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Un projet de parc photovoltaïque fait débat dans la vallée de la Roanne

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La centrale pourrait s’étaler sur 40 hectares dans la commune de Volvent. Un collectif s’y oppose, la mairie veut y croire…

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Vue sur le versant sud de la Servelle, où pourrait être installés les 40 hectares de panneaux photovoltaïques.

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Un « projet monstrueux » ou une avancée vers une « énergie verte et décarbonnée » ? C’est la question qui agite, depuis la fin de l’été 2024, la petite commune de Volvent, aux confins de la vallée de la Roanne, entre Diois et Drôme provençale… Depuis 2022, la municipalité s’efforce de développer un projet de centrale photovoltaïque qui prendrait place au pied de la Servelle, ce sommet culminant à 1613 mètres d’altitude, à la pointe d’un magnifique plateau faisant face, côté nord, aux communes de Pennes-le-Sec et d’Aucelon, et surplombant, côté sud, celle de Volvent.

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C’est sur ce versant sud que le maire de Volvent, Charles Brès, soutenu par son conseil municipal, espère voir un jour naître une centrale photovoltaïque susceptible de couvrir les besoins en électricité de « 10 000 habitants », indique-t-il. Un projet d’ampleur, pour cette commune de 38 habitants, mais qui pourrait « bénéficier aux villages et aux habitants dans un rayon de 20 kilomètres à la ronde, offrant une possibilité d’autoconsommation collective et une baisse des tarifs de l’électricité », espère Charles Brès. Pour ce dernier, la question de fond est la suivante : « Est-ce qu’on veut de l’énergie nucléaire ou du renouvelable décarboné ? Il faut savoir ce que l’on veut et agir en conséquence, qu’on soit à Volvent ou ailleurs… »

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UNE PILE BIENVENUE ?

« La difficulté de notre dossier, poursuit Patrick Brès, le 2e adjoint, c’est la distance entre Volvent et les grands réseaux électriques. » « Il faudrait créer une ligne enterrée de 39 km de long pour relier le parc de Volvent à Dieulefit, précise le maire, sachant qu’il faut compter un peu plus de 100 000 euros pour un kilomètre de câble. » Soit 3,9 millions d’euros pour cette seule partie du projet. Sachant que la commune ne déboursera « pas un centime », assure Charles Brès.

L’enjeu est de taille pour CCE Parc solaire, l’entreprise parisienne sollicitée par le maire de Volvent pour développer le projet et, à terme, peut-être, le réaliser puis l’exploiter. Il faudrait en effet que le parc photovoltaïque de Volvent soit suffisamment grand et productif pour amortir cet investissement de départ considérable. « Pour que le projet soit économiquement viable, il faudrait une quarantaine d’hectares », indique Hugues Dupeyron, président de CCE Parc solaire.

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Au-delà de ce défi technique, le projet pose aussi – et peut-être surtout – un défi humain et politique. Le 25 septembre 2024, la tenue d’une réunion publique d’information, organisée par la commune de Volvent en présence de représentants de CCE Parc solaire, fait connaître le projet au-delà des frontières communales. Dans la foulée, un collectif d’habitantes et d’habitants de Volvent et de Saint-Nazaire-le-Désert baptisé Volvent nature se constitue avec l’ambition d’enrayer le développement d’un projet considéré comme « monstrueux à l’échelle du territoire ». Une pétition, qui recueille 1375 signatures au bouclage de cette édition, appelle à la mobilisation « contre le parc photovoltaïque de Volvent » et à défendre « la Servelle en danger »*.

« Le parc prendrait place à 800 mètres d’une zone Natura 2000, et en partie sur une zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (Znieff) », s’inquiète un membre du collectif, qui souhaite garder l’anonymat. Le collectif s’inquiète en outre des effets néfastes que pourrait avoir le projet sur les activités touristiques, la Servelle étant un haut lieu de randonnée dans le département…

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CONFLIT D’INTÉRÊT ?

Volvent nature pointe également du doigt le risque de « conflit d’intérêt que soulève le projet ». Car pour construire son parc, CCE devra réunir 40 hectares de foncier disponible et « solarisable ». La mairie propose de louer une parcelle de 8 hectares, tandis que l’entreprise devra trouver la surface manquante auprès de particuliers. « Le fait que des membres de la famille du maire pourraient bénéficier financièrement d’une opération portée par le maire lui-même pose question », poursuit le porte-parole du collectif.

S’il ne conteste pas que des membres de sa famille pourraient louer une partie de leurs terre à CCE, Charles Brès juge cette accusation infondée. « Ce n’est pas la mairie qui démarche les propriétaires, mais CCE, donc nous n’y sommes pour rien ! s’indigne-t-il. Et puis des Brès, il y en a partout ici, il faudrait qu’on les expulse ? » Le maire regrette en outre de ne pas savoir qui « se cache derrière ce collectif », et dénonce les « fausses informations véhiculées par la pétition ». « Nous demandons davantage d’informations, se défend-on à Plume. Nous ne disposons de rien d’autre que d’un compte-rendu sommaire de la réunion publique ! »

Conscient de marcher sur des oeufs, le président de CCE Parc solaire appelle à temporiser : « Nous sommes aujourd’hui à un stade très prématuré du projet, assure Hugues Dupeyron. Si les élus et les administrés sont défiants, nous n’irons pas, car l’important pour nous est de ne pas aller contre mais avec la population locale. Nous n’avons pas tranché. »

Autre obstacle que pourrait rencontrer le projet : l’accès au foncier. « Aujourd’hui, nous attendons l’accord d’un propriétaire, précise Charles Brès, et son refus pourrait entraîner l’abandon du projet. »

Sollicitée, la préfecture de la Drôme nous a indiqué avoir été interrogée en 2022 pour « un projet d’une cinquantaine d’hectares à Volvent ». Les services de l’État précisent en outre qu’ « un parc photovoltaïque est soumis à évaluation environnementale et fait l’objet d’un permis de construire après enquête publique. Selon la situation, il peut également être soumis à autorisation de défrichement, dérogation à la destruction d’espèces protégées. »

Bref, la route est encore longue, avant que le parc photovoltaïque de Volvent ne sorte de terre…

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PS : Contrairement comme affirmé dans la pétition que nous avons reçue, la Communauté des Commune du Diois, n’a pas été sollicité, ni n’a donné d’ avis sur ce projet. MCD

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Martin Chouraqui

Article publié dans Le Crestois du 10 janvier 2025

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1 Commentaire

  1. Il serait bien que nos deux conseillers départementaux élus du Diois fassent le nécessaire pour intégrer le petit massif de la Servelle dans les espaces naturels sensibles du département. Tout comme cela a été fait pour la zone voisine du Sapey. Ce qui serait très cohérent. Ainsi ce projet qui, à cette échelle, n’apportent rien si ce n’est des dépenses fastueuses et accessoirement le transfert d’argent publique vers des poches privées, ne se réalisera jamais.
    La Servelle est un lieu magnifique qui mérite d’être tenu à l’abri de toute spéculation et, accessoirement, un formidable cadeau pour les générations qui nous suivront !

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