Évoqués en Conseil Municipal de Die et en Conseil Communautaire du Diois, les violences, invectives et injures sur les réseaux (a)sociaux de Die suscitent une large réprobation. Des élus,des associations et de très nombreux citoyennes et citoyens. En ce moment les publications anonymes ( bien sûr ) se livrent à une surenchère dans l’immonde et l’abjecte. Une somme de décivilisation informatique et informative… Nous suivrons attentivement l’avancée de la plainte au tribunal afin qu’elle ne soit pas classée comme trop souvent. Oui le Diois change depuis cinq ans, livré à des voyous des réseaux et revanchards politiques. MCD
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Les réseaux sociaux produisent abrutissement et abêtissement, désinformation et rigidification idéologique. L’ensemble se déroule dans un contexte de dépendance algorithmique et de propagande numérique, débouchant sur un tribalisme violent. Voici quelques-unes des critiques adressées à Twitter, Facebook, TikTok et compagnie. La démocratie pâtit grandement de leur influence. Il faut dire qu’ils constitueraient désormais la première source d’information chez les moins de 30 ans.
Les réseaux sociaux établissent des miroirs grossissants de nos défauts. Voici, sommairement résumée, la thèse du sociologue américain Chris Bail. Il ne nie ni ne minimise les effets de radicalisation, souvent d’Extrême Droite ou de Droite Extrême ( mais pas que… ). A la différence de nombre de publications assassines à l’égard des réseaux sociaux, reposant sur des considérations très générales, il propose une analyse très rigoureuse, faite d’expérimentations et d’exploitation des données, avec des comptes aux contenus artificiellement modifiés.
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Les réseaux sociaux alimentent la « myopie » sans la créer
Centrées sur Twitter et sur les oppositions, outre-Atlantique, entre démocrates et républicains, ses études soulignent qu’il n’existe pas d’effets mécaniques. Bien entendu, des biais de confirmation se repèrent. Les partisans ont tendance à surfer sur des sites et des comptes qui confirment leurs idées. Les « bulles d’opinion », dans lesquelles tous nous vivons, préexistent. Selon les termes de Bail, les réseaux sociaux alimentent une certaine myopie.
Notre sociologue, qui a conduit de nombreux entretiens avec les utilisateurs de ces applications, estime qu’il faut les écouter et ne pas uniquement accorder du crédit aux commentateurs qui en parlent. Si défouloir, narcissisme et addiction sont de la partie, les usages des médias sociaux (comme les baptisent les Anglo-Saxons) ont leurs spécificités. Celles-ci, il est vrai, dérangent les modérés.
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Faire participer davantage les plus modérés
Aussi Bail, optimiste, souhaite-t-il des discussions plus apaisées à partir de réseaux dépassionnés. A rebours d’un certain techno-pessimisme ambiant, il suggère, comme on le pensait il y a quinzaine d’années, que le numérique pourrait améliorer la vie démocratique. Il est possible, selon lui, de basculer vers des plateformes plus propices à la délibération sereine et au compromis amélioré. A cet effet, il importe de pouvoir faire concourir les modérés, qui sont les plus nombreux, afin de limiter la prépondérance des plus extrémistes. En bref, il faut faire participer aux réseaux sociaux, avec conscience de leur prisme déformant, ceux qui ne voient pas la vie réelle comme un champ de bataille. Pour de nouvelles conversations, sans détestation.
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Déserter les réseaux sociaux ? Une erreur
Chris Bail aboutit donc à une position assez simple au sujet des réseaux sociaux : il ne faut pas les quitter. Il s’oppose ainsi à l’appel de Jaron Lanier. Gourou de la Silicon Valley, musicien et essayiste, ce dernier plaide pour la fermeture des comptes. Dans un essai récemment traduit, dénonçant la place excessive prise par ces réseaux dans nos vies, il considère que ces instruments pillent nos données, notre temps et notre intelligence.
Après les époques de la découverte puis celles de l’addiction problématique, il faut passer à une solution drastique : la fermeture. Il avance dix bonnes raisons. Certaines apparaissent bien valables, même si les conclusions de Chris Bail les pondèrent. Avec les réseaux sociaux, nous affaiblissons notre libre arbitre en nous laissant balader entre les actualités et les publicités. Nous restons hébétés par les insanités de l’époque. Ces réseaux dits sociaux, et les entreprises qui les organisent, nous manipulent et nous rendent malheureux, ou au moins contribuent plus à notre malheur qu’à notre bonheur. Dangereux pour nos esprits, ils le sont pour la démocratie. Bref, il faut se débarrasser de cette accoutumance dangereuse et généralisée.
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La bonne résolution ? Tempérance et abstinence !
La solution – choisie en France, avec panache, par Gaspard Koenig – n’est pas aisée. Se conduire vraiment comme défenseur de la relation humanisée et des libertés publiques n’est pas donné à tout le monde. Quelques personnalités peuvent se le permettre. D’autres ont besoin de ces réseaux pour se valoriser. Aussi, s’il faut certainement de la discipline, la bonne résolution relève probablement plus de la tempérance ou d’ une totale abstinence.
Quelle leçon générale tirer ? Les réseaux sociaux doivent toujours se consommer avec modération, en particulier pour un débat public modéré, c’est-à-dire civilisé.
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MCD avec Julien Damon est enseignant à Sciences Po et à HEC