Guerre nucléaire : le scénario de la fin du monde ?
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06/05/2025
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Essais atomiques américains menés dans les années 1950 et déclassifiés début mars 2017
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Inventaire des forces nucléaires dans le monde
Selon une étude de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm parue en juin 2023 (SIPRI), en janvier 2023, la Russie, les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Chine, l’Inde, le Pakistan, la Corée du Nord et Israël possédaient au total environ 12 512 armes nucléaires, dont 9 576 étaient stockées dans des entrepôts pour une utilisation potentielle. C’est 86 unités de plus qu’en janvier 2022. Dans le même temps, environ deux mille ogives étaient en état d’alerte maximale.
Parmi les leaders en nombre d’ogives déployées début 2023 figurent les États-Unis (1 770 unités) et la Russie (1 674 unités). Ensemble, ces deux États possèdent environ 90 % de toutes les armes nucléaires du monde.
| Pays | Têtes nucléaires déployées1 | Têtes nucléaires stockées2 | Inventaire total |
|---|---|---|---|
| 🇺🇸 Etats-Unis | 1 770 (+ 0) | 1 938 (+ 0) | 3 708 (+ 0) |
| 🇷🇺 Russie | 1 710 (+ 140) | 2 670 (- 685) | 4 380 (- 545) |
| 🇨🇳 Chine | 24 (+ 24) | 476 (+ 66) | 500 (+ 90) |
| 🇫🇷 France | 280 (- 10) | 10 | 290 (- 10) |
| 🇬🇧 Grande-Bretagne | 120 (+ 0) | 105 (+ 0) | 225 (+ 0) |
| 🇵🇰 Pakistan | 0 (+ 0) | 170 (+ 0) | 170 (+ 0) |
| 🇮🇳 Inde | 0 (+ 0) | 172 (+ 8) | 172 (+ 8) |
| 🇮🇱 Israël | 0 (+ 0) | 90 (+ 0) | 90 (+ 0) |
| 🇰🇵 Corée du Nord | 0 (+ 0) | 50 (+ 20) | 50 (+ 20) |
L’Iran devrait être le prochain pays a être doté de l’arme nucléaire, une « ligne rouge » pour Israël (qui ne reconnaît pas publiquement posséder des armes nucléaires) qui menace d’attaquer de manière préventive son voisin.
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Guerre nucléaire : les risques actuels
Actuellement, les principaux pays pointés du doigt par l’occident sont la Corée du Nord, qui a réalisé avec succès plusieurs essais nucléaires dont un de 80 à 120 kt le 3 septembre 2017[1] et de l’Iran qui est soupçonné d’en développer sous couvert d’un programme civil de production d’électricité à partir d’énergie nucléaire. Ces bombes atomiques pourraient être utilisées contre la Corée du Sud, le Japon, les Etats-Unis (pour la Corée du Nord) et Israël (pour l’Iran).
En septembre 2022, la Corée du Nord a révisé sa doctrine nucléaire pour s’autoriser à mener des frappes préventives en cas de menace existentielle contre son pays.
Cependant, le danger planétaire pourrait venir des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne qui se réservent également le droit de réaliser des « frappes nucléaires préventives », principalement contre la Russie, accusée de tous les maux.
Ces importants regains de tensions géopolitiques dans le monde pèsent sur l’avenir de l’humanité qui est, entrée dans une nouvelle guerre froide : les puissances nucléaires comme les Etats-Unis, la Chine, la Russie, Israël, l’Inde et le Pakistan renforcent leur capacité de dissuasion avec l’émergence de deux nouveaux blocs : Etats-Unis et Europe contre Russie, Iran et Chine principalement.
Les dépenses militaires mondiales ont augmenté depuis 2014 alors que d’importants conflits régionaux menacent la stabilité mondiale.
La pandémie au COVID-19 a attisé les tensions entre les Etats-Unis et la Chine notamment autour de l’indépendance de Taïwan, au point que la prochaine première puissance mondiale a déclaré début mai 2020 qu’elle triplerait son arsenal nucléaire de dissuasion.
