Présidentielle en Roumanie : le candidat pro-européen l’emporte face à son rival d’extrême droite

Le pro-européen Nicusor Dan a remporté le second tour de l’élection présidentielle en Roumanie, dimanche 18 mai, selon des résultats définitifs.
Le maire pro-européen de Bucarest, Nicusor Dan, a remporté le second tour de la présidentielle en Roumanie, dimanche 18 mai 2025, selon des résultats quasi définitifs. Après dépouillement de plus de 90 % des bulletins, le candidat centriste a recueilli près de 54 % des suffrages, contre 46 % pour le chef du parti nationaliste d’extrême Droite George Simion.
Un résultat qui devrait rassurer les alliés occidentaux de Bucarest quant à son soutien à l’Ukraine et à l’intégration dans l’Union européenne. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a ainsi « chaleureusement » félicité Nicusor Dan dimanche soir, saluant le choix de ses concitoyens en faveur d’une « Europe forte ».
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Maintenir le cap européen et le soutien à Kiev ou se tourner vers l’extrême droite : les Roumains, nombreux dimanche à voter pour élire leur président, ont choisi la première option en donnant la victoire au maire centriste de Bucarest, selon des résultats quasi définitifs.
Nicusor Dan, 55 ans, a recueilli près de 54% des suffrages, après dépouillement de plus de 90% des bulletins, un résultat salué dans la liesse à son quartier général installé dans un parc de la capitale, contre 46% pour son rival nationaliste d’extrême droite.
Ce résultat est aussi un spectaculaire retournement de situation car, lors du premier tour, organisé le 4 mai, cinq mois après l’annulation d’un scrutin entaché d’ingérence russe, George Simion, fan de Donald Trump, était arrivé en tête avec un peu plus de 40 % des voix.
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Une nouvelle tentative d’ingérence russe ?
A la sortie des bureaux de vote, beaucoup disaient leur espoir que le cauchemar actuel se termine. « C’est un tel chaos en Roumanie » depuis l’annulation du vote, raconte Runa Petringenaru, une organisatrice de séminaires de 55 ans. « C’est du jamais vu ».
De son côté, le gouvernement roumain a dénoncé une « campagne virale de fausses informations » sur les réseaux sociaux, notamment Telegram, visant à « influencer le processus électoral » et portant « une nouvelle fois les marques d’une ingérence russe ». Cette déclaration a été postée sur X par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères peu après un message du fondateur de Telegram, Pavel Durov, accusant – sans la nommer – la France d’avoir tenté de s’immiscer dans l’élection. Ce que Paris a fermement démenti.
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« La mobilisation a été presque sans précédent »
Mais de nombreux Roumains se sont mobilisés entretemps pour renverser la donne dans un scrutin présenté comme crucial pour l’avenir européen de ce pays voisin de l’Ukraine, cinq mois après la rarissime annulation d’une élection entachée de soupçons d’ingérences russes. Le taux de participation s’est élevé à près de 65%, contre seulement 53% au premier tour.
« La mobilisation a été presque sans précédent, marquée par un sursaut des défenseurs de la démocratie », commente le politologue Sergiu Miscoiu. « Jamais une élection n’avait été aussi décisive, avec des implications géopolitiques manifestes ».
Car le chef de l’Etat a le pouvoir de nommer à des postes clés et de participer aux sommets de l’Union européenne et de l’Otan.
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Deux visions aux antipodes
La présidentielle était surveillée de près par la communauté internationale, Bruxelles s’inquiétant de voir les rangs des dirigeants d’extrême droite s’étoffer et Washington, très critique du fiasco du scrutin de l’automne dernier, appelant à respecter la voix du peuple.
Membre loyal de l’UE, la Roumanie, une nation de 19 millions d’habitants voisine de l’Ukraine, est devenue un pilier essentiel de l’Alliance atlantique depuis le début de l’offensive russe en 2022. Ce sont donc deux visions qui s’affrontaient dans les urnes.
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Nicusor Dan, un brillant mathématicien qui a fait ses études en France avant de devenir un militant anticorruption, est un Européen convaincu et un fervent soutien de Kiev. Sa personnalité réservée, qui lui a valu des critiques pendant la campagne électorale, contraste avec le tempérament volcanique de son rival George Simion, un ancien hooligan ayant cherché à lisser son discours ces derniers mois.
Ce détracteur des « politiques absurdes de l’UE » souhaite que soit mis un terme à l’aide militaire à l’Ukraine : il exige une « compensation financière » pour l’assistance fournie jusqu’ici et prône « la neutralité », tout en se défendant d’être « l’ami de Vladimir Poutine ».
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APPIS (Agence de Presse Populaire, Indépendante et Solidaire )