Cette semaine, le journal de bord prend une saveur un peu particulière : il marque non seulement la fin d’une séquence parlementaire dense, mais aussi le début d’une suspension des travaux à l’Assemblée nationale pour deux semaines (du 14 au 25 avril inclus).
Pour autant, pas question pour moi de lever totalement le pied : je participerai dans les jours à venir à une délégation parlementaire en Côte d’Ivoire, organisée par Max Havelaar, afin d’approfondir les échanges autour des prix planchers rémunérateurs, de la justice commerciale et de la souveraineté alimentaire. Des enjeux cruciaux, au cœur de mon engagement pour une transition juste et solidaire, ici comme à l’international.
Avec mon groupe, j’ai soutenu ce texte essentiel qui est une première réponse à la crise démocratique, pour ne plus opérer de différence entre les communes de plus ou de moins de 1000 habitants en instaurant un cadre électoral plus lisible, harmonisé et équitable permettant de renforcer la vitalité des conseils municipaux et de faciliter l’engagement local. Cette réforme est aussi un levier essentiel pour faire progresser la parité et renouveler les profils des équipes municipales. Je suis convaincue qu’il n’est pas plus difficile de trouver des femmes candidates, qui sont déjà très investies dans la vie locale, notamment dans le tissu associatif. C’est donc essentiel de les encourager par la loi. Evidemment, ce texte n’est qu’une première réponse pour redonner de la vitalité à l’engagement local et je travaillerai dans les prochaines semaines pour un véritable statut de l’élu !
De nombreux défis sont à relever dont la baisse du cheptel, la coexistence des usages avec les activités forestières et touristiques, les difficultés d’installation en élevage, le changement climatique, la concurrence déloyale de la mondialisation, la prédation, la raréfaction et le renchérissement des prix du foncier. Face à tous ces défis, nous formulons 45 propositions, dont 37 sont communes avec mon co-rapporteur. Parmi elles, l’amélioration de la collecte de données sur les surfaces et élevages pastoraux, le soutien aux circuits courts pour la commercialisation des produits, l’amélioration des aides de la PAC, le renforcement de la coopération entre les acteurs pastoraux et forestiers, la protection face au libre-marché… A la suite de la publication du rapport, que vous pouvez lire sur ce lien , nous restons mobilisés et nous travaillerons sur d’éventuelles évolutions législatives.
Finalement, cette fin de semaine, nous avons débuté l’examen d’un projet de loi dit de « simplification » présenté par le gouvernement. S’il est nécessaire de simplifier les multiples démarches administratives qui occupent une bonne partie du quotidien dans tous les secteurs économiques, ce texte n’y répond pas du tout, puisque nous avons été occupés principalement à rétablir pendant une journée et demie l’ensemble des agences de l’État et instances indépendantes garantissant le débat public, le respect de l’environnement et les droits sociaux :
j’ai, avec mes collègues, été mobilisée pour contrer des amendements de suppression de l’Office français de la Biodiversité ; la suppression des ZFE (zones à émissions faibles) ; la suppression des objectifs de lutte contre l’artificialisation des sols (ZAN) ; la suppression d’organismes essentiels pour la démocratie comme la Commission Nationale du Débat Public les CESER ou le conseil national de la vie associative ; la suppression de l’ADEME…
Si la majorité de ces suppressions ont pu être évitées, le texte (encore étudié ce jour jusque minuit) reviendra à la reprise des travaux le 29 avril. Je ne manquerai pas de vous tenir informé-es des suites de ce texte dangereux pour notre démocratie, notre environnement et notre modèle social !
De retour dans la Drôme ce vendredi, j’ai eu l’occasion de rencontrer, enfin, l’équipe du planning familial de Nyonsqui gère le centre de santé sexuelle sur place aux côtés de la sénatrice Marie-Pierre Monier, des élus locaux, et des conseillères départementales Pascale Rochas et Muriel Paret.
Cette rencontre s’est faite dans le cadre des annonces de fermetures de nombreux CSS dans la Drôme. Malgré une mobilisation exceptionnelle, le Département a décidé de maintenir ces fermetures. Je continuerai à rester entièrement mobilisée pour l’accès équitable aux services de santé dans nos territoires ruraux. Continuez !
Dans les jours qui viennent, je communiquerai sur mes réseaux ( LinkedIn , Instagram , Facebook , Bluesky ) sur la délégation à laquelle je participerai à partir de lundi. Je reste mobilisée à vos côtés !
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Communiqué de presse de Marie Pochon – Présentation du rapport de la mission d’information sur la préservation du pastoralisme
Paris, le 9 avril 2025
Ce mardi 9 avril, Marie Pochon et son co-rapporteur Jean-Yves Bony ont présenté leur rapport sur la défense du pastoralisme et son avenir. Ce rapport est issu d’une mission d’information initiée il y a un an par Marie Pochon pour mieux comprendre le rôle du pastoralisme dans l’aménagement du territoire, ses défis et ses enjeux. Ce type d’élevage fait face à de nombreux défis, qui pourraient menacer sa pérennité. Face à cela, 45 propositions sont formulées pour préparer l’avenir du pastoralisme.
Pour Marie Pochon : “L’objectif de cette mission d’information était de répondre aux multiples enjeux auxquels ce mode d’élevage fait face et pour préparer son avenir. Nous avons mené 40 auditions, nous avons rencontré plus d’une centaine d’acteurs, d’éleveurs, élus, associations foncières pastorales, groupements pastoraux, chercheurs, et nous sommes allés dans le Cantal, les Pyrénées-Atlantiques et le Vercors à la rencontre des acteurs qui font vivre cet élevage quotidiennement dans nos beaux paysages pastoraux. Les défis sont nombreux pour le pastoralisme : la baisse du cheptel, les conflits d’usage avec les activités forestières et touristiques, les difficultés d’installation en élevage, le changement climatique, qui modifie l’accès à l’eau et la végétation, la concurrence déloyale de la mondialisation, la prédation, la raréfaction et le renchérissement des prix du foncier. Le pastoralisme est un modèle résilient, et une des meilleures réponses à notre disposition pour assurer un élevage durable, autonome, et garantissant la souveraineté alimentaire, mais qui nécessite un soutien constant. Nous faisons donc 45 propositions, dont 37 communes. Parmi elles, nous insistons sur l’amélioration de la collecte de données sur les surfaces et élevages pastoraux, nous appelons à soutenir les circuits courts pour la commercialisation des produits, à améliorer les aides agricoles de la politique agricole commune pour soutenir les petites fermes pastorales, à renforcer la coopération entre les acteurs pastoraux et forestiers pour mieux protéger nos forêts face aux incendies, à protéger le pastoralisme du libre-marché. J’appelle pour ma part, dans une proposition individuelle à instaurer des prix rémunérateurs pour les productions pastorales, définies de manière volontaire par les conférences de filières.
En tant qu’écologiste, mon engagement en défense de l’élevage pastoral est une évidence, non seulement de part le territoire où je suis élue, mais aussi parce que je crois que la transition de l’élevage ne passera que par la régulation de modèles intensifs, et la promotion, au contraire, massive et déterminée, d’un élevage extensif, autonome, résilient, qui fait vivre nos territoires, celui du pastoralisme. Nous resterons mobilisés pour concrétiser nos propositions et garantir l’avenir du pastoralisme.”