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Le conflit en Ukraine
La politique expansionniste de l’OTAN et la renaissance d’armées ouvertement nazi en Ukraine a déclenché une opération spéciale russe de démilitarisation et de dénazification en février 2022.
Si l’Ukraine n’a toujours pas réussi à faire intervenir directement l’OTAN, les Etats-Unis, l’Europe et d’autres pays fournissent des mercenaires, des instructeurs et des quantités colossales d’arme pour ralentir les forces armées russes sur ce nouveau champ de bataille, au détriment de la population ukrainienne.
Le risque est très élevé que la guerre se propage et entraîne l’emploi d’armes atomiques : « les risques de guerre nucléaire sont désormais très importants, ce danger ne doit pas être sous-estimé« , déclarait fin avril 2022, Sergueï Lavrov, ministre russe des affaires étrangères. Une déclaration confirmée par le président américain, Joe Biden le 7 octobre 2022 : « la menace d’un ‘Armageddon’ nucléaire est de retour pour la première fois depuis la crise des missiles de Cuba » (octobre 1962).
Soulignons également les menaces du président ukrainien Volodymyr Zelensky qui a appelé à frapper la Russie avec des armes nucléaires, le 6 octobre 2022.
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La menace de la stratégie américaine
Les Etats-Unis, ancrés dans une politique interventionniste et impérialiste qui a entraîné la mort injustifiée de 20 à 30 millions de personnes depuis la fin de la seconde guerre mondiale, se sont toujours gardés la possibilité d’effectuer des frappes nucléaires préventives. Cela « a été notre politique depuis longtemps et fait partie de nos plans pour l’avenir », déclarait fin septembre 2016 le secrétaire à la Défense américain sur la base aérienne de Kirtland (Nouveau-Mexique, sud-ouest), qui accueille le centre de recherches atomiques.
Les Etats-Unis comptent 750 bases militaires dans plus de 80 pays. Les USA ont déjà passé 230 ans (sur 246 ans d’existence), dans des guerres directes et par procuration à l’étranger.
De plus, la nouvelle stratégie de défense nationale du Pentagone adoptée fin octobre 2022 a franchi une nouvelle limite en autorisant l’utilisation d’armes nucléaires contre des menaces non nucléaires.
Une doctrine particulièrement risquée selon le sénateur démocrate Edward Markey : « Le risque d’une guerre nucléaire menace gravement la survie de l’espèce humaine. Malheureusement, en n’excluant pas d’être les premiers à utiliser l’arme atomique, les Etats-Unis augmentent le risque d’une escalade nucléaire involontaire ».
En effet, le président russe Vladimir Poutine a averti que la Russie riposterait à toute attaque nucléaire par des frappes nucléaires. Il l’a réaffirmé clairement début février 2023 : la Russie est dotée du sytème SPRN, un système d’avertissement d’attaque de missiles : « il enregistre les lancements de missiles vers le territoire de la Fédération de Russie. Il enregistre : cela veut dire que les lancements de missiles ont eu lieu. C’est après qu’il y a une réponse (…) Je vous assure qu’une fois que le système d’avertissement reçoit un signal concernant une attaque de missile, des centaines, des centaines de nos missiles sont dans les airs de notre côté. Il est impossible d’intercepter des centaines de missiles« . Autrement dit, en cas d’attaque de missile potentiellement nucléaire sur la Russie, des centaines de missiles nucléaires seront lancés immédiatement contre le pays agressif qui sera alors assuré d’une destruction totale.
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L’OTAN déploit des armes nucléaires en Europe dirigées contre la Russie
V. Poutine a annoncé le 25 juin 2022, lors d’une réunion avec le président biélorusse Alexandre Loukachenko à Saint-Pétersbourg : « les Américains ont 200 armes nucléaires tactiques stockées dans six pays européens membres du bloc de l’Atlantique Nord, et 257 avions, pas seulement américains, ont été préparés pour leur utilisation éventuelle« .
En réaction, Moscou a envoyé un lot de systèmes de missiles tactiques Iskander-M en Biélorussie. L’arsenal comprend à la fois des missiles balistiques et de croisière dans des versions conventionnelles et nucléaires.
