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Trump et la clic techno-militariste : immigration, grâces, commerce… Ce qu’il a promis de faire «le premier jour»…

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Isabelle Hanne
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S’il accomplit tout ce qu’il a promis de faire «on day one», Donald Trump ne devrait pas chômer. Pendant sa campagne, le milliardaire républicain a en effet multiplié les annonces, toutes plus spectaculaires, ambitieuses ou radicales les unes que les autres, à propos de ce qu’il comptait mettre en place «dès le premier jour» de son second mandat. Alors que son parti contrôle les deux chambres du Congrès, il a même promis qu’il allait «faire tourner les têtes» en avançant à toute vitesse après son investiture. Trump pourrait signer une avalanche, «un nombre record», de décrets exécutifs dès sa première semaine dans le Bureau ovale, «de l’ordre» d’une centaine, a-t-il promis samedi à NBC dans une interview téléphonique. Des décrets préparés de longue date par ses juristes et que des associations de défense des droits et des gouverneurs d’Etats démocrates ont déjà promis de contester. Passage en revue de la longue liste de ses engagements impérieux.

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«Nous allons immédiatement mettre fin à l’invasion à notre frontière sud»

Pendant toute sa campagne, Donald Trump a fait de la répression de l’immigration illégale sa priorité, pour lutter contre ce qu’il qualifie d’«invasion des frontières». Le 47e président des Etats-Unis s’est engagé à fermer la frontière sud et à lancer «des millions d’expulsions» d’immigrés sans papiers dès son arrivée au pouvoir, à reprendre et étendre la construction du mur frontalier avec le Mexique, et à rétablir le programme Remain in Mexico, qui oblige les demandeurs d’asile à rester en dehors des Etats-Unis le temps que leur dossier soit traité. «Dès le premier jour, il va procéder à la plus grande expulsion massive d’immigrés clandestins de l’histoire des Etats-Unis», a affirmé Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche. «Ça commencera immédiatement et ça ira très vite», a promis Trump sur NBC. Tout programme d’expulsion massive pourrait se heurter à des difficultés logistiques ainsi qu’à une multitude de recours juridiques de la part des militants de l’immigration et des droits humains.

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«Je suis enclin à gracier beaucoup» d’émeutiers du Capitole

Des «patriotes», injustement persécutés, pour avoir participé à une «journée d’amour». Le président élu a plusieurs fois affirmé qu’il entendait, dès son retour au pouvoir, gracier les émeutiers condamnés pour avoir pris d’assaut le Capitole au crépuscule de son premier mandat. Depuis, plus de 1 500 personnes ont été condamnées pour des délits allant de l’intrusion à l’agression de policiers en passant par la conspiration séditieuse, dont plus de 600 à des peines de prison ferme. Interrogé dans l’émission Meet the Press en décembre, Trump avait déclaré qu’il accorderait «probablement» ces grâces «très rapidement», qualifiant les condamnations d’«injustes». Les présidents des Etats-Unis disposent d’un large pouvoir pour gracier les personnes condamnées pour des crimes fédéraux. Reste à définir qui pourrait en bénéficier. «Je suis enclin à gracier beaucoup d’entre eux», a-t-il affirmé sur CNN. Trump pourrait décider «au cas par cas», a déclaré Karoline Leavitt au Washington Post.

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«Mettre fin à la guerre en Ukraine en un jour»

Lors de sa campagne, Trump se plaisait à répéter qu’il allait «mettre fin à la guerre en Ukraine en un jour», et que le conflit cesserait vingt-quatre heures après son entrée en fonction. Récemment, il a assoupli sa position, affirmant lors d’une conférence de presse en Floride début janvier qu’il aurait besoin de «six mois» tout au plus pour mettre fin à l’offensive russe qui fait rage depuis bientôt trois ans. Sur Fox News, l’envoyé spécial de Trump pour la Russie et l’Ukraine, le général à la retraite Keith Kellogg, a déclaré que son objectif personnel était de résoudre le conflit dans les cent jours. Trump a critiqué, à plusieurs reprises, le soutien continu du gouvernement américain à l’Ukraine, considérant la guerre comme un gâchis de ressources. Il n’a pas encore donné de détails sur la manière dont il négocierait la fin de la guerre, se contentant de dire qu’il aiderait les deux pays à trouver un accord.

