infatigable militant, présent dans tous les combats de ce siècle. Journaliste, il est notamment l’auteur de Sur le fascisme (réédité à La Découverte en 2001), La révolution manquée, Le mouvement ouvrier aux États-Unis et La Révolution française et nous et Ni Dieu, ni Maître (anthologie de l’anarchisme).

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