Déjà, le 17 mai 2022, lors du marathon éducatif New Horizons, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov annonçait une violation flagrante par l’ OTAN dirigée par les États-Unis de son engagement à ne pas renforcer sa sécurité aux dépens des autres. Il a noté que le résultat d’une telle ligne de pays occidentaux était « l’expansion effrénée de l’Alliance de l’Atlantique Nord vers l’Est ».
En effet, l’OTAN ne cesse de se rapprocher des frontières russes comme en témoigne l’adhésion récente de la Finlande (2023) et de la Suède (2024) où des troupes américaines seront déployées aux portes de la Russie.
De plus, l’OTAN a désigné la Russie comme « la plus significative et directe menace pour la sécurité de l’OTAN ». Déjà en 2001, les États-Unis se sont retirés du traité ABM (Anti-Ballistic Missile), puis ils ont commencé à renforcer le nombre d’ogives nucléaires et de munitions stockées en Europe.
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La Russie se retire des traités internationaux de non prolifération nucléaire
La réponse la Fédération de Russie a ces nouvelles menaces nucléaires de la part de l’OTAN s’est traduite par plusieurs décisions graves :
- la Russie s’est retirée du traité sur la réduction des armements stratégiques offensifs Start-II/SNV-III, le 23 février 2023 ;
- durant l’année 2023, la Russie a procédé aux lancements de plusieurs missiles balistiques intercontinentaux de type Yars dans des exercices de préparation de ses forces de dissuasion nucléaires ;
- Le 2 novembre 2023, le président russe Vladimir Poutine signait la révocation de la ratification du traité d’interdiction des essais nucléaires (TICE), invoquant « un déséquilibre » avec les États-Unis qui n’ont toujours pas ratifier le traité depuis son ouverture à la signature en 1996. La Russie se réserve donc maintenant le droit de poursuivre les essais nucléaires, qu’elle avait interrompu dans les années 1980…
Cependant, la Russie a confirmé qu’elle resterait signataire et continuerait à participer aux travaux de l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE) et a précisé qu’elle reconduira ses essais nucléaires que si les États-Unis les reprennent. - .
La puissance de feu nucléaire de la Russie
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Le missile nucléaire Satan 2 capable de raser un pays en 2 minutes
Outre ses missiles balistiques continentaux « classiques », la Russie s’est dotée d’un missile balistique intercontinental lourd dénommé « RS-28 Sarmat » (ou Satan 2 pour les occidentaux), opérationnel depuis fin août 2023. Il s’agit d’un missile capable de frapper n’importe quelle région sur Terre avec une puissance de feu dévastatrice et inégalée.
Ce missile peut transporter jusqu’à 10 grandes ogives nucléaires ou 16 petites ogives qui peuvent être dirigées chacune sur une cible. Ces ogives sont des armes thermonucléaires, ce qui signifie qu’elles utilisent la fusion nucléaire plutôt que la réaction de fission nucléaire utilisée dans une bombe atomique. Elles sont ainsi beaucoup plus destructrices que les bombes larguées sur Nagasaki et Hiroshima à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Et pour cause, ce missile de 200 tonnes, 35,5 mètres de long pour 3 m de diamètre a une puissance totale de 8 à 12 Mt de TNT (450 fois la puissance de la puissance de la bombe atomique larguée sur Hiroshima), de quoi transformer un pays de la taille de la France ou la Grande Bretagne en désert inhabitable (sa zone de destruction est de 650 000 km²) en seulement 2 minutes…
Avec une vitesse de 20 fois celle du son (26 000 km/h), le vice-ministre de la Défense Alexei Krivoruchko a décrit ce nouveau missile comme impossible à intercepter : « Avec de telles capacités, aucun système de défense anti-missile, même le plus moderne, ne peut l’intercepter« , rapporte la publication « Sokhu ». Et quand bien même, sa destruction en vol serait encore plus dévastatrice… Au moins 50 systèmes de lancement de Sarmat sont déployés sur le territoire de la Russie depuis 2023.