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«Nous allons ramener les emplois américains en nous opposant à la Chine et aux mauvais accords commerciaux»

Comme en 2018, mais en beaucoup plus gros : Trump a annoncé son intention de relancer sa guerre commerciale. Et d’imposer, dès son retour à la Maison Blanche, des tarifs douaniers de 10 % sur toutes les importations aux Etats-Unis, et de 60 % pour tous les produits en provenance de Chine, qu’il accuse de pratiques commerciales déloyales. Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie protectionniste visant à réduire le déficit commercial américain et à encourager la production nationale, et avec elle les emplois manufacturiers du pays. «Nous allons ramener les emplois américains en nous opposant à la Chine et aux mauvais accords commerciaux», a-t-il assuré. De telles actions pourraient cependant déclencher des représailles de la part des partenaires commerciaux, entraîner une hausse des prix pour les consommateurs américains, et attiser l’inflation. Sur TikTok, qui a suspendu ses activités aux Etats-Unis après une décision de justice lui enjoignant de se séparer de son propriétaire chinois, Donald Trump a évoqué «une période de grâce de 90 jours».

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«Drill, Baby, Drill»

Tout au long de sa campagne, Donald Trump a fait d’un vieux slogan républicain – «Drill, Baby, Drill» – son mantra, pour signaler à l’industrie fossile son engagement en faveur de l’intensification des forages aux Etats-Unis, notamment au large des côtes américaines et sur les terres fédérales. «Dès le premier jour, nous libérerons l’énergie américaine comme jamais auparavant», a-t-il promis. Il a fait de la réduction des formalités administratives et de l’abrogation de régulations environnementales pour les entreprises, afin d’augmenter la production nationale de pétrole et de gaz et baisser les prix pour les consommateurs, une promesse centrale de sa campagne. Le 47e président prévoit d’approuver des nouveaux permis d’exportation de gaz naturel liquéfié, et d’abroger certaines des lois et réglementations climatiques mises en place sous l’administration Biden. Le futur exécutif pourrait également, comme lors de son premier mandat, se retirer de l’accord de Paris sur le climat.

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Loyauté des fonctionnaires : «Nous allons assécher le marais»

C’est l’un des slogans les plus durables de la politique trumpienne, qui compte de nombreux tubes scandés ad nauseam par ses supporteurs. «Nous allons assécher le marais et faire en sorte que le gouvernement fédéral travaille pour le peuple, et non contre lui», a-t-il encore répété lors de sa dernière campagne. Cette fois-ci, aiguillé par le «Project 2025», feuille de route rédigée par des idéologues proches de Trump au think tank ultraconservateur Heritage Foundation, il ambitionnerait carrément de remanier la bureaucratie fédérale pour l’aligner sur ses politiques, et «purger l’Etat profond» des fonctionnaires qui ne lui sont pas suffisamment loyaux. Le tout en s’appuyant sur le «Schedule F», une politique qu’il veut mettre en place dès son retour au pouvoir, qui vise à supprimer les protections dont bénéficient habituellement les fonctionnaires fédéraux, les rendant ainsi plus faciles à embaucher ou à licencier, et donnant à l’exécutif davantage de contrôle sur ces postes. Interrogé sur Fox News en décembre sur ses velléités autoritaires dans l’exercice du pouvoir, Trump a déclaré qu’il ne serait pas un dictateur à son retour à la Maison Blanche. Ajoutant, avec ironie : «à part le premier jour».

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TdG, APPIS et MCD

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