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La planète brûle… Et nous regardons ailleurs

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Corinne Lepage
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Avocat associé chez Huglo Lepage Avocats
30 juin 2025
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Jamais cette phrase de Jacques Chirac n’ a eu plus de sens qu’au regard de ce que nous avons vécu la semaine dernière à propos des votes erratiques de l’Assemblée Nationale sur l’énergie et plus généralement sur les mesures environnementales.

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Que vit-on ?

Les épisodes de canicule se succèdent, nos agriculteurs sont confrontés à des difficultés croissantes, des phénomènes anormaux de tempêtes ont affecté nos grandes villes, à commencer par Paris. On aurait pu imaginer une mobilisation générale pour accélérer les mesures de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre et les mesures d’adaptation. Les alertes sanitaires se succèdent au point que des collectifs de médecins – soulignons l’augmentation des cancers chez les jeunes et même les enfants et en particulier des cancers du pancréas – appellent  à une action d’urgence contre les pesticides et la pollution environnementale. Or, c’est tout le contraire puisque c’est à un détricotage en règle que nous avons assisté alors même que nos concitoyens font du sujet, et en particulier celui de la santé, une préoccupation majeure à juste titre.

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Comment expliquer ces choix ?

Par l’idéologisation de sujets qui devraient faire l’objet d’un consensus sur les faits d’abord, sur les choix ensuite. La réalité du dérèglement climatique, la crise sanitaire et celle de la biodiversité ne peuvent pas être discutés sur un plan scientifique. C’est la raison pour laquelle une bataille est menée contre la science en particulier aux États-Unis mais avec également des répercussions importantes en Europe. Mais les faits sont têtus… Si l’idéologie a envahi les faits, a fortiori, elle a explosé dans les solutions. L’extrême  droite et une partie de la droite ont fait de tout sujet environnemental leur haine permanente, due en partie à l’instrumentalisation des questions environnementales par l’extrême gauche. En conséquence, le débat extrême droite/ extrême gauche a capturé le sujet, le rendant explosif et surtout insoluble.

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Que s’est-il passé autour du projet Grémillet ?

Pour la première fois peut-être, l’économie réelle s’est rebellée. L’inanité des votes a atteint un tel niveau avec le moratoire sur le renouvelable et la réouverture de Fessenheim (impossible) qu’en quelques jours, la mobilisation des acteurs économiques a été complète. Il ne s’agit pas seulement de la mobilisation du secteur solaire qui risquait de perdre 150000 emplois ; Le BTP, le gaz, le transport, la grande distribution, les équipementiers et le secteur agricole se sont coalisés pour protester et bien sûr le bon sens l’a emporté. C’est localement que les élus nationaux ont été interpellés par les entreprises de leur secteur sur les conséquences catastrophiques en termes économique et social de leur vote. En définitive, à l’Assemblée Nationale, le résultat est sans appel et même les députés qui avaient soutenu activement le projet se sont abstenus…

Autrement dit, lorsque on sort de l’idéologie pour traiter le sujet énergétique et climatique de manière rationnelle, on peut aboutir à des solutions raisonnables. Espérons que cet épisode peu glorieux permettra dans l’avenir de traiter le sujet de la transition, malheureusement inéluctable, pour aller de l’avant et ne pas regarder ailleurs.

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Corinne Lepage
Corinne Lepage

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