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Le drone nucléaire sous-marin Poséidon capable de générer un mégatsunami
En 2022, la Russie a également mis en service son drone nucléaire sous-marin Poséidon, une arme inarrêtable, avec une puissance maximale de 100 mégatonnes de TNT. L’explosion de cette torpille thermonucléaire au large des côtes pourrait engendrer des mégatsunamis avec une vague hautement radioactive de 500 mètres de haut !
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Le système de réplique nucléaire russe
La Russie dispose enfin d’un système « Perimeter », surnommé « Dead Hand » (« main morte ») par les experts de l’OTAN. Il s’agit d’une ultime frappe nucléaire de représailles même si la Russie est bombardée par des frappes nucléaires et se trouve au bord de l’anéantissement.
Hérité de la guerre froide, ce système de notification automatique et d’émission d’ordres de lancement d’armes nucléaires stratégiques se mettra en route si tous les systèmes de défense de la Fédération de Russie sont anéantis par des frappes nucléaires. Autrement dit, le dernier mot sera pour la Russie qui lancera automatiquement ses derniers missiles nucléaires sur son assaillant, le détruisant également complètement. C’est pourquoi le président russe Vladimir Poutine a affirmé qu’il n’y aura pas de gagnants dans une guerre nucléaire…
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Les développements balistiques de la Chine
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Les tensions récurrentes entre la Chine / les Etats-Unis et l’Inde ont poussé le géant asiatique à s’armer considérablement et notamment avec des missiles nucléaires. Ainsi, en 2021, la Chine construit officiellement une centaine de silos de lancement de missiles sur son territoire et a testé avec un certain succès mi-octobre 2021 un missile à vitesse hypersonique d’une portée illimitée. Ces prouesses technologiques qui suivent de plus en plus près les recherches américaines et russes, assurent à la Chine un statut de plus en plus redouté.
Début 2023, la Chine comptait déjà plus de lanceurs de missiles terrestres à portée intercontinentale que les États-Unis. Le secrétaire général de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) affirme que la Chine disposera probablement d’environ 1 500 ogives nucléaires d’ici 2035.
En juillet 2024, la Chine annoncait la suspension des négociations avec les États-Unis sur le contrôle des armements et la non-prolifération nucléaire, en réponse au soutien militaire de Washington en faveur de Taïwan. « Ces dernières semaines et ces derniers mois, malgré la forte opposition de la Chine et ses protestations répétées, les États-Unis ont continué à vendre des armes à Taïwan et ont pris des mesures qui portent gravement atteinte aux intérêts fondamentaux de la Chine et à la confiance mutuelle entre la Chine et les États-Unis », a déclaré un porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères.
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L’impuissance de la communauté humanitaire
La question d’une guerre nucléaire demeure donc plus que jamais d’actualité.
En mars 2013 de responsables humanitaires des Nations Unies et des membres de la société civile ont discuté de la capacité de réaction de la communauté humanitaire face à une explosion nucléaire.
« Les conséquences humanitaires d’une attaque ou d’un accident nucléaire seraient potentiellement dévastatrices et catastrophiques« , a prévenu le Directeur du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) à Genève, Rashid Khalikov.
Aujourd’hui, la communauté humanitaire avoue son impuissance à répondre efficacement à une telle situation, le mieux étant de tout faire pour prévenir le recours à de telles armes.
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Comment réagir face à une explosion nucléaire ?
C’est tout l’objet du guide « Protective Action Guides and Planning Guidance for Radiological Incidents » rédigé par l’Agence américaine de la protection de l’environnement (EPA) en janvier 2017. Celui-ci décrit les précautions à prendre en cas d’attaque atomique, mais aussi d’accident nucléaire. Voici quelques extraits :
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Si je suis dehors, que faire pour me protéger ?
« Couvrez-vous le nez et la bouche. Ne touchez pas les objets ou débris liés à l’émission radioactive. Allez à l’intérieur et restez-y. Rester dehors est la pire option en cas d’explosion nucléaire, cas les retombées radioactives pourront adhérer à la peau et aux vêtements ».
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L’air est-il bon à respirer ?
« Il y a peu de chances que l’air reste respirable après une explosion nucléaire, car de la fumée et des retombées radioactives y seront présentes. Si vous êtes dehors, gardez vos nez et bouche fermés jusqu’à ce que vous entriez dans un bâtiment. Une fois abrité, fermez toutes les portes et fenêtres et éteignez les ventilateurs et climatiseurs ».
