
Lancement spectaculaire ce 25 juin en Drôme de l’action virale @NosDroitsEnStop : contre l’abandon de la santé sexuelle en ruralité
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Une centaine de personnes est venue marquer la fermeture du Centre de Santé Sexuelle de Die : un petit goût de déjà-vu, huit ans après la lutte contre la fermeture de la maternité de cette petite commune rurale. Après un rassemblement devant la grille, munie de pancartes, la foule s’est dirigée jusqu’à la route départementale D93 pour entamer collectivement une session d’auto-stop. Sur leurs panneaux, il était possible de lire « Prochain Planning, 50 km » « IVG anonyme pour les – 18 ans, à 1h20 en bus ! », « Besoin urgent d’écoute gratuite », ou « Joyeux anniversaire Simone Veil ». Les photos sont rassemblées sur Internet derrière le hashtag #NosDroitsEnStop, et sur le compte Instagram @NosDroitsEnStop.
La porte est désormais close. À Die, jusqu’à nouvel ordre, il n’y aura plus de consultations en santé sexuelle anonymes, confidentielles et gratuites. C’est la décision politico-budgétaire qu’a prise la majorité Les Républicains au Conseil Départemental de la Drôme présidé par Mme Marie-Pierre Mouton, le 14 avril dernier : fermeture de 7 centres de santé sexuelle et réduction de 20% des subventions octroyées aux 11 autres centres gérés par le planning familial et les hôpitaux.
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En réponse à un émouvant poème et à puissantes prises de parole des membres du collectif Sauvons les Centres de Santé Sexuelle, plusieurs élu.es et professionnelles de santé ont à nouveau alerté sur cette catastrophe de santé publique. C’est tout d’abord Olivier Royer, conseiller régional Auvergne-Rhône- Alpes qui a annoncé porter prochainement une question orale au conseil régional. Comment une région (et un État) qui prônent la lutte contre les violences sexistes et sexuelles ainsi que le désenclavement des zones rurales peuvent prendre cette décision en toute connaissance de cause ? Muriel Parret, élue de l’opposition au Département de la Drôme, est revenue sur ces 4 mois de mobilisation particulièrement intenses sur le territoire et surtout, a rappelé les chiffres : non, le département n’est pas déficitaire et aurait pu continuer à assumer cette dépense, très faible en proportion de son budget global (0,02%).
Quant aux professionnelles de santé, elles ont rappelé que les besoins en santé sexuelle resteraient constants et que le travail réalisé allait se rabattre sur d’autres professionnel.les, déjà complètement débordé.es dans nos déserts médicaux. La volonté des Agences Régionales de Santé de centraliser soins et écoute dans les hôpitaux des grandes villes est inadaptée : au-delà des délais d’attente particulièrement longs à l’hôpital, mineurs comme majeurs ne peuvent s’y rendre comme dans les Centres actuels, soit gratuitement et anonymement – sans compter la mobilité réduite, notamment des femmes, et la surreprésentation des féminicides en zone rurale (rapport Femmes et ruralité du Sénat).
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Après le décompte précédant la clôture de la porte, sous des guirlandes des culottes aux fesses rebondies par des préservatifs et ballons gonflés, et une distribution de contraceptifs et brochures, le cortège s’est dirigé vers la cité scolaire, au bord de la route départementale. Sur plus de 400 mètres, des dizaines de personnes tendaient pouces, pancartes et tracts. L’objectif : alerter sur la disparition de ces lieux, mais aussi montrer la précarité liée et les difficultés de mobilité (dont beaucoup de mineurs). Cette action virale va être reprise au niveau national grâce au soutien du Planning familial entre autres, suite à sa Tribune dans Le Monde. Des photos seront collées dans les rues des villages pour maintenir la pression qui commence à marcher auprès du département qui propose, comme l’ont rappelé les militant.es, « la lutte continue, on ne lâchera rien ».
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