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Si je suis en voiture, que dois-je faire pour me protéger ?
« Fermez les fenêtres et les trous d’aération. Désactivez la climatisation ou le radiateur si les conditions météo le permettent. Si vous est en mesure de vous abriter dans un bâtiment, faites-le le plus vite possible. Sinon, rester à l’intérieur du véhicule est l’option la plus sûre. Essayez de trouver un endroit à l’ombre et de se brancher sur une radio pour recevoir des informations officielles ».
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L’horloge de l’apocalypse
La menace nucléaire dans le monde est notamment illustrée par l’horloge de l’Apocalypse ou de la fin du monde (Doomsday Clock). Créée en 1947, peu de temps après les bombardements atomiques américains sur le Japon, et est régulièrement mise à jour depuis, par les membres du Bulletin des scientifiques atomistes, (BAS) basé à l’Université de Chicago. La menace d’une guerre nucléaire planétaire a très largement contribué à diminuer le nombre de minutes qu’il restait à l’humanité avant de sombrer. En 2012 elle indiquait 23 h 55, soit seulement 5 minutes avant la fin du monde.
En 2023, son aiguille s’est encore avancée à seulement 90 secondes.
Renata Dwan, directrice de l’Institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement, a averti en mai 2019 que tous les États dotés d’armes nucléaires les modernisaient, augmentant la menace d’apocalypse.
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Les conséquences d’une guerre nucléaire
Se trouver sous une explosion nucléaire c’est s’exposer à des températures de 5 000°C, une onde de choc qui parcourt 350 mètres par seconde avec une pression de 3 tonnes par m², sans oublier les rayonnements ionisants…
En septembre 2019, des chercheurs du programme de Princeton sur la science et la sécurité mondiale ont publié une vidéo qui montre « l’effet domino » de l’utilisation d’une seule arme nucléaire tactique (à faible rendement).
Le projet d’étude, appelé « Plan A » résume dans une vidéo édifiante, les conséquences de cette décision folle entre les deux super-puissances nucléaires : l’OTAN et la Russie.
« Ce projet est motivé par la nécessité de mettre en évidence les conséquences potentiellement catastrophiques des plans de guerre nucléaire américains et russes actuels. Le risque de guerre nucléaire a considérablement augmenté au cours des deux dernières années, les États-Unis et la Russie ayant abandonné les traités de contrôle des armes nucléaires de longue date, entamant le développement de nouveaux types d’armes nucléaires et étendant les circonstances dans lesquelles ils pourraient utiliser des armes nucléaires. » précise les chercheurs qui travaillent sur le Plan A.
Selon ce scénario, 34,1 millions de personnes mourraient en Europe en moins de 5 heures (la grande partie en moins de 45 minutes). 57,4 millions de personnes supplémentaires seraient blessées par les explosions.
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Un scénario apocalytique
- En quelques heures, 34 millions de personnes seraient tuées par l’effet direct des explosions nucléaires.
- Des incendies colossaux et incontrôlables générés par les bombes enverraient dans l’atmosphère 9 millions de tonnes de suie dans l’atmosphère. En moins de 50 jours, toute la planète serait affectée par les cendres.
- Pendant une décennie, les rayons du Soleil seraient alors en partie filtrés. Résultat : la température planétaire baisserait de 1,25 °C au cours des trois premières années ; les précipitations mondiales diminueraient de 10 % dans les deux à quatre ans suivant l’événement ; les gelées seraient plus fréquentes.
- La photosynthèse plus faible. L’agriculture serait alors dûrement affectée et donc les ressources alimentaires pour l’ensemble de l’humanité. En effet, les cycles agricoles seraient probablement désorganisés du fait de l’effet combiné d’un refroidissement, d’une moindre pluviométrie et de la baisse de l’intensité des rayons solaires à la surface terrestre. Ceci se traduirait par des interruptions à répétition des cycles de croissance dues au gel.
- Enfin, ce scénario s’accompagne d’une perte généralisée (75 % au niveau planétaire – 65 % aux tropiques) de la couche d’ozone stratosphérique pendant environ 15 ans. Même une guerre nucléaire régionale (Inde vs Pakistan) entraînerait une perte d’ozone jusqu’à 25 % dans le monde qui mettrait 12 ans à se résorber (JGR Atmospheres, 10/2021). Une telle destruction de l’ozone entraînerait de graves problèmes de santé et l’altération des écosystèmes terrestres et aquatiques, et de l’agriculture.
Selon la modélisation publiée dans JGR Atmospheres en octobre 2021, une guerre nucléaire entre les Etats-Unis et la Russie produirait 150 millions de tonnes de fumée tandis qu’une guerre nucléaire régionale entre l’Inde et le Pakistan produirait 5 mégatonnes de fumée (l’équivalent d’un incendie de forêt à une échelle continentale).
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L’hiver nucléaire
L’hiver nucléaire est la conséquence planétaire la plus souvent avancée (notamment par les pacifistes) pour mettre en garde contre les conséquences d’une guerre atomique massive. Selon cette vision, la Terre serait alors enveloppée d’un écran de poussières radioactives empêchant l’énergie solaire de parvenir jusqu’à nous pendant une durée assez longue, ce qui ferait disparaître l’espèce humaine de notre planète.
En effet, sans l’énergie du soleil, les températures baisseraient et la photosynthèse serait compromise : les rendements agricoles s’effondreraient tandis que l’approvisionnement énergétique serait sollicité outre mesure pour chauffer les logements.
Dès 1982, des études russes et américaines ont évoqué les conséquences de frappes nucléaires : plus que la radioactivité élevée et les dégâts des explosions, l’humanité a bien plus à craindre d’un hiver atomique comme l’illustrent les recherches de deux scientifiques américains, Alan Robock et Owen Brian Toon. On parle souvent d’une guerre atomique massive entre la Russie et les Etats-Unis, mais il suffirait d’un conflit régional entre l’Inde et le Pakistan, qui se déchirent sur la région du Cachemire, avec un échange de 50 frappes chacun (seulement 0,4 % de l’arsenal nucléaire mondial) pour menacer de famine 1 milliard de personnes !
Luke Oman, spécialiste du climat au Goddard Space Flight Center de la NASA à Greenbelt, (Maryland) a indiqué dans une interview que les émissions provenant de multiples explosions nucléaires, contrairement à une éruption volcanique, sont constituées de suie (et non de particules de sulfate), ce qui pourrait faire diminuer la température dans des proportions bien plus importantes.
Bien qu’il soit certain qu’une guerre nucléaire serait sans aucun doute dévastatrice, le degré des dommages imposés à la Terre en général reste sujet à controverse, même si les simulations s’affinent régulièrement.
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Comment se nourrir pendant l’hiver nucléaire ?
David Denkenberger, le président de l’ONG Alliance to Feed the Earth in Disasters (ALLFED), a listé les produits alimentaires que nous pourrions encore consommer après une guerre nucléaire planétaire.
Ce sont les champignons (très résistants) et les algues qui seraient les moins touchés par les conséquences d’une explosion nucléaire.
« L’algue est une vraiment bonne source de nourriture dans un scénario comme cela parce qu’elle peut pousser avec une lumière très faible. Elle croît également très rapidement. Lors d’un hiver nucléaire, la terre refroidira plus vite que les océans, donc les océans resteront un petit peu plus chauds. L’algue peut tolérer des températures relativement basses« , précise le scientifique.
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Pour nourrir l’humanité lors d’un hiver nucléaire, Denkenberger estime que le monde aura besoin d’environ 1,6 milliard de tonnes de nourriture sèche par an. Les humains pourraient cultiver potentiellement cette quantité d’algue en trois à six mois…
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Et si la technologie des bombes EMP rendait obsolète la guerre nucléaire ?
Si la dissuasion nucléaire joue encore un rôle prépondérant, il existe des armes bien plus dévastatrices pour la stabilité d’un état comme les bombes nucléaires à impulsion électromagnétique ou EMP.
Les bombes nucléaires EMP génèrent, une émission d’ondes électromagnétiques brève et de très forte amplitude (IEM), déclenchée dans la haute atmosphère (30 km d’altitude pour un grand rayon d’action). Ce sont des bombes relativement peu puissantes (de 1 à 10kt de TNT) et donc de taille réduite qui peuvent être lancées d’un satellite, d’un missile, d’un avion commercial ou militaire et même d’un ballon sonde météorologique !
Et pourtant, ce type d’arme est capable de paralyser un grand pays comme les Etats-Unis ou une région comme l’Europe. Comment est-ce possible ? L’explosion en elle-même, produite à haute altitude n’a aucune conséquence directe sur les infrastructures et les êtres vivants mais va générer une vague de rayons gamma qui, au contact avec les couches atmosphériques va créer une impulsion électromagnétique intense sur un immense territoire.
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Les conséquences d’une attaque électromagnétique de grande ampleur
Une impulsion électromagnétique nucléaire en haute altitude crée un champ électrique libre suffisamment puissant pour endommager tous les microcircuits à bord des satellites qui ne sont pas blindés en raison de contraintes de poids.
Dans un premier temps, les milliers de satellites en orbite prochent de l’explosion seraient touchés :
- Les satellites d’observation, à la fois RF (radiofréquence) et EO (électro-optique) seraient désactivés, rendant ainsi les commandes au sol aveugles.
- Le GPS serait désactivé, réduisant ainsi considérablement l’efficacité du guidage des missiles balistiques et de croisière pour une éventuelle riposte militaire.
- Les satellites de communication (militaires mais aussi commerciaux tels que Starlink) seraient désactivés, laissant les troupes sans ordres en temps de crise.
- Enfin, les radars seraient encombrés pendant des jours par des particules chargées rebondissant le long des lignes de champ magnétique de la Terre, émettant des interférences électromagnétiques, rendant la défense aérienne et les opérations aériennes presque impossibles.
Une telle attaque annulerait instantanément la plupart des actifs militaires les plus puissants des États-Unis. C’est une arme de frappe préventive ultime qui permet de neutraliser une grande partie des capacités militaires d’un ennemi.
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Les conséquences seraient également considérables au sol à cause de notre civilisation dépendante de la technologie et de l’électricité :
- les réseaux électriques tomberaient entraînant un black-out de grande ampleur ;
- les systèmes informatiques et électroniques qui ne sont pas blindés seraient mis hors d’usage ;
- les communications radio seraient indisponibles pendant quelques minutes ;
- l’éventuelle réponse militaire pourrait être en grande partie bloquée puisque les bases militaires, les postes de commandement et les communications ennemies seront inopérantes.
Conséquence : toute l’économie et la vie des habitants qui subiraient une telle attaque ne serait plus possible, entraînant à coup sûr des émeutes, pillages, de la famine et potentiellement des millions de morts, sans aucune conséquence massive pour le pays à l’initiative de l’attaque, puisque ce n’est pas une frappe nucléaire directe. Le pays attaqué n’aurait alors aucun autre choix que de capituler sans avoir pu se battre. En effet, même les systèmes militaires sont en partie vulnérables.
De telles bombes et stratégies militaires existent déjà depuis la première guerre froide en Russie mais elles sont maintenant aussi en cours de développement en Chine, Corée du Nord et Iran selon un rapport US déclassifié de 2017 qui réclame la mise en place de mesures de protection contre les EMP.
Début février 2024, les USA ont fait part d’une « menace grave à la sécurité nationale » suite au déploiement probable d’armes nucléaires russes dans l’espace, une allégation balayée par le président russe le 29 février 2024 : « il s’agit d’un stratagème pour nous entraîner dans des négociations à leurs propres conditions, qui ne sont favorables qu’aux Etats-Unis. Dans le même temps ils bloquent notre proposition, qui est sur leur table depuis plus de 15 ans, en référence au projet de traité sur la prévention du déploiement d’armes dans l’espace que nous avons préparé depuis 2008. Il n’y a aucune réaction« .
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Notes
- Les essais nucléaires sont détectés facilement car ils engendrent des séismes cartographiés en temps quasi réel.
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Christophe Magdelaine / notre-